« En finir avec la Révolution | Page d'accueil | De si jolies manières »
26.05.2006
Dear America
Voici ce que j’écrivais, sur un forum largement alimenté par les positions des pro et anti-Bush, le 14/12/2004 à propos de l’Amérique de M. George W. Bush et de la situation de l’Irak:
«Les Etats-Unis d'Amérique sont un bouc-émissaire idéal. Mais un bouc-émissaire est là pour faire oublier les vraies responsabilités.
M. Saddam Hussein est responsable de ce qui est arrivé car il n'a jamais permis de lever, comme il aurait dû le faire, en autorisant les inspections de l'ONU, les doutes sur l'existence des ADM (Armes de Destruction Massives).
Aujourd'hui, les Américains admettent que l'Irak n'a pas été en possession des ADM mais il ne faut pas oublier comment Saddam Hussein a essayé d'exploiter le doute sur sa capacité de nuisance jusqu'au bout. C'était un calcul de "dissuasion" pernicieux qui ne pouvait se retourner que contre lui-même et, hélas, contre le peuple qu'il dirigeait dont il a instrumentalisé et médiatisé la misère pour mettre en oeuvre, devant des opinions publiques occidentales aveugles parfois, un processus de victimisation.
Pardonnez-moi de le dire mais, même si j'étais hostile à la guerre parce que les conditions du droit étaient bafouées, j'estime cependant que le seul responsable de la guerre était Saddam Hussein et que ses manœuvres - celles-là parmi d’autres - étaient indignes d'un chef d'Etat.
Depuis l'invasion du Koweit, il n'a amené à sa nation que ruine, privations et désolation.
Cette page doit être tournée.
Les Américains, ceci dit, donnent des signes concrets d'une volonté de se retirer dès que le pays sera en mesure d'assumer son destin et de renouer avec un début de stabilité politique.
Il convient de ne pas boucher ces horizons. Chacun y perdrait à l’exception de ceux, Al-Qaida en tête, qui fondent leur vision de l’avenir sur la persistance et la propagation du chaos.
Je pense qu’il y a en Irak les ressources en hommes responsables, qu’ils soient chiites, sunnites ou kurdes, anciens baasistes, etc, pour s'entendre et permettre d'établir, même si elles sont ténues, les conditions d'aboutir à une solution politique rationnelle et de donner ainsi une chance à la démocratie de faire un pas qui peut être décisif.
Ces chances là ne se gâchent pas impunément.»
…….
Quelques semaines avant la réélection de M. Bush à la présidence des Etats-Unis, Oussama Ben Laden avait, par l’intermédiaire d’une cassette, tenté de jeter un pavé dans la mare et de peser sur l’élection.
Il avait adopté un discours inédit, volontairement débarrassé de son exaltation fanatique, en direction du peuple américain, l’invitant à congédier l’administration Bush au profit du candidat démocrate John Kerry.
………
L‘Amérique a eu raison de ne pas dévier.
L’avenir lui donnera peut-être raison. Il faut le souhaiter.
………
Le peuple irakien a commencé et continue de le faire. Il l’a fait, d’abord, en s’exprimant dans les urnes, en 2005, et en faisant usage, malgré les menaces des groupes djihadistes et sunnites, de la démocratie pour dire qu’il était une réalité.
Une réalité certes meurtrie, blessée, violentée, soumise au rude et sanglant impact des fanatiques de tous bords, dressant les uns contre les autres, la foi des uns contre la foi des autres, les racines des uns contre les racines des autres.
Mais une réalité tout de même.
La réalité s’impose toujours.
……….
J’ai souvenir, ici, en France, quelques semaines et jusqu’à la veille de ce scrutin historique pour les Irakiens, d’un certain nombre de commentaires annonçant l’échec de cette élection, la désaffection présumée des urnes, le climat de peur et le fatalisme des Irakiens. J’ai souvenir d’un presque désir de défiance et d’échec démocratique, assez largement partagé dans les médias.
Ces oracles se sont alors bien trompés.
