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30.04.2007
La République des "Compromis durables"
Faut-il que nous ayons perdu une partie de notre sens commun pour que l’on puisse tenir pour une avancée démocratique un projet qui consisterait, ce qui est le projet de Mme Ségolène Royal ou encore d’Arnaud Montebourg, à définir la République comme le lieu de «compromis durables» alors qu’elle est, doit être, doit redevenir le lieu où l’on établit, librement, souverainement, les politiques qui servent, constamment, l’intérêt général.
C’est l’intérêt général qui, le cas échéant, commande à des compromis. Ce ne sont pas les compromis politiques, sociaux et corporatistes qui définissent ce qu’est l’intérêt général.
Il n’est pas indifférent de s’attarder sur ce point. Car c’est ce qui distingue la Ve République de la IVe que nous avons connu et de la VIe que certains promettent au peuple français comme étant la voie de la paix et de la résurrection nationale.
De Gaulle, dans son discours de Bayeux, le 16 juin 1946, a sans aucun doute su dire l’enjeu en quelques mots. Il l’a résumé, selon moi, pour longtemps.
« Des Grecs, jadis, demandaient au sage Solon : Quelle est la meilleure constitution ?
Il répondait : Dîtes-moi d’abord pour quel peuple et à quelle époque ?
Aujourd’hui, c’est du peuple français qu’il s’agit et à une époque bien plus dure et dangereuse ! Prenons-nous comme nous sommes. Prenons le siècle tel qu’il est.(…) Toute notre histoire, c’est l’alternance des immenses douleurs d’un peuple dispersé et les fécondes grandeurs d’une nation libre groupée sous l’égide d’un Etat fort ».
Que dire d’un homme qui avertit si bien un peuple entier, y compris dans sa postérité, sinon qu’il le rend deux fois tel qu’il est.
Nous sommes revenus à ce choix. Il se représentera souvent encore dans le futur et certains, toujours, trouveront plus facile de le diminuer à ses disputes, le réduire à l’administration démocratique des divisions, pour assurer sur le peuple un règne ordinaire propice au destin ordinaire.
Si nous ne parlons pas de la grandeur de la France, nous ne parlons pas de la qualité du rassemblement par lequel nous assurons le rayonnement de nos valeurs. Si nous ne croyons pas en la grandeur de la France, alors, il ne nous reste qu’à vaquer à nos occupations, à veiller jalousement sur l’illusion des acquis qui se désagrègeront.
Or, dans un monde qui est celui de la mondialisation, quelle nation, plus que la nôtre, manquerait à ce qu’elle est en renonçant à porter des valeurs et une ambition universaliste qui dirait, particulièrement, là où les démocraties sont meurtries ou défigurées, comment un peuple sait être uni.
La mondialisation nous demande d’être plus intelligents, créatifs, volontaires, solidaires, conscients. Elle nous demande de nous dépasser parce que les autres, la plupart des autres nations, sont dans le temps du dépassement.
La mondialisation nous pousse surtout à avoir une démocratie d’avance.
Elle ne peut reposer sur des archaïsmes. Elle ne peut reposer sur des utopies.
Il faudra que la candidate à la magistrature suprême, Ségolène Royal, qui vient de confier à monsieur José Bové une mission sur la «suffisance alimentaire», dise clairement ce qu’elle pense du «droit à la désobéissance civile» dont l’ancien candidat alter-mondialiste est un des porte-étendard, ce qu’il s’agisse des OGM, des reconduites à la frontière, ou encore de la centrale EPR au sujet de laquelle il a appelé à «démonter» les pylônes au fur de leur installation.
Lorsque le gouvernement De Villepin a créé le Contrat Nouvelle Embauche, la présidente de la Région Poitou-Charente a publiquement annoncé qu’elle supprimerait les aides aux entreprises qui embaucheraient des salariés en CNE. C’est une étrange manière d’être du côté du respect de la loi et du côté de la liberté des entreprises.
Etre réfractaire à la loi de la République, c’est être réfractaire à la République.
