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26.01.2007
Intelligence
20/01/2007
Je tiens à affirmer au préalable de ce qui suit que je me situe dans l'espace laïc, que c'est de celui-ci que je m'adresse, car il est celui de tous.
Du « Aimez-vous les uns les autres » au « N'ayez pas peur » en passant par « Eureka », quelques injonctions interpellent l'humanité entière. Benoît XVI, en raison de sa formation intellectuelle et de la profondeur de sa pensée, semble apte à en prononcer une nouvelle qui se diffuserait au sud et au nord, à l'orient et à l'occident, au riche comme au pauvre. J'imagine que son injonction personnelle pourrait être à son image et exhorter l'humanité à exploiter pleinement le génie qui lui est prêtée. « Soyez intelligents ». Son pontificat, il me semble, avec une douce économie qui le distingue de son prédécesseur, est déjà placé sous ce signe.
Je vois cet espace de propos devant lui.
Son rapport à l'Islam et l'interlocution qu'il a engagé avec ses autorités et fidèles s'inscrit dans une volonté de conciliation autour du postulat de la raison éclairée. Une telle franchise, en ce temps où barbarie et fanatisme prospèrent dangereusement, obérent le discernement de tant d'hommes et de femmes, est importante.
Benoît XVI affirme que l'Islam n'est pas inapte à la raison éclairée – celle qui prédispose, notamment, à des démocraties fructueuses - et se déclare, par petites touches, selon cette conviction.
Cela se passe dans un temps qui n'est pas celui du politique et de ses agitations temporelles, dans un temps qui n'est pas un écoulement mais une permanence. Même si dans les sociétés d'aujourd'hui, nous avons tendance à occulter voire renier cette dimension, elle n'en est pas moins réelle et consubstantielle à ce que nous sommes individuellement, plus encore à ce que formons collectivement.
Cette dimension, que nous ayons choisi de la désigner d'une manière ou d'une autre, nous regarde tous. Chacun l'accepte, est libre de le faire, ou pas.
Cependant, l'histoire montre qu'il n'y a rien de plus difficile que d'accorder des hommes et des femmes, qui ne semblent jamais y consentir que contre leur gré, à ce qui représente leur intérêt le mieux entendu, dans toutes ses composantes desquelles n'est pas exclu l'intérêt de son prochain dans l'espace et dans le temps. Beaucoup de choses dont il est impératif d'être conscient, tout au moins d'essayer de l'être, tant de sentiments contradictoires, de pulsions mêlées, de tentations et d'argumentations illusoires, agissent pour les en distraire qu'il faut ardement aspirer à la clarté et à l'intelligibilité des actions.
C'est le noeud de toutes nos tragédies passées, présentes et à venir qu'il faudra à ceux qui nous succèderont, qu'il nous faudra, car elles sont toutes nôtres, surmonter.
Il faudra parvenir à le dénouer si nous voulons à l'aube de ce nouveau millénaire le faire celui du triomphe de l'Homme, ou tout au moins celui de quelques victoires significatives, sur sa part de ténèbres. Cela constitue les termes d'une délibération acceptable à laquelle toutes les nations, ceux qui les gouvernent comme ceux qui les composent, sont d'ores et déjà – et le seront de plus en plus explicitement – tenus.
Dire que j'ai mis deux heures à écrire ces quelques lignes. Non, j'ai mis dix ans. Non elles m'ont pris l'âge que j'ai...
Cela impose une injonction supplémentaire qui s'ajoute à celles précédemment énoncées.
Non, après tout, ce n'est pas injonction: c'est un petit éclat de rire de rien qui, de temps en temps, doit retentir, se propager, se mêler je l'espère aux cantates de Bach ou aux Allegro de Mozart.
J'espère qu'il y en aura de plus en plus.
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Une correction indispensable. Ecrit dans l'urgence, j'ai repris l'orthographe du nom du journaliste Turc Hrant Dink auquel j'ai voulu rendre hommage dans ma précédente contribution en le reprenant dans le bandeau défilant d'une chaîne d'information: j'ai commis une faute d'orthographe lors de sa transcription. Cela affecte l'hommage que j'ai voulu lui rendre. Je m'en excuse.
10:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


