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21.04.2006
Mortifications
« La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions » :
En quelques mots, le président algérien M. Bouteflika a compromis les chances d’aboutir à la signature d’un traité d’amitié franco-algérien, dont chaque peuple était en droit d’attendre des bénéfices économiques, peut-être, moraux sûrement.
Les questions relatives à la mémoire historique comme celles relatives à l’identité sont hautement sensibles ce qui devrait conduire à éviter à les instrumentaliser.
M. Abdelaziz Bouteflika n’a pourtant pas fait autre chose que dire haut ce que certains de nos concitoyens ne se privent pas de penser.
S’il n’appartenait probablement pas aux élus de la Nation de légiférer sur « le rôle positif de la colonisation », il n‘appartenait pas, de la même manière aux enseignants français de protester par avance à l’idée même de devoir enseigner que cette période pouvait ne pas être que négative.
La polémique intérieure sur le rôle positif de la colonisation témoigne surtout d’une difficulté à porter le poids d’une grande nation historique – la France - sur les épaules. Pourtant, c’est cette France qui a projeté et fait vivre l’idéal républicain qui nous réunit encore un peu.
Qu’un certain nombre d’élus de cette nation affichent pour nos compatriotes rapatriés comme pour les harkis – considérés par certains comme des traîtres à l’Algérie avant même de considérer les raisons pour lesquelles ils furent fidèles à la France - une sorte de mépris est une injustice à leur endroit.
M. Georges Frêche, président socialiste du Conseil régional de Montpellier, professeur d’histoire à l’université Paul Valéry, en stigmatisant publiquement « les sous-hommes » et « les cocus de l’histoire », illustre cette tendance.
On agit envers ces hommes et femmes comme s’ils avaient déshonoré une histoire « simplifiée », idéale sinon idéologique, que d’autres aimeraient pouvoir enseigner.
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