Le seul à pouvoir dire la régularité de la loi, c’est, en toute indépendance, le Conseil Constitutionnel. A défaut, la République devient celle du préjugé, de l’exaltation, de l’arbitraire et de la théâtralisation médiatique.
Le bilan du gouvernement auquel a participé Nicolas Sarkozy pourrait être meilleur mais l’action de ce gouvernement a permis de rapprocher l’Etat de ses fondamentaux et de regagner en performance et en cohérence.
La lutte contre le chômage, la lutte contre l’immigration irrégulière, les avancées en matière de logement et de définition d’un droit au logement opposable constituent des avancées significatives. La réforme des retraites, celle de la Sécurité Sociale, ont été entamées par ces gouvernements successifs.
La mise en place de LOLF, dont la mise en place a bénéficié d’un consensus, permet de mesurer l’efficacité des politiques publiques, de rendre des comptes à la nation, de redéployer et de corriger ce qui ne va pas avec la réactivité nécessaire. Il faut poursuivre cette œuvre pour restaurer une pratique objective du budget de la Nation.
Le budget de la nation redevient un endroit où un chat retrouve ses petits, où les gens peuvent voir pris en compte l’intérêt de leurs enfants. Un peuple souverain ne regarde pas que son intérêt car il y a peu du confort au conformisme.
Une grande nation, une nation digne porte en elle le souci d’un bien qui porte jusqu’à ses enfants, les valeurs qui les animent et les charges qui leurs sont imposées. Sa tradition, c‘est ce choix qu’elle fait par-dessus ses distractions, ses libertés, pour dire et maintenir qu’elle ne perd pas de vue, au gré des conjonctures, ce qu’elle sait être plus important que tout.
C’est la limite du contrat social de Jean-Jacques Rousseau dont dérive, d’une certaine manière, la vision et l’organisation de notre pacte social.
On peut se demander – les Français le font - s’il n’est pas invoqué abusivement au nom de la sauvegarde du «service public», de la nécessité de maintenir des privilèges qui seraient des avant-postes du progrès social promis à tous, et s’il représente aujourd’hui la coordination des intérêts particuliers à l’intérêt général.
L’efficacité de notre démocratie aurait été si grande et bénéfique si l’opposition politique et syndicale s’était affranchie des positions idéologiques fondées sur la défense d’un pacte social qui n’est plus représentatif ni sincère.
Nous aurions réalisé alors des réformes dont la seule question qui vaille est de savoir si elles sont nécessaires ou pas. Nous savons qu’elles l’étaient déjà en 1995.
Le bilan de la gauche, dans ce temps où la plupart des gauches européennes ont accompli leur mue, est là.
Il est lourd.
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28.04.2007
Registre démocratique
Permettez-moi de dire d’abord combien me semblent curieux les soutiens actifs et explicites de Romano Prodi et de M. Zapatero à la campagne de Ségolène Royal, et, plus encore, à la structuration partisane de la politique française autour du centre de François Bayrou.
Que je sache, ni Angela Merkel, ni Tony Blair, ne se sont engagés, es qualité, en faveur d’un ou d’une candidat(e).
J’ignore s’il s’agit d’une première, en tout cas, c’est suffisamment exceptionnel pour mériter quelque attention, car ces soutiens rompent avec la réserve respectée, habituellement, quelle que soit l’affinité que les uns et les autres peuvent avoir par ailleurs, par des chefs d’Etat et des chefs de gouvernement à l’égard d’une campagne.
Que le chef du gouvernement italien, à peine remis d’une recomposition, vienne étayer et promouvoir hors de son pays un modèle sur lequel pèse toujours l’incertitude, constitue une étrange manière de considérer la neutralité de l’Etat et le respect de la souveraineté nationale.
C’est à se demander s’il ne fait pas à la fois, à travers ce soutien médiatique exagéré et déplacé, une publicité pro domo pour tenir sa propre coalition et, en souscrivant à une identification de M. Sarkozy à M. Berlusconi, s’il n‘est pas surtout dans une campagne intérieure.
