« Appropriation | Page d'accueil | France fiction 2007 »

29.01.2007

Travail de naissance

Et si le problème de la France, depuis des années, ce n'était pas les six "E" énoncés par François Bayrou, le grand "E" de l'Etat, le grand "E" de l'Europe ou de l'€. Et si le problème de la France, j'avance en marchant sur des oeufs, c'était nous, notre repli constant sur nos croyances et notre désenchantement.
Qu'avons-nous laissé faire de la France, chacun avec sa responsabilité?
Les prochaines semaines, je le pense, vont être extrêmement excitantes. Peut-être bouleverseront-elles notre manière collective d'aborder le sens de la nation d'elle à elle, d'elle à l'Europe et de l'Europe au monde.
Je crois que la garde Républicaine, partout en France, peut encore être là pour réunir les pièces d'un idéal qui, normalement, aurait dû demeurer un et indivisible, mais que nous avons laissé se disperser, tous, sans mesurer combien cet éparpillement nous met en souffrance.
Alors je ne crois toujours pas aux fausses clés pour ouvrir de vraies portes. Je suis ainsi.

Il y aura un juge de paix. Non, il y en aura, au bout du chemin, deux.
Le peuple, souverain par définition. La porte, ensuite.
Je ne sais lequel est le plus important.
Je vois la clef de M. Bayrou. Est-ce qu'il me plaît de voir son ascension dans les sondages. Je la suis. Elle ne m'étonne pas. Ne sommes-nous pas dans un système de vase communicants à contenu constant, ce qui entraîne nécessairement que les fluctuiations dans l'un se traduise pas des fluctuations dans l'autres.
Mais je pense que nous sommes un petit peu plus que les fluctuations qui peuvent ressortir de notre hésitation.
Alors, je me place du point de vue de l'ensemble du contenu, de sa cohérence. Et je regarde M. Bayrou avec sa clef.
Elle est de nature à ouvrir ou à contribuer à ouvrir quelque chose. Il est résolu à former un gouvernement d'union nationale. Qui s'en plaindrait. L'idée est séduisante. Si elle séduit d'ailleurs c'est qu'un grand nombre d'entre nous sont las d'un état de "guerre" dont ils ne saisissent plus l'enjeu et je les comprend. Oui, je les comprend. L'enjeu nous échappe, c'est donc qu'il n'y a pas en assez grand nombre de personnes pour le rendre intelligible, rappeler comme il peut être vivifiant.
Mais je crois que ce qui importe, avant de rejeter la "guerre", c'est l'enjeu de celle-ci, essayer de s'en resaisir. La citoyenneté tient à ce qui mérite d'engager la jeunesse de son corps et de son esprit. Elle n'est pas la paix des las.
Elle est ce que l'on obtient par sa résolution.
M. François Bayrou, installé dans la posture d'arbitre qu'il a choisi, mu par les principes de victimisation de l'empire médiatique par lesquels il s'est présenté et élevé jusqu'à nous, nous promet, c'est ce que je déduis, personnellement de son invite, un avenir à base d'irrésolution qui prend pour base ce que nous pouvons tenir pour un hiatus de l'expression de suffrage universel. La cohabitation en France et, modèle auquel il nous invite, celui du gouvernement de coalition d'Angela Merkel.
Il est inconcevable de construire un projet politique qui simule, pour fonctionner, des accidents ou des aberrations de la démocratie.
Je pense que, même son un joli emballage, cela reste au minimum une fausse bonne idée de l'ingénu.
(...)
Et s'il fallait faire nécessairement un travail de deuil pour réaliser le travail de renaissance. Et si ce que méritent les Français, mes compatriotes, nos compatriotes au moment où vous me lisez, c'était cela. Uniquement cela.
Et si, aussi, au delà des figures imposées, cette Présidentielle, ce printemps 2007 qui nous fixe rendez-vous, c'était cette belle et prometteuse échéance à nous même.
Merci de m'avoir lu.
Elle ne mérite pas d'être flétrie.