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26.01.2007
Ma tribune
Nul ne peut imaginer une seconde le contenu et l'intensité de ce que j'ai vécu au cours de ces dernières années. Vous ne pouvez pas le faire car vous n'êtes pas à ma place, n'avez pas fait le choix que j'ai fait, subi les doutes qui furent les miens parfois, touché à ce à quoi j'ai touché et vous n'avez pas non plus écorché votre âme comme je l'ai fait pour extraire la vérité qui me semblait être celle que je devais extraire pour la déposer, car il n'y a pas d'autre démarche que celle de la déposer, devant vous.
Cela me donne le droit d'affirmer, sans que je puisse en donner une explication satisfaisante du point de vue commun, que je suis. C'est une affirmation pénible à supporter et qui est tout aussi difficile à étayer.
Vous ne pouvez concevoir l'étendu du désarroi dans lequel ce sentiment me met chaque fois qu'il vient à moi.
Mais on ne choisit pas. On porte ce qu'on doit porter.
Lu ou pas ne m'importe pas. La seule chose qui compte à mes yeux et peut me procurer le sentiment d'avoir accompli ma tâche, c'est de la rendre disponible aux autres et de dire qu'elle est.
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Peu m'importe l'audience que mon propos peut avoir. Je regarde parfois le trafic que suscite mon blog, et constate que vous êtes parfois une dizaine, parfois une vingtaine. Cela m'honore.
Je le dis en toute sincérité parce que l'écoute d'un seul homme, d'une seule femme, constitue parfois l'écoute de tous, autant que la parole d'un seul homme peut parfois être la parole de tous. Elle peut en effet être forgée là, dans son seul esprit, et elle forme alors un éclairage.
Il n'y a rien qui soit de la providence là, simplement un loi naturelle.
J'aime mon pays.
Est-ce que je l'aime mieux ou plus que d'autres? Non.
Je l'aime, à mes yeux, à mes yeux seuls, pour des raisons vitales. Dirais-je qu'elles sont meilleures? En ais-je le droit? Non.
En quoi sont-elles et pourraient-elles être vitales? Elles le sont car la France a quelque chose à accomplir dans l'histoire et que ce qu'elle a accomplir va au delà de son propre destin, du propre destin de ceux et celles qui sont ses habitants du jour.
Devrais-je expurger mon propos de ce qui l'emplit pour complaire au temps, cela quand je ne l'affirme pas pour flatter quiconque. De toute façon, convenez-en, un tel propos, aujourd'hui comme hier,a plus de chance de valoir à celui qui s'y risque brûlure que de lui valoir merci.
Je l'ai dit à tant de reprise déjà que j'en suis comme usé : j'ai entrepris ce chemin incertain en 1996 lorsque mes compatriotes saisis de fièvre ont exploité les ressources que leur confère la démocratie pour renverser le gouvernement Juppé, aurait-il été d'un autre qu'ils l'auraient fait pareillement, au motif que ce gouvernement, comme tout gouvernement digne de ce nom, souhaitait engager des réformes, en matière de santé, de retraites, pour ne citer qu'elles, si indispensables qu'elles sont pour parties devant nous encore et qu'à ne pas les faire, rien ne s'oppose, en tout cas pas la morale, à ce que l'ensemble des personnes âgées que nous formerons demain ne suscitent la haine de la génération à laquelle ils auront laissé un si écrasant facture jointe à une telle vacuité.
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Je nomme cela une éclipse de la democratie et une éclipse de la démocratie, fut-elle le lieu joyeux de roulements de tambours et de l'exaltation, a davantage pour parenté le crépuscule que l'aube.
La démocratie n'est pas que la prévalence du nombre, n'est pas le règne de majorités aussi hâtivement construites qu'elles sont hâtivement démontées. Elle n'est pas le siège de l'inconséquence, ni le résultat de ce qui s'obtient par le seul désir de gagner en désir. Elle est le lieu de la réalisation et de la responsabilité personnelle et collective, celui qui recense et sanctionne, dans sa diversité, le scrupule de chacun.
Mettre en évidence une majorité n'est pas difficile. Il peut s'en construire à tout propos.
En voulez-vous, vous êtes libres d'en faire. Certaines sans danger. Certaines insouciantes. Certaines attentives. Certaines désabusées. Certaines nocives, inquiétantes. Renversantes même.
J'imagine que nous pouvons avoir un accord collectif, scellé je ne sais où, je ne sais quand, pour affirmer que nous ne laisserons pas déborder, jamais, par le nombre, par le précipice, par la tourmente de nos agrégations.
