19.02.2009
La démographie ultra-marine, l'autre enjeu
Les statistiques qui ont été évoquées notamment dans le JT de France 3 pour évoquer, expliquer et presque justifier les raisons de la révolte et lejusqu'auboustisme du collectif LKP qui paralyse la Guadeloupe font état de la différence entre le niveau de vie des Guadeloupéens en particulier et des Ultramarins en général par rapport aux départements, y compris les plus défavorisés, de métropole.
On est tenu de comprendre la révolte d'une population au motif que son pouvoir d'achat est inférieur de tant par rapport à une autre.
On est tenu d'entrer dans l'empathie généralisée, phénomène auquel rêve Besancenot, par exemple.
Le niveau de vie des Guadeloupéens est effectivement inférieur à celui des Aveyronnais, inférieur même à celui des Lozériens. Mais à parler de statistique il convient d'ajouter que le problème de l'Outre-Mer, c'est aussi une démographie inversement proportionnelle au potentiel économique de ces îles.
En métropole, un département dont l'économie périclite se dépeuple, se reconvertit, dans la souffrance souvent.
Outre-Mer, par un jeu pernicieux que l'assistanat favorise, peu importe ce qui peut se fabriquer et se vendre, et la richesse qui peut être générée localement, la population croît à l'ombre de mirages auxquels les plages de sable fin et les cocotiers sont étrangers.
Pour la seule Guadeloupe le nombre d'habitants est passé de 280000 environ en 1960 à 451000 en 2005. En 2010, on peut craindre que la population guadeloupéenne atteigne 537 000 habitants.
Quel avenir peut se construire dans ces conditions de fuite en avant démographique.
Le bloc des syndicalistes dirigé par Elie Domota exige de l'Etat, au nom de l'égalité des territoires, qu'il compense les handicaps d'une économie insulaire "déshéritée" par rapport au continent, dont le tourisme est sabordé régulièrement (le groupe Accor a vendu ses hôtels) et déjà sous perfusion, directement ou indirectement, dans tous les domaines.
La fibre indépendantiste de ces radicaux ne va pas jusqu'à exiger une indépendance qui, nul n'en doute, ne serait pas viable. L'exemple de Haïti est éloquent.
Par contre, elle est suffisamment ardente pour profiler une autonomie basée sur un modèle économique essoufflé.
L'objectivité statistique est utilisée à des fins subjectives, pour dresser le réquisitoire contre l'Etat métropolitain qui, avec les impôts des contribuables, ne subventionne pas assez l'Outre-Mer, le nombre et la rémunération des fonctionnaires. On n'est plus là, sous la pression, dans la péréquation naturelle entre territoires ni dans la solidarité nationale, mais dans une exploitation éhontée de l'Etat-providence.
Elle n'est pas celle qui est dénoncée ni à laquelle on pense, abreuvé par les slogans et la dialectique d'Elie Domota, au premier abord.
L'Outre-Mer doit aussi faire sa part de chemin. Quand à la Guadeloupe, même enivrée de sa propre puissance de révolte, elle doit veiller à ne pas céder à des démons qui la défigureraient pour longtemps et transformeraient le lien des Français à cet horizon en incompréhension et rejet.
Le risque, profond et invisible, c'est la rétraction, des intérêts économiques d'abord - qui ira investir durablement dans un territoire susceptible de choisir le chaos - et ensuite de la communauté d'identité, imparfaite sans doute, qui fait que la composante antillaise est partie intégrale de la nation.
18:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guadeloupe, république
12.02.2009
La peur est une raison scientifique
Au temps de la splendeur de nos phobies et de nos fantasmes, les "rapports secrets" que l'on nous cachait à nous le peuple, ou dont nous suspections (espérions?) l'existence, étaient ceux qui recelaient quelques grands scandales ourdis par quelques conglomérats pour engranger des milliards au prix de la santé des gens.
C'était le bon temps de X-Files, des complexes militaro-industriels, pétro-chimiques et que sais-je encore.
On imaginait toute la malveillance et la perfidie des puissants pour museler les consciences, et faire peser sur la si fameuse vérité vraie une lourde chape de plomb.
Ceci est fini. Révolu. Kaputt.
Désormais, l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) inaugure le rapport secret dont le contenu explosif est justement qu'il n'y a pas de contenu explosif.
Avouez, c'est extrêmement désappointant.
Surtout à quelques jours de la conférence européenne au cours de laquelle notre pays entend convaincre ses partenaires du bien fondé de la clause de sauvegarde qu'il est le seul à avoir pris à l'encontre du maïs transgénique mon810.
Notre ministre de l'Ecologie qui a peut-être sacrifié au Grenelle la parfaite objectivité sur cette variété d'OGM, va avoir fort à faire pour convaincre ses pairs sur la nécessité d'étendre cette sauvegarde à l'échelle européenne quand l'organisme étatique qui veille sur la sécurité alimentaire conclut à son innocuité pour la santé des consommateurs humains ou pas.
Reste la nature.
L'Afssa a tout a fait raison de le préciser: son mandat ne va pas jusqu'à garantir que l'OGM n'est pas dangereux pour la nature.
Du coq à l'âne, amusants étaient les commentaires sur les incendies qui ont ravagé une partie de l'Australie, "dus au vent, aux pyromanes et au réchauffement climatique"... Même pas la retenue d'invoquer des chaleurs exceptionnelles qui pourraient être liées au réchauffement climatique.
Oui, la peur a une valeur scientifique, Monsieur, puisqu'elle se mesure politiquement.
Il est douteux que le principe de précaution ait pu être édicté pour cela.
16:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ogm, grenelle de l'environnement, mon810
30.01.2009
Un référendum anti-crise
Les faits. Le monde est confronté à une crise mondiale qui plombe toutes les économies. Tout le monde est égal devant cette situation, mais les nations qui ont été les plus vertueuses dans leur gestion des finances publiques disposent de coudées plus larges que les autres.
La France, elle, est lourdement endettée et entretient une liaison dangereuse depuis trop d'années avec les limites des 3% du déficit budgétaire fixé par Maastricht. On l'a dite en quasi-faillite.
Les Français l'ont voulu cet endettement chronique au point que toute volonté de régulariser la situation budgétaire s'est heurtée à la volonté de la rue, aux immobilismes patentés qu'il est inutile de citer.
L'ardoise, elle, sera présentée aux générations futures auxquelles il sera sans doute difficile de faire gober que tout cela fût pour leur bien, les infrastructures qu'ils méritent, le nombre de profs qui sont indispensables.
L'audit objectif, aujourd'hui, est impossible. Mais les contribuables de demain auront peut-être des raisons d'être sévères.
Et c'est dans ces conditions pathétiques qu'au moment où les marges de manoeuvre déjà fort réduites disparaissent que ce peuple, notre peuple, bien avant d'être éprouvé comme la crise peut encore le faire, prend la rue pour ses désirs.
Pour exiger quoi? Du pouvoir d'achat, en vertu d'une promesse électorale prise en 2007 alors que rien n'augurait le krak économique et financier.
En vertu de quoi? D'une contre-vérité - celle de milliards "données" aux banques, de cadeaux faits aux riches, aux secteurs industriels comme l'automobile- et exige des revalorisations de salaire, le maintien des postes dans l'administration, et le privilège de voir l'Etat continuer à vivre au dessus de ses moyens, comme si de rien n'était.
Quelle attitude dans l'adversité!
Elle nous honore tous.
Il ne nous manque plus que d'obtenir l'organisation d'un référendum d'initiative populaire pour répudier la crise.
La manifestation que nous venons de vivre donne la mesure du succès qu'il aura.
18:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



