« Le prix d'une fausse paix | Page d'accueil | Souveraineté du Liban »

18.08.2006

Le Liban et les millions du Hezbollah

Il ne faut pas perdre de vue les faits.
Au sortir de la guerre, le Hezbollah se pose comme le vainqueur militaire et politique de la guerre qu’il a sciemment provoqué par son attaque sur des soldats israéliens et le rapt de deux d’entre eux et cela procède de la mystification.

Mystification militaire d’abord, car la cessation des hostilités imposée par la communauté internationale n’a pas permis à l’armée israélienne d’entamer sa crédibilité, alors qu’il est probable que cela aurait été le cas, à terme.
Pour accéder aux conditions de ce cessez-le-feu, le « parti de dieu », étrange dénomination tout de même, a tout de même concédé l’idée de son désarmement. C’est un indice, au-delà des pressions auxquelles il a pu céder, qu’il n’était peut-être pas en mesure de supporter le stade supérieur de l’épreuve de force.

Réaliser cette analyse n’empêche évidemment pas de se réjouir de la victoire de la diplomatie sur les armes tant qu’elle n’est pas la défaite de la lucidité sur l’aveuglement.

Mystification en politique extérieure aussi car le Hezbollah a fait oublier qu’il était l’agresseur dans cette affaire.
Il a parfaitement joué sur la double partition de la haine à l’égard d’Israël et des Etats-Unis, ce qui n’était pas sans rendre service à l’Iran et à ses manoeuvres sur le dossier nucléaire.
Le Hezbollah ne pouvait pas ignorer quelle serait la réaction des Israéliens à son attaque. Par conséquent, il porte une lourde responsabilité dans la dévastation du Liban.
Que lui et ses hommes puissent être accueillis comme des sauveurs au milieu des ruines est une aberration.

Mystification enfin sur le plan de la politique intérieure aussi car, bien avant l’Etat libanais, le mouvement de M. Nasrallah est venu au secours des populations sinistrées, et s’y est fait filmer, en promettant des millions de dollars pour la reconstruction des maisons. Le Hezbollah est-il en droit de s'aroger ainsi le beau rôle?
D’où lui viennent ses ressources financières?
Ne sont-elles pas le prix payé par l’Iran gavé de pétro-dollars pour service rendu à ses propres intérêts?

Les Libanais méritent de savoir d’où vient cet argent de la reconstruction affecté aux petites gens.
La communauté internationale mérite, elle aussi, de le savoir et de contribuer, avec un esprit de justice et de clairvoyance, à permettre de distinguer ce qui relève de la solidarité de ce qui relèverait du phagocytage d’un pays qui se possède de mois en moins.
Déjà, la vérité sur la mort de M. Rafik Harriri s’est éloignée et en même temps ce qui s’est produit en révèle la trame.
Qu’en est-il, au moment où il vient panser des plaies qu’il a contribué à ouvrir, de la vérité sur la nature du «parti de dieu» ?
La souveraineté du Liban commence là où finit la corruption de l’esprit national. Où est-il l’espoir soulevé par le départ des troupes syriennes il y a un an ? Où est-elle cette joyeuse tonalité qui vibrait cdans la voix des ces jeunes gens ?

Force est de constater, et cela est effroyable pour l’avenir de ce peuple comme pour celui de ceux qui lui sont voisins, que la propagande et la manipulation fonctionnent à pleins régimes.
Ceux de Téhéran et de Damas.
Elles le font aux dépens de l’Etat libanais ou de ce qu’il en reste, de l’unité nationale ou de son illusion.
Mais comment ne pas voir là le même piège qui se ferme sur le peuple libanais et, encore une fois, l’atteinte à sa souveraineté nationale que cela constitue.