J'imagine que nous l'avons déjà.
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Mes maîtres d'école ont ancré, au cours de leurs leçons, quelque chose en moi.
Je leur sais gré que l'enseignement qu'ils m'ont donné résiste.
Anticonstitutionnellement est le mot le plus long de la langue française.
Constitutionnellement est le mot le plus sûr.
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On nous a remis le couvert du soupçon sur des nominations « politiques », nous sommes invités à nous mettre à table. La nomination de M. Boyon est dénoncée par certains, plus encore celle de M. Debré qui a eu pour mérite au perchoir de tenir – ce qui fait unanimité - une véhémente assemblée, d'y avoir été impartial, de modérer la boulimie et la profusion législative.
Comment peut-on présumer du déshonneur des hommes, les jetter en patûre à la suspiçion gratuite.Cela appartient à l'esprit de désolation. Qu'il le garde.
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J'ai entendu deux constitutionnalistes:
Monsieur Guy Carcassonne dit bien non seulement en quoi les nominations par le président de la République de quelques unes de plus hautes autorités de l'Etat n'est pas scandaleuse ni susceptible de soulever le tollé auquel certains veulent les promettre, mais comment cette prérogative garantit plus objectivement que ne pourrait l'être leur nomination par quelque alchimie et jeux de coulisses parlementaires l'indépendance des personnes.
J'ai entendu une autre constitutionnaliste, ravissante de surcroît ce qui explique peut-être que j'ai pu oublier son nom. Elle a participé à la rédaction de l'article de loi portant sur l'introduction d'une possible destitution du président de la République dans la Constitution de la Ve République et qui est venue s'en expliquer dans un débat télévisé.
Cette révision, nous l'avons voulue. Nous l'avons exigée. Certains l'auraient voulue aussi sommaire que leur jugement et déplorent que nous ne versions pas allègrement dans un totalitarisme expéditif.
Toujours au cours de ce débat, M. Reynes, professeur à Science Po, exprima ses réserves sur le progrès présumé de cette révision et les dangers qu'elle pourrait, dans des contextes qui nous sont inconnus, forcément inconnus, receler.
Peut-être regarde-t-il, sans considérer de quelque manière que ce soit de l'éventualité de la culpabilité ou de l'innocence de quiconque, ce qui se passe en Israël en projetant les divers scénaris – les meilleurs, mais les pires aussi pour une nation - qui peuvent découler de cela.
C'est dans « Un temps pour tout ». Ou dans « l'Ecclesiaste ». C'est dire combien cette référence nous rajeunit. L'auteur, dans son style, dit combien est insensé celui qui accepte des failles au mur de sa demeure.
Je n'ai que cette opinion.
Je n'énumère pas les arguments adverses. Ils sont déjà, chose naturelle, chez nous comme chez eux.
Pour m'autoriser une parenthèse à propos des constitutionnalistes, je veux dire que ce sont là des personnes dont la parole manquerait au chapitre si elles n'étaient pas là.
S'il y a quelque chose à espérer, c'est de voir la République ne pas cesser d'en produire et que nous soyons toujours soit assez nombreux soit assez armés en conviction, avec autour d'eux le nombre suffisant pour les protéger, pour en apprécier la valeur. Elle n'est certainement pas à jeter au feu.
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Je ne sais pas l'idée que chacun se fait d'un prince, qu'il soit d'Orient ou d'ailleurs. Je ne sais pas s'il en est un même si les principes que je crois connaître du gouvernement du royaume d'Arabie Saoudite m'amènent à penser que c'est peut-être le cas. Ce dont je suis sûr, ayant lu ce matin, 24 janvier 2007, l'interview accordée au Figaro par Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères d'Arabie Saoudite, c'est que son propos et son raisonnement sur la situation au Moyen-Orient, sur ces enjeux et ses clés, pour la part qui le regarde, sont d'un tel rang.
Je mesure ce que nous devons au royaume gardien des lieux saints de l'Islam. Je mesure le danger qu'il court et a couru pour protéger l'équilibre de l'approvisionnement en pétrole de nos pays et, chaque fois, l'équilibre des cours. Al-Qaida veut s'appuyer sur tous les concours que la démocratie, chez lui, autour de chez lui ou encore chez nous, peut lui apporter pour l'affaiblir et le renverser.
Je n'ai qu'un voeu à faire : que cette démocratie-là se dérobe sous ses pieds.
