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29.06.2006

Procédés abusifs

Le Réseau Ecole Sans Frontière entre en scène.
Même paré de bons sentiments, il y a quelque chose de profondément choquant dans l’instrumentalisation de l’école de la République sur le sujet de l’immigration clandestine.

Cela l’est assez, selon moi, pour justifier qu’une commission d’enquête parlementaire se penche un jour sur ce phénomène très particulier qui fait de ce lieu, sanctuaire que l’on voudrait scrupuleusement neutre, de l’apprentissage des savoirs et de la pédagogie, une antenne active de politisation et un relais d’activisme.
Les Français, à l’issue de cette présidentielle, seraient peut-être fondés dans le cadre d’un référendum à se prononcer sur la définition des missions de l’école de la Nation. Car, bien avant d’être la possession des syndicats ou des associations de parents d’élèves, l’école publique est leur école.
Lorsqu’elle intervient dans la vie politique – mouvement anti-cpe - et légale de notre pays, en y imposant une sorte de diktat moral, elle dépasse largement le cadre de ses prérogatives.

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L’agitation à laquelle donne lieu la fin du sursis accordé aux parents en situation irrégulière sur notre territoire ayant un ou plusieurs enfants en scolarité est une démonstration de ce glissement, auquel il faudrait savoir tout de même s’il rallie une majorité d’enseignants ou pas.

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Ces formes de parrainages républicains organisés par les associations de gauche avec l’appui de leurs réseaux et l’appui logistique de l’école de la République constituent une récupération politique éhontée et une mise en cause de l’état de droit.
J’entendais, sur ce thème, il y a quelques jours, Jean-Pierre Dubois, président de la ligue des droits de l’Homme, constitutionnaliste de formation.
Lui affirme que «l’état de droit est en danger en France».
Repris par le journaliste qui remarqua que ce jugement était peut-être excessif, l’intéressé confirma bien ses propos et estima le temps venu, pour tous les citoyens de se mobiliser et d’entraver l’application de la loi. Cela constitue même, selon le président de la ligue des Droits de l’Homme, un devoir civil.

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"Dès la semaine prochaine", RESF diffusera partout en France, avec la Cimade (seule association autorisée à entrer dans les centres de rétention), un numéro de téléphone unique. «C'est un numéro d'alerte qui permettra en cas d'arrestations de familles ou de tentatives d'expulsion de mobiliser le plus de monde possible. S'ils tentent des expulsions, ça ne se passera pas dans la discrétion», prévient M. Moyon. Des parlementaires, des personnalités et des syndicats seront ainsi alertés quasiment en temps réel, a encore assuré RESF. Les parents d'élèves massivement mobilisés et les mairies assureront eux aussi des veilles, en laissant aux familles sans papiers leurs numéros de téléphone portable.
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Dans certaines mairies, on a réinventé le baptême républicain pour la circonstance.
"Le 30 juin est une échéance importante, il y a une très forte solidarité nées dans des collèges et des lycées, relayée par la municipalité", disait Michel Charzat, élu du PS à Paris.
Dans des établissements scolaires, se multiplient les appels à des pétitions et les appels à la manifestation, chacun se voulant, dans une espèce d’amalgame construit à cet effet, être le juste parmi les justes de ce combat contre «une immigration jetable», «d’enfants menacés par l’arbitraire».
Mais la France d’aujourd’hui, celle à laquelle concourt le ministre de l’Intérieur, bête noire de nos bien-pensants irresponsables, n’est pas celle de Vichy.
C’est un procédé abusif, même s’il est dicté par des haines politiciennes, que d’assimiler notre état de droit à cette période au seul fait qu’un problème tel que celui de l’immigration clandestine doit être traité et que c’est à la fois la responsabilité d’un gouvernement et celle d’un peuple que d'en assumer la difficulté humaine et la complexité sociologique.
Il n’y aura pas de régularisation systématique, ni de jurisprudence à tirer des situations actuelles. Des instructions sont données aux préfets afin d’apprécier au cas par cas les situations.
Mais cela ne suffit pas à nos procureurs de la pensée unique et de l’utopie universelle.

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