Cela ne doit pas porter à conséquence quant aux relations ultérieures entre nos deux pays, mais le peuple français mérite de se placer au dessus des euphories pseudo démocratiques auxquelles on voudrait les lier.
S’il suffisait d’un débat pour soulever la France, alors il y aurait à se réjouir de celui que se sont aménagés Ségolène Royal et François Bayrou, au mépris d’une certaine décence à l’égard de l’esprit de l’élection présidentielle. Oui, c’est vrai que pour beaucoup de nos compatriotes, c’est une bonne chose de voir le parti socialiste redevenir, sous la contrainte la réalité électorale, intelligent et réformiste. Mais, dans cette précipitation médiatique, le numéro confine au transformisme.
Il ne suffit pas d’un débat providentiel dont il faudrait comprendre qu’il a été « arraché » à des puissances démoniaques maintenant, sous l'influence du candidat de l'UMP et de ses réseaux occultes, sur ce pays un carcan.
Cette fantasmagorie n'est pas sérieuse. Elle n’est pas digne de la démocratie probante à laquelle, pourtant, les protagonistes de ce piètre épisode prétendent œuvrer. Quand on se dévoue à une telle démocratie, on commence par des scrupules, on commence par la vertu, on commence par la clarté.
Il ne suffit pas d’une manœuvre politico médiatique, et de postures indignées d'autant plus pré fabriquées qu'elles supposent la caricature d'un adversaire "berlusconisé", "bushisé", "poutinisé". Il ne suffit pas de jeter la suspicion sur le candidat en tête.
J’entends qu’au premier tour on qualifie et qu’au second on élimine. Etrange, tout de même, qu’on entretienne une telle mise en abîme. Je le dis tout de go, est-ce cette République que l’on veut inaugurer là ?
Pour soulever la France, le seul levier c’est l’adhésion, la détermination, la dignité.
M. Sarkozy sera sans doute attaqué sur le bilan du gouvernement. Nous voilà quand même dans une situation curieuse puisque ce gouvernement, sous la censure d’associations, de groupes divers, est sommé de ne pas pouvoir même se prévaloir des bons chiffres obtenus en matière d’emploi, en matière de droit au logement, en matière de modernisation budgétaire (LOLF), etc.
Je doute que cette frange de nos compatriotes souhaite une amélioration de la situation française se faisant aux dépens de leur dogme. Je crois que ce qui se passe aujourd'hui, dans ce domaine de la mise en cause des indicateurs, au delà du doute raisonnable que comporte ces polémiques, touche à ce désespoir face à la réalité.
Où allons-nous si l’impartialité de l’Etat doit être accréditée par des associations citoyennes, des ONG, des cénacles nés en génération spontanés, d’autant plus actives qu’elles militent politiquement pour que l’intérêt général passe par la définition qu’elles se font de lui.
Le projet de consacrer un statut de l’opposition est une manière, la seule sans doute, de mettre fin à la République à irresponsabilité illimitée où l’opposition, quelle qu’elle soit, a beau rôle et qui a été préjudiciable à la modernisation de l’Etat et de sa démocratie. Car si un gouvernement a un bilan, l’opposition aussi.
Le gouvernement a un bilan. Il pourrait être meilleur. Au fond, nos compatriotes savent qu’il aurait même pu l’être si l’opposition avait été plus responsable et lucide. Sur la séquence 1995-2007, les Français peuvent déplorer, au-delà de leurs convictions, la perte d’énergie démocratique que constitue des échecs tels que le blocage sur des réformes nécessaires (1996), le « Non » au référendum européen auquel le PS, en accréditant un plan B qui n’existait pas, a donné vie au-delà de ce qu’il aurait dû avoir.
Oui, une opposition a un bilan aussi.
M. Nicolas Sarkozy, déjà, doit se poster au-delà du simulacre. C’est l’avance qu’il doit maintenir.
Le chemin vers la fonction présidentielle procède, hors de toute posture, de cette mise en vérité personnelle.