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Si Dieu entendait répondre à la partie d'échec qu'Al-Qaida - la force qui agit sous ce nom aujourd'hui et qui agira encore longtemps sous d'autres - a engagé, il trouverait sans doute quelque parade. Je pense à ce discret film américain qui s'intitule « A la recherche de Bobby Fisher ». C'est un beau film.
Moi, je ne suis, ce que je fais lorsque je suis en manque d'inspiration au cours de cette écriture, qu'un tireur de réussites.
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Je n'ai aucun mal pour mesurer la fidélité de ce royaume à ce que nous sommes, avec lui.
C'est de ce fait déjà un grand royaume qui me fait dire que le désert n'engendre pas que le désert.
Il a été assez avisé, en outre, pour avoir su garantir, par le placement d'une partie des recettes de son économie pétrolière, à hauteur de milliers de milliards de dollars, l'avenir de ses enfants.
La manne pétrolière, en effet, n'est pas éternelle.
Il faut espérer que l'Iran, il faut espérer que l'Irak, surtout, que l'ensemble des nations qui concourent ou continuent de le faire, par leurs gisements, à la sécurité énergétique globale, ne perdent pas trop de temps.
Certes, le temps est inoffensif. Vrai, il ne sait faire qu'une chose: passer.
Pas davantage que pour celle d'un prince, je ne sais pas l'idée que chacun se fait d'un président. Il en est un à la tête de la République Pétrolière Socialiste Bolivarienne du Vénézuela. Il en est un. Oui. Un qui en reçoit un autre.
Quant à savoir quelle idée il est possible de se faire d'un dictateur, je ne doute pas que quiconque a pris le temps de suivre ce dimanche 21 janvier dernier le reportage diffusé sur M6 sur la Corée du Nord, en a une idée précise.
Qu'une règle toujours les fasse tomber.
Qu'une règle fasse toujours se lever ceux qu'ils oppriment, dans la nuit de leurs frontières et qu'elle nous inspire pour les aider à se délivrer.
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Mme Royal, ici et aujourd'hui en France longtemps dite fille aînée de l'Eglise, dit qu'elle ne croit pas dans l'homme providentiel. Elle n'est pas la seule.
Je pense comme elle. Je pense comme eux.
Je ne crois pas en l'homme ou la femme providentiel. Je crois en en eux pour l'évidence par laquelle, ici, ailleurs, partout, ils ont cru en un peuple providentiel qui méritait, mérite, méritera d'être révélé à lui-même.
Il n'y a rien d'autre, ramené à une seule, à un seul, qui puisse mériter de relever de la providence.
Tel est mon affranchissement.
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Passons à un autre sujet.
Je me tente à l'oxymore:
Connaissance, douceur amère, amère douceur.
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Il serait douteux et inapproprié de ma part de multipler les hommages. J'en accorde un à Jean-François Deniau, homme qui caressa le tempérament de la mer et fut ermite à sa façon lorsqu'il habitait dans sa maison construite quelque part dans le golfe arabo-persique, peut-être au Yemen.
Auteur aussi, parmi tant d'autres choses, d'une biographie de La Motte-Picquet.
Homme libre, toujours tu chériras la mer...
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J'ai suivi, ce jeudi 26 janvier 2007 avant la séance au Sénat des questions au gouvernement, avec intérêt l'audition de M. François Hérin, directeur général d'un organisme de statistique public, devant la commission « Informatique et Liberté ». Cet homme a clairement exposé les enjeux d'une statistique performante concourant à l'élaboration et à l'éclairage des politiques publiques à engager pour réaliser une égalité des chances meilleure qu'elle ne l'est.
Jai écouté son exposé et la qualité de l'écoute que lui ont consacrée les membres composant la dite commission.
Osmose de l'élu et du praticien.
Je retiens, parmi tout ce que M. Héran, qui n'est pas un politique, a énoncé, une toute petite correction lexicale qu'il a suggéré, indiquant que de son point de vue, il était plus approprié de parler de « remembrement » que de « recensement » de la population.
Sans que nulle part un panneau manié par quelque régie m'y invite, j'applaudis.
Aux sources tumultueuses de la République, il y avait il me semble cette foi follement irrévérencieuse en l'Etre Suprême, foi en définitive en vous et moi.
Si bien que nous serions sa chute
Si bien qu'il serait notre élévation
Se pourrait-il, en définitive, qu'il n'y ait qu'un seul et même texte à ciseler?
Ha, monsieur...
10:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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