« Faire | Page d'accueil | Enrichir son pays »
08.12.2006
Petit texte
J'ai démissionné en 1996 au moment précis où mes compatriotes ont choisi, eux, de se recroqueviller sur leurs droits, d'en réclamer de nouveaux en matière de réduction du temps de travail, et de protection de leur statut, de leurs privilèges relatifs au mécanismes de protection sociale et de retraites.
J'étais alors journaliste localier, c'est-à-dire chargé de rendre compte de ce que je voyais.
Quand mes confrères se félicitaient des manifestations provoquées et les présentaient comme la démonstration d'un démocratie vivace, j'y voyais une sorte de perversion inquiétante, infantile et infantilisante, réalisée au mépris de l'intérêt général et plus encore réalisée sur le dos des générations à venir.
La rupture, à mon niveau individuel, était consacrée.
On croit dans la République, l'ensemble des valeurs qui lui sont attachées, non pas parce qu'elle vous nourri, vous protège, vous accorde droits et obligations, mais parce qu'elle maintient un environnement sincére, intelligent, accueillant et les bienfaits, la prospérité, la cohésion sociale, le bien vivre commun, ne sont rien d'autre que la résultante de ces conditions. Rajouter par couche successives de la démocratie participative, des forums citoyens plus ou moins noyautés idéologiquement, n'enrichit pas la démocratie tant que, fondamentalement, la communauté nationale ne réalise pas l'effort sur elle-même pour décider de ce qui est important pour elle, à commencer par son rapport aux priorités qui sont celles à relever.
Le débat entretenu si longtemps sur la dette – son étendue, son caractère ou non préjudiciable – m'a longtemps semblé un monument de docte cécité collective.
Dès lors qu'elle devient l'espace des dès pipès, des défausses permanentes, la République est dévoyée et ce qui est important, primordial en son sein se dévalue au profit de ce qui ne l'est pas.
Je n'ai pas fait science politique, mais je pense que ce n'est pas autrement que l'on se réveille un jour avec une dictature: parce qu'on a donné longtemps la République au mensonge et à la facilité.
Alors, elle se retourne contre vous sous une autre forme.
Ce que j'ai vu de la part d'une grande partie de mes compatriotes, encouragés alors par une offre « politique » issue de la gauche « plurielle » dont il faut se rappeler tout de même qu'elle proclamait à qui voulait bien l'entendre, en plein processus de mondialisation des échanges, avec les tensions que cela entraînait, que nous, Français, nous entrions dans la civilisation des loisirs.
Nous étions les rentiers de nos utopies.
La démocratie ayant pour pouvoir de permettre au plus grand nombre de prendre des vessies pour des lanternes, une majorité d'entre nous ont choisi d'adopter, dans le cadre d'une conception de la citoyenneté dont je leur laisse volontiers la responsabilité devant leurs enfants qui en supportent les conséquences, cette vision de l'avenir et surtout celle de la conception qu'ils se faisaient de leur responsabilité individuelle et collective.
Suffit-il d'être une majorité à affirmer un mensonge pour que celui-ci devienne une vérité?
En 1996, donc, je me suis dit simplement que je n'étais pas propriétaire de ma « place », que je ne pouvais décemment soutenir qu'elle m'appartenait parce que je l'occupais depuis longtemps, parce que mécaniquement elle me permettait de voir mon niveau de vie et mes droits augmenter.
C'était une question d'honneur et de sincérité et une manière de dire, dans la chair, qu'un homme peut prendre en charge quelque chose, avancer avec ses propres pas, apprendre et projeter, malgré tout, de l'avenir.
C'est tout ce que j'ai essayé de faire.
Jamais je n'ai été plus maltraité.
Je termine par cette réflexion: je les réprouve et considère qu'il convient être sévère avec eux, mais quand les gamins des banlieues ont pris pour cible lors des « émeutes » des banlieues, l'école de la République, il m'a semblé que cela disait quelque chose.
En tout cas, si ces derniers avaient tenté de porter atteintes à des banques, sans doute y-aurait-il eu évidence qu'ils éprouvaient du ressentiment avec la banque.
Mais, à moins que cela ne soit pur hasard, c'est l'école qu'ils ont voulu outrager.
Pourquoi? Peut-être parce qu'ils pensent, à tort à raison?, que les dès commencent d'être pipés là.
Bien sûr, M. Aschieri dira toujours qu'il convient de la santuariser, cette école de la République, en lui donnant plus de moyens, enfin en donnant plus de moyens au mammouth et à ses croyances.
11:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