Je me souviens de ce dimanche, précédant de peu, il me semble, celui où nous disions «non» au projet de ratification de la Constitution européenne.
Nous pouvions y voir des familles entières, des femmes, leurs époux, braver la menace et l’intimidation pour accomplir ce qui ne saurait être réduit à un simple devoir civique et exhiber, au sortir des urnes, leur pouce taché d’encre.
C’était là bien plus qu’un devoir civique.
C’était l’apposition d’un sceau indélébile sur le visible désordre des choses.
………..
Même née dans des conditions effroyables, le démocratie irakienne a permis de poser les fondations d’une situation sur laquelle, aujourd’hui, une nouvelle étape a vu le jour avec la constitution d’un gouvernement qui n’a pas pour vocation d’être seulement de transition et auquel ne manquent, à l’heure où j’écris, que l’attribution que l’on peut imaginer épineuse des portefeuilles de l’Intérieur et des Armées.
Cette période «native» a vu, comme on peut s’y attendre, la poursuite des entreprises de terrorisme et les attentats de ceux, que j’espère moins nombreux qu’hier, qui ont intérêt à maintenir l’Irak dans le chaos et le sang, l’insécurité civile, politique et économique.
Parmi eux, il y a les mouvances dérivées d’Al-Qaida mais, très certainement, d’autres intérêts à l’œuvre liés à des acteurs régionaux qui peuvent espérer profiter d’une «libanisation» de cette terre.
………
Cette série de considérations me ramènent en France pour postuler que lorsque s’épuisent toutes les optimismes, il en est un qui se met naturellement en évidence.
Il tient dans la possibilité d’un peuple, souverain et libre.
Il mérite qu’on se batte pour lui.
………
L’Amérique de M. Bush a un grand mérite. Elle a les pieds dans une boue qui faite de terre et de sang. Et ce mérite là, il convient de le lui reconnaître car elle le paye du sang de ses GI’s, à l’égal du sang de ces innombrables Irakiens et Irakiennes qui subissent la terreur, ce en vertu de l’ambition qu’il partagent de voir un nouvel Irak émerger enfin.
A cette échéance, qui n’est peut-être plus lointaine, l’administration américaine pourra enfin procéder à un retrait progressif de ses troupes que tous, y compris une part importante de sa population, appellent de leurs voeux.
Bien sûr, il est toujours possible de regarder cette grande nation démocratique avec le regard des Djihadistes, de lui prêter des arrière-pensées impérialistes ou énergétiques, c’est-à-dire d’épouser totalement ou partiellement le type de pensée qui véhicule l’image d’un «grand Satan», «Camarade loup» ou encore, d’un pourvoyeur de «mal-bouffe».
Pourtant, quoiqu’on puisse en dire, et nous ne sommes pas, nous Français, les plus mal placés pour l’apprécier, cette nation a fait ses preuves et continue de le faire.
…………
La première victoire contre Al-Qaida peut se produire là, sur cette terre qui a subi deux guerres. Je crois qu’elle peut arriver très vite et produire des résultats spectaculaires et édifiants.
Si l’Irak se reconstitue, comme il semble apte à le faire, recouvre l’intégralité de ses frontières, je ne donne pas cher de la peau ni de l’avenir de l’ «émir» Al-Zarkaoui et ses affidés, ni de celle des tutelles infiltrées qui sont à l’œuvre actuellement.
Le peuple irakien a payé un prix humain qui, indiscutablement, permet de penser qu’il saura distinguer les «occupations» qui le menacent de celles qui le protègent de l’asservissement.
……….
L’instauration de l’Etat irakien et de la démocratie qui lui est associée constituerait un démenti flagrant à l’islamisme intégriste qui tel un nid de guêpes menace le monde de sa vindicte.
Le dimanche 30 avril dernier, le Journal du Dimanche, fait état d’un message vidéo diffusé sur internet par lequel «le numéro 2 d’Al Qaida, l’Egyptien Al-Zawahiri appelle les Pakistanais à renverser leur président, le général Musharraf, qu’il qualifie de traître».
