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26.01.2007
Banque centrale européenne
23/01/2007
L'euro fort et la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne suscitent encore, en France, de nombreuses critiques et cristallisent doutes et tentations. Je ne possède aucune expertise en la matière. Dans ces conditions, mon expression sur le sujet se limitera à quelques principes dictés par le souci de bon sens.
D'abord, j'ai toujours été, par instinct, du côté de l'orthodoxie en la matière, car elle est le moyen le plus sûr de ne pas s'engager dans des voies hasardeuses. N'ayant jamais eu de goût pour cette solution de facilité en laquelle je tiens le rabaissement de la monnaie, qui demeure l'expression de notre force et de notre dynamisme économique commun, je pense que dévaluer une monnaie pour gagner en compétitivité constitue, à mes yeux, un pis-aller qu'il s'il doit être pris sanctionne nos fautes. Dans le cas où l'état de notre économie était tel qu'il devrait y obliger celui ou celle qui a pour mission de veiller sur cette orthodoxie de dévaluer, il faut être sûr et conscient que ce ne serait jamais une victoire.
La politique du serpent monétaire mise en place en 1972 en Europe pour mettre un terme aux dévaluations compétitives à laquelles nous et nos voisins – à l'exception notable, je l'avance sans en être sûr, de l'Allemagne et de l'Angleterre - a permis la stabilité économique du continent, elle a fourni les moyens de sa pacification. Elle a permis l'Euro qui permet l'Europe.
Un euro à 1,30 dollar peut certes faire débat.
J'ai l'impression que la politique monétaire doit être un sanctuaire. Tout autant que l'école dont on peut regretter, parenthèse rapide, qu'elle ne permette pas, alors que chacun d'entre nous vit, même s'il n'en est pas conscient, par les contraintes et les solutions de l'économie et des finances, à autant d'entre nous qu'il le faudrait d'assimiler, au delà de ce qu'on peut entendre de Marx et Engels, du rapport entre capital et travail, ce que représente la science économique.
Je rêve du gosse banal qui viendra m'expliquer pourquoi une inflation excessive est dangeureuse et je lui demanderai, parce que je me pose la question, si une inflation à 0 est possible, en quoi elle constituerait une vertu ou pas. Cela ferait un drôle de sujet du bac, n'est-ce pas M. Aschierri?
Il me semble que chacun d'entre nous, comme il sait ou doit savoir que deux et deux font quatre, devrait savoir cela, s'efforcer de l'élucider un petit peu plutôt que de le rendre plus confus.
Cela rassurerait. Au lieu de quoi, nous avons, dans ce pays plus que dans tout autre il me semble, choisi les malentendus autour de l'argent et de l'économie, plutôt que de nous attacher à ce qu'ils contiennent et expriment de plus sûr et constructif.
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Lors du krack en Asie qui nous a menacé il y a quelques années, ce sont quelques grands argentiers, de ceux qui comptent, qui ont évité – parce qu'ils ont appris quelques chose du krack de 1927 - sa propagation à l'ensemble de l'économie mondiale.
Qu'ils en soient loués.
J'ai toujours été adepte du franc fort. Je ne saurais dire pourquoi. Lorsque M. Pierre Bérégovoy, ministre de l'économie et des finances, face à ses propres amis, a défendu ce principe lequel restait le postulat de la Banque de France, en disant qu'une dévaluation frapperait d'abord les plus faibles, j'ai pensé qu'il était dans le vrai.
La seconde raison pour laquelle toucher à cette orthodoxie me semble peut conforme à notre intérêt, c'est que notre tradition est celle de la séparation des pouvoirs.
Nous devons bien sûr y être attaché dans des contextes qui nous y prédisposent.
Nous devons l'être plus encore lorsque les circonstances ne nous y disposent pas.
L'affirmation de ce principe fut la force – son génie le plus marquant peut-être - de notre droit constitutionnel. La monnaie, même si c'est difficile à définir, est une institution qui n'est pas à l'égale des autres en ce qu'elle forme une quintessence de ce qu'on obtient et réalise par les autres, notre forme la plus abstraite dans un des plus concrètes matérialisations.
