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05.05.2006

FOG et les confidences d'Etat

C’est sur un ton comminatoire désormais qu’un certain nombre de médias, d’observateurs de la vie politique, d’éditorialistes, interpellent le chef du gouvernement ou l’accusent vertement de mensonge, de machiavélisme, d’être une sorte de Néron enflammant Paris tandis que Paris bruisse, bruisse, bruisse. Bruisse et s'enflamme.

Ici, tel quotidien, avant la séance des questions au gouvernement, brandit ses dix questions au Premier ministre et, l’intéressé ayant fait aux députés et aux médias d’invariables réponses, ce quotidien tire le lendemain de péremptoires et grasses conclusions : «Mensonges».

Là, le directeur d’un hebdomadaire, Franz-Olivier Giesbert, exige du Premier ministre qu’il lui ose dire qu’il ne lui a pas confié: «Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là».

Compte tenu du ton employé, qui ne relève pas du fleuret moucheté, on s’attend presque à ce que FOG convoque le Premier ministre à régler le différend au champ de Mars à l’épée.
L’ennuyeux, avec FOG, c’est qu’il livre ici un de ces « off record » qui font, paraît-il, la saveur de son dernier ouvrage «La tragédie du Président».
Est-ce que l'on peut être à la fois dedans et hors de la connivence?

Je suis tout de même troublé par l’idée selon laquelle fomentant un complot impliquant les services secrets et l’ «as des espions», contre son ministre de l’Intérieur, M. De Villepin ait pu s’épancher auprès de FOG et imprudemment lui offrir cette énorme confidence d’Etat à propos de l’affaire Clearstream: «Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là».

Cela soulève des questions d'ordre déontologique.
M. Franz-Olivier Giesbert peut-il se placer simultanément dedans et hors d'une connivence qu'il a sans doute construite?
Et utiliser, d'une manière qui serait irréprochable moralement et accessoirement déontologiquement, des propos - des aveux en l'occurrence - recueillis dans le contexte d'un entretien auquel je ne sais rien, et qui a vraisemblablement conduit M. De Villepin à s'épancher comme il est dit qu'il l'a peut-être fait.
Cela est sujet à caution.

A contrario, si les propos qui sont prêtés à M. De Villepin, ne sont pas explicitement et formellement liés à l’affaire dite Clearstream, ils ne sont pas compromettants comme on voudrait nous amener à penser qu'ils le sont.

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