C’est la différence majeure qui doit le distinguer, particulièrement lors du débat télévisé qui l’opposera à Mme Ségolène Royal, de sa rivale. Si elle souhaite incarner, librement, le prolongement du simulacre démocratique, de ses habiletés et tractations, ce à quoi cet entre deux tours lui a donné tout loisir de s'adonner finalement avec François Bayrou, le candidat Sarkozy doit à cette nation d’incarner un tout autre registre démocratique.
11:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2007
Gl 581c
La découverte d'une planète baptisée Gl 581c « potentiellement habitable » dans le proche voisinage de notre système solaire est un véritable événement. D'abord, nul n'attendait si tôt une telle découverte. Ensuite, sa proximité – relative certes puisqu'elle se trouve à 20 années-lumière – permet d'imaginer que les caractéristiques permettant le développement de la vie ne sont exceptionnelles.
C'est une bonne nouvelle pour l'espèce humaine.
A 30 km/s, facteur 10-4 de la vitesse de la lumière, qui est l'actuelle vitesse maximale d'un « vaisseau » d'origine humain, il faudrait 20 000 années pour atteindre cette planète.
C'est peu et beaucoup.
Mais si la technologie spatiale humaine permettait de passer à 300 km/s, voire à 3 000km/s, vitesses dont il est difficile de penser qu'elles demeureront inaccessibles, alors ce troisième millénaire est celui où le mot universel prend tout son sens.
D'une certaine manière, ce que j'ai écrit, dans l'intervention intitulée De la nature du IIIe Millénaire, voir mai 2006, a trouvé en quelques jours deux confirmations que je n'attendais pas.
15:30 Publié dans Nous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gl 581c, Futur
23.04.2007
Les leçons du premier tour
Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle constitue déjà une bonne nouvelle pour la démocratie française. Il prouve que le corps électoral a évolué depuis 2002 et que le renouvellement des forces politiques est en cours. Il n’a pas fini de se faire.
Le candidat qui articule le mieux l’intérêt de la France est logiquement Nicolas Sarkozy qui cumule un score historiquement haut, tant en pourcentage de suffrages qu’en volume de voix.
L’UMP a tenu sa promesse, car il a élargi les scores obtenus auparavant par le RPR et réussi son rassemblement au-delà, déjà, de son cercle partisan.
Sa rivale Ségolène Royal, pour le parti socialiste, peut être satisfaite également. D’abord, elle a épargné, malgré la menace de François Bayrou, à son parti une élimination au premier tour qui aurait été cataclysmique. Ensuite, sans que cela soit le fait du vote utile, elle a réuni son camp, ce que son prédécesseur, Lionel Jospin, n’avait pas su ou pu faire.
Ce scrutin signe la fin, ou tout au moins le début de la fin, d’un certain nombre d’utopies et de postures protestataires jugées encombrantes par une majorité des Français.
Le premier acte possède une logique.
Elle s’est réalisée, finalement.
Il n’y a, en dehors de cela, aucun titre de gloire duquel se prévaloir.
A ce stade, les deux seuls gagnants sont ceux qui sont parvenus au second tour comme le seul gagnant, à l’issue du second tour, sera celui ou celle qui sort vainqueur des urnes.
On peut jubiler avec François Bayrou ou pleurer avec Le Pen, sur la capacité de nuisance acquise ou perdue, les Français, s’ils sont las d’un système, c’est notamment de celui qui donne à une minorité – fut-elle électorale - une capacité d’interférence, de nuisance et de blocage susceptible de dénaturer la représentation des enjeux réels auquel ils veulent pouvoir, puisqu'il n'y a que de cette manière que l'on peut résoudre les problèmes, revenir.
M. Bayrou s’est posé hier comme le dépositaire de sa «révolution orange» qu’il gardera d’autant plus jalousement qu’elle a pris un sérieux coup dans l’aile. Il en est déjà le propriétaire comme Le Pen, avant lui, l’était de sa force de frappe électorale, mais les futures législatives menacent de lui faire tomber un certain ciel sur la tête.