La question relative à la politique monétaire pourrait se poser donc davantage, selon ce que j'en entends, en terme d'indépendance et de séparation des pouvoirs qu'en terme, ce à quoi tous les candidats heureusement n'aboutissent pas, de perte de souveraineté nationale.
Quand M. Alan Greenspan, qui a longtemps dirigé la réserve fédérale américaine, faiseur en quelque sorte de pluie et de beau temps, il l'a fait, j'en ai le sentiment et je l'espère, en toute indépendance. Chacun est à même de le savoir dans sa propre existence et son rapport aux autres, la stabilité est la condition du crédit.
Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne, dont il faut souligner que c'est actuellement un Français, M. Trichet, mais qui pourrait être, sans que cela affecte je l'espère l'impartialité du mandat, d'une autre nationalité, a les instruments d'appréciation et doit disposer des garanties d'indépendance pour dicter la politique monétaire, au profit des nations qui ont fait le choix de se lier entre elles par une monnaie et un destin unique, et arbitrer cela comme il se doit.
Il demeure naturel, par ailleurs, qu'un pays ou un autre, confrontés à des difficultés, aujourd'hui nous, demain un autre, puisse appeler à des inflexions.
Quoi de plus légitime et, finalement, de plus alerte qu'un débat et des arguments.
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Plus j'ai avancé dans ma vie, plus je me suis vu - plus je me vois - ignorant et plus l'ignorance m'est insupportable, et je la tiens pour être la plus vile de toutes les brutalités faites à un individu celle qui le rend brutal et inhumain, et qui le rend parfois tragiquement heureux du mal fait aux autres.
Un nuit de janvier 2002, alors que j'errais dans les rues du quartier Latin, marchant pour lutter contre le froid, j'ai croisé des personnes couchées au pied de la Sorbonne, non loin de la statue de Montesquieu. Je suis passé à leur côté, empli d'une colère contenue. L'un d'eux m'a demandé de l'argent. Je n'en avais pas. Je me suis penché sur lui pour lui dire, particulièrement là où il était, que je regrettais de ne pouvoir lui donner quelque pièce en ajoutant que ce qu'il devait mendier, c'était du savoir.
C'est pénible de dire cela. On se sent monstrueux quand au fond on sait, en espérant ne pas se tromper, ne pas l'être.
Il croyait en la vie éternelle, alors, dans cette hypothèse, à travers le temps, pour rendre hommage à l'action de l'abbé Pierre, je lui adresse cet aparté. J'espère que, là où il est, cela peut constituer réconfort.
La première propriété du pauvre est le sentiment que les démocraties, que la République, que tous doivent éveiller en lui. Il est riche.
Ce droit à la propriété, fondamentalement, sienne, est inaliénable. Comme les autres. Il permet, fonde, rend éclattant et supportable, le droit des autres.
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La France entendue de l'extérieur. Cela peut-être quelques mots empruntés à notre langue et chantés « en français dans le texte » dans quelques chansons de rien. Comme « rendez-vous ». Comme « Déjà-vu ». Comme « Mademoiselle ». Le fils d'immigrés italo-espagnol que je suis aime bien un chanteur italien hélas décédé qui s'appelle Lucio Battisti. J'ai beaucoup écouté ses chansons et je m'avise tout à coup, tout en parlant et en écoutant de la musique, qu'il a emprunté deux seuls mots à notre langue dans ses chansons.
Lucio Battisti me dit combien la langue française est utile au monde.
Il n'a fait qu'accentuer son chant en prononçant « Liberté » dans « Il mio canto libero » et puis dans une autre, dont le titre m'échappe, il dit la rage à un moment du « ver de terre » que l'on doit peut-être à Racine ou Corneille, aux racines de la littérature classique française assurément.
Ces deux mots, ces deux « moments » d'apparition de la pensée française à elle-même, doivent nous rester chers.
Je fais un peu la publicité de Lucio Battisti, mais ce n'est pas de l'exercice illégal dela médecine. Quand je l'entends, mieux peut-être que ne pourrait le faire un cocktail de molécules, il me rend à mes quatorze ans.
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