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28.04.2006

Ségolène

Dans l’entourage de Mme Ségolène Royal, on se plaint désormais de voir les éléphants du PS saboter ce qui serait une « première historique dans notre pays : l’élection d’une femme à la tête du pays ».
En quoi l’élection d’une femme aurait, en soi, une valeur historique ni symbolique pour nos compatriotes.
L’idée est admise – les sondages le démontrent.
Le reste tient à la décision du peuple.
J’espère qu’elle ne sera pas dictée que par cet aspect.

Qu’une femme puisse accéder à la magistrature suprême ne choque pas, c’est un aspect qui témoigne de la maturité des Français mais cette question ne saurait être placée au coeur du processus de décision démocratique.

Si l’enjeu de la présidentielle de 2007 se limitait en effet à une démonstration d’émancipation sexiste, par laquelle la République ferait la preuve de son progressisme en la matière, ce serait une sérieuse dévaluation du sens de cette élection.

Je me suis fait à l’idée, bien avant qu’elle se déclare tacitement elle-même et que les médias et l’opinion, en quête de fraîcheur, l’appellent de leurs voeux, que la présidente de la Région Charente-Poitou, soit la candidate du parti socialiste.

Ce qu’elle est de nature à apporter à cette élection, mais plus encore à la démocratie française, c’est de provoquer une évolution profonde du parti socialiste vers la social-démocratie.
Cela suppose qu’il se défasse de la part d’enracinement doctrinaire pseudo-révolutionnaire.

Les confidences auxquelles s’est laissée allée Mme Royal sur le « blairisme » ne permettent pas encore cette nécessaire clarification.

Même si en terme d’image elle se positionne au centre gauche, il faudra que sur des questions aussi essentielles que le nucléaire, le droit du travail, l’Europe, l’économie de marché, les relations internationales, les institutions de la Ve République, le mariage homosexuel ou l’adoption, la candidate socialiste se prononce sans équivoque.

C’est un devoir, le premier, envers les Français.
Ils méritent de leurs politiques, hommes ou femmes, le courage de la clarté.

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