Quelle est la logique du second tour ?
Elle ne sera pas une logique de partis car le second tour d’une élection présidentielle, en dépit des opérations destinées à faire de lui, en partie, un élément de la future représentation législative, n’est pas le premier tour d’une élection législative.
Le choix se dessine déjà.
Nicolas Sarkozy personnalise, sur le thème du rêve français, un destin personnel, dessinant sa nouvelle frontière, s’inscrivant et s’assumant pleinement dans le registre de l’avènement républicain qu’il entend incarner.
Ségolène Royal, elle, se pose en candidate de la dépersonnalisation de l’élection présidentielle, celle de «La France présidente». Ce slogan parle de lui-même. Elle a prononcé un discours millimétré, dont la rédaction semble avoir requis beaucoup de temps puisqu’il a fallu attendre une heure tardive pour connaître sa déclaration officielle.
Déjà, son discours est destiné à séduire l’électorat de François Bayrou en reprenant des thèmes communs (référendum pour un nouveau traité européen, «Etat impartial», «Insoumission aux puissances médiatiques ou financières») qui a voté pour François Bayrou.
Cet électorat peut ne pas être dupe de ce jeu consistant, en définitive, de poser, d'une manière trop systématique pour correspondre à la réalité, que Nicolas Sarkozy est asservi aux dites puissances, qu'il est celui d'un bilan, ou encore celui d'un "système".
Nicolas Sarkozy n'a pas tendu la main. Il a parlé. Il s'est posé au coeur de l'affirmation de sa République et redit ses principes. Il ne s'adresse pas à ceux qui ont déjà voté. Il s'adresse aux Français qui voteront demain. Il est dans la projection.
Il y a donc deux articulations distinctes, l’une étant plus directe que l’autre. Plus que deux projets, ce sont deux manières très différentes d’aller au peuple, d’aller à la résolution de son avenir.
Pourtant, quelle que soit l’habileté de la gauche et de ces professeurs, l’équation au second tour risque de n’avoir rien à voir avec l’équation du premier tour et n’a que peu de chose à voir, au delà de la certitude d’un clivage net marqué par une large domination de la droite sur une gauche à son étiage, avec l’arithmétique combinatoire.
C’est, selon moi, la marque que nous changeons de temps politique. Cela va au delà de ce que nous avons connu jusqu’à lors. Ce que l’on a tenu pour un brouillage des lignes quand Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal ont repris des thèmes, des symboles, des figures tutélaires extérieures à leur dogme courant, est en fait un dépassement nécessaire d'un état démocratique périmé.
Mais Nicolas Sarkozy, là est son succès, est allé sans tabou bien au delà de Ségolène Royal qui, même en répétant avec insistance à quel point elle est libre puisqu’elle sait être absente aux rendez-vous qu'elle a avec les médias et qu’elle est disposée à revoir nos institutions, exprime peut-être dans cette revendication si démonstrative, qu’elle ne l’est pas autant que Nicolas Sarkozy.
Les peurs sont en train de nous quitter. La confiance est en train de revenir.
Peut-être le parti socialiste, en produisant une rhétorique fondé sur la peur que leur rival de l’UMP, considéré par lui comme un "danger pour la France", devrait inspirer aux Français participe-t-il directement à dissiper cette peur.
Il oppose, semble-t-il, une fin de non recevoir au voeu du candidat de l'UMP pour un débat du second tour digne et respectueux.
C'est une erreur stratégique considérable, selon moi, et la preuve qu'il est confronté à une réel politique - des voix de Bayrou à celles de l'ultra-gauche - assez insoluble, sauf à sacrifier finalement une République qui ne fonctionne pas suffisamment sur le mode de la synthèse, puisqu'elle fonctionne sur celui du rassemblement.
C'est en cela, sans doute, qu'il faut voir que l'Etat n'est pas aussi impartial qu'il le devrait.
Mais tout cela, c'est le fruit de la représentation des enjeux de la démocratie ramenés à la dialectique historique de la gauche du XIXe siècle, non pas les enjeux de la démocratie d'aujourd'hui, préludant à celle de demain.