Le Pakistan est une puissance nucléaire qui partage une frontière commune et un litige territorial – le Cachemire - avec une autre puissance nucléaire : l’Inde.
Le JDD rapporte «qu’après Ben Laden et Al-Zarkaoui, Al-Zawihiri est le troisième haut responsable du réseau terroriste à intervenir sur le web en une semaine».
Cela coïncide avec une reprise des offensives des Taliban, lesquels n’hésitent pas, lors de leurs replis, à utiliser les populations civiles comme bouclier humain.
………….
Al-Qaida est en verve. Oussama Ben Laden s’est à nouveau manifesté, mardi 23 mai 2006, dans un message audio destiné à disculper Zacarias Moussaoui.
Cette nouvelle initiative du chef d’Al-Qaida ne vise pas à instruire la manifestation de la vérité. Elle ne répond nullement à un souci de justice envers Zaccarias Moussaoui.
Oussama Ben Laden utilise le verdict prononcé par la Cour d’Alexandria contre l’Amérique non seulement pour se rire de l’administration Bush et de ses institutions, mais pour se façonner, à partir de ce qu’il s’applique à désigner comme étant une erreur judiciaire, une image de Grand Justicier, comme il avait tenté, avant les élections de novembre 2004, de se poser en une sorte de Grand Libérateur.
Ce ne sont là que des postures dignes d’un pantomime qui n’a pas grand-chose à voir avec la grandeur d’Allah.
Même s’il faut craindre que ces éléments de propagande puissent encore atteindre, et pas seulement parmi les opinions publiques arabes, un certain nombre de cibles qui y sont toujours plus ou moins prédisposées, il est incontestable que, depuis 2001, la stratégie d’Al-Qaida est tenue en échec.
………..
C’était en 2001 aussi. Le round de négociations engagées au sein de OMC avait échoué à Doha laissant le processus de mondialisation et de libéralisation des échanges en panne à la fois de règles et de résolutions.
A ce que j’ai pu entrevoir au gré de mes revues de presse, il semble que l’Organisation Mondiale du Commerce tente de boucler son round.
Cela aussi constituerait une petite victoire sur la logique d’Al-Qaida.
…………
Sogerma : comment ne pas être touché par le désarroi des salariés de cette entreprise ? Comment ne pas être surpris par la situation économique désastreuse de cette entreprise, filiale d’EADS, qui pour avionique qu’elle soit ne sait pas ou n’a pas appris à voler de ses propres ailes.
Quel dommage que cette entreprise aux compétences et aux technologies reconnues ne soit pas en mesure de produire, dans des délais acceptables des bombardiers d’eau, par exemple.
Autant d’ingénierie, de qualifications, et ne pas être en mesure de produire des appareils dont on voit chaque été combien ils sont indispensables à la lutte anti-incendie dans notre pays et pourraient l’être ailleurs en Europe ou Outre-Méditerranée, cela frise l’incompréhensible.
Cela d’autant plus que les pilotes français basés à Marignane ont pu signaler la spécificité qu’ils attendaient de leurs appareils dans le survol des reliefs.
Relever des défis unit les hommes et les femmes, mais on ne peut le faire au mépris des exigences capitalistiques et de celles du marché.
Quelle est donc la condition qui assure le potentiel de réactivité d’une entreprise ?
…………
Précaution locutoire : Après le blocage des dépôts pétroliers, le Syndicat des Travailleurs Corses de la SNCM, que l’on pensait dégagée de ses démons, menace de suspendre la continuité territoriale entre le continent et l’île de Beauté par solidarité pour la cinquantaine de porteurs de journaux de «Nice Matin».
J’ai beaucoup de respect pour eux. C’est une activité que j’ai pratiquée. Mais quand même !
Que dire d’une chose qui se passe à ce point de commentaire ?
En Corse, il vaut mieux éviter de dire d’une évidence qu’elle saute aux yeux.
09:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