L’attente, désormais, au cours de ces quinze derniers jours qui nous séparent du second tour, est de voir ce cycle des peurs françaises s’achever par une adhésion, et une recomposition par la confiance.
C'est tout le mal qu'on peut lui souhaiter.
Alors, et seulement alors, nous pourrons considérer que nous entrons dans une ère nouvelle, avec, à la clef, une regénération déterminante que les menaces de troisième tour social et toute cette pagaillerie n'entameront pas.
Alors, et seulement alors, les questions, comme celles de l’Euro fort, de l’élargissement, du marché, de notre rapport avec l’Amérique, de notre rapport au travail, de notre modèle social, qui obnubilent notre vie politique, nous paraîtrons subsidiaires tant il est vrai qu’elles sont nées d’un tourment démocratique, alimenté aux extrêmes et mis au service d’ambitions partisanes.
Elles aussi seront dépassées.
La démocratie nous sera alors restituée, dans la lettre et l’esprit.
11:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les échecs de la France
12/03/2007
L’annonce du président de la République, ce dimanche 11 mars 2007, nous place dans un temps crucial pour la France et permet au candidat à la succession issu de l’UMP, et, au-delà aux candidats qui iront aux législatives en se réclamant de ce mouvement, mieux qu’à d’autres, de finir de relever les perspectives.
Par son propos, le président de la République offre un levier à M. Sarkozy. Le candidat de l’UMP peut s’en saisir afin de lever un nouvel état démocratique en pleine phase avec l’idéal constant qui anime, malgré leurs différences, les habitants de notre pays.
Il doit les unir.
Je veux dire, là, à quel point il importe d’opérer sur la société française la décantation nécessaire et installer la nation, ses femmes, ses hommes, ses enfants, dans l’assurance d’un nouveau temps, dans celui d’une dessein national.
J’entend bien, à travers le bilan qui va de « sévère » à « réservé » en passant par « nuancé » qui est dressé ici et là de l’action de Jacques Chirac au cours de ses deux mandats, comment la démocratie médiatique peut contraindre le candidat de l’UMP aux réserves émises, c’est-à-dire le contraindre à son propre prisme.
Ce prisme mérite d’être dépassé.
Il y a lieu de dire, en effet, que les échecs de Jacques Chirac sont aussi les échecs d’une France qui aurait dû reconnaître et donc répondre, sans trop de détour, à son propre intérêt quand elle ne l’a pas fait.
Quand on consent à des réformes indispensables avec dix ans de retard et qu’il faut encore les arracher, ce n’est pas, les Français doivent en être conscients, une victoire indiscutable de la démocratie.
Quand on rejette l’Europe comme cela a été fait, en utilisant une question primordiale pour notre avenir et pour notre crédibilité comme un exutoire, ce n’est pas la victoire du peuple.
Il est possible de se contenter de dire que la démocratie, c’est, au nom de la tradition, de la liberté des expressions, au nom de sa propre intangibilité, l’enfermement mutuel dans une logique d’essoufflement.
Mais il est possible de dénoncer l’hérésie au bon sens, au plus élémentaire de nos intérêts communs, que cela représente. Il est possible de dénoncer le tarissement que c’est.
Il faut quand même mesurer que cette démocratie a produit, ici plus qu’ailleurs, une résurgence considérable de l’extrême droite, une remontée de l’extrême-gauche, la percée aujourd’hui d’un centre, toutes choses qui peuvent sembler naturelles, conformes à la démocratie, et qui ne le sont pas.
Aucun de ces phénomènes protestataires n‘est une solution. Chacun est le symptôme d’une démocratie qui tâtonne dans l’obscurité dans laquelle elle s’est plongée elle-même, éteignant une à une, sous les injonctions de sa propre désillusion, de jeux politiciens malsains ou d’utopies politiques, les principales sources de son éclairage, de sa raison, de sa motivation.
Au nom de quoi, en effet, les Français devraient-ils se condamner eux-mêmes à tel degré d’inconséquence?
Sans doute pas au nom de cette République ouverte sur la réalité du monde, intéressée à sa promesse, engagée dans l’accomplissement de l’Histoire, dont l’actuel président de la République s’est fait l’interprète et le pionnier, et d’une certaine manière le transmetteur à la charnière de deux mondes, qui bascule au 11-Septembre 2001, marqué par les attentats bien sûr, mais aussi par l’ouverture du cycle de Doha.
C’est bien de ce relais qu’il s’agit. Le relais des valeurs, ce qui semble faire l’objet d’un consensus, mais plus encore celui de l’ambition française qui n’a pas d’autre portée, si nous l’étayons et l’approfondissons comme elle mérite de l’être, que le monde de demain, celui que nous voyons naître sous nos yeux.
M. Sarkozy est bien placé pour appeler, sur ce socle là, nos compatriotes à dépasser des divergences harassantes, rejoindre et porter l’idée de cette France là dans ce monde là, ce à quoi sa propre histoire, son peuplement, sa constitution historique et ses valeurs l’ont conditionnés.
Cette idée de la France, ce n’est pas un bidule incantatoire au milieu de nulle part.
C’est une figure de proue qui peut diviser les eaux et entraîne l’effort, la volonté, le rêve, la foi, la transformation d’un pays qui ne peut pas, indéfiniment, s’inscrire en faux par rapport au mouvement irréversible de l’histoire.
Cultiver notre singularité, c’est autre chose que cultiver la divergence.
La grandeur de ce pays procèdera de notre faculté commune à transcender, au plus vite et au mieux, cet état démocratique devenu tel que peu d’entre nous, au fond, peuvent et ont envie de s’y reconnaître.
Ce n’est pas gouverner au centre, comme nous nous serions condamnés, quels que soient les gouvernements, à le faire, c’est gouverner selon notre meilleur diapason, celui de notre projet collectif et de ce que nous sommes prêts, pour le faire rayonner et le rendre utile et attrayant, à lui consentir.
C’est vrai, il ne faut pas le cacher.
La nation, cette nation, est plus près là du travail que du loisir.
Elle se tient plus près là de l’épreuve que des acquis sociaux.
Elle tient davantage dans la concorde que dans la dispute.
Elle est plus haute en idéal que celle tenue simplement au pacte social.
La nation, cette nation, est plus ambitieuse qu’elle n’est idéologique.
Mais cette nation est surtout plus enthousiasmante et moins désinvolte que celle qui nous est lentement tombé dessus et menace de nous ensevelir sous sa poussière grise faisant de nous le pays le plus réfractaire à l’économie de marché, faisant de nous le pays où la productivité est la plus basse.
La globalisation des échanges est l’instrument essentiel de la transformation du monde.
Mais après ce cycle difficile, qui bouleverse des positions de domination économique, suscite la concurrence et créée un essaimage qui est loin d’être prédateur pour ceux qui en bénéficient et se lèvent de leur misère, c’est un autre cycle qui attend les générations futures et ce cycle sera celui de la mutation du libéralisme sur les bases de ce dont nous l’aurons nourri, pas sur celles par lesquelles, pour l’empoisonner, nous nous serons empoisonnés l’esprit.
S’il y avait quelque chose à opposer à M. Ben Landen, à ceux qui l’admirent, le rejoignent et s’identifient à lui, à ceux qui encore et pour longtemps, sous d’autres visages, rêveront de lui ressembler, c’est qu’il faut croire dans le meilleur de l’Homme.
J’ai même pensé que cela pourrait être une devise pour l’Union Européenne, son affirmation constante, pour les temps qui viennent, quant à ce qui forme et est à l’origine de toute richesse. M. Ben Laden n’est pas dans cette devise et ne lui est pas compatible.
J’aimerais enfin, plus concrètement, attirer l’attention sur le fait que lorsque Al-Qaïda menace de s’en prendre aux intérêts ou aux ressortissants de tel ou tel membre de l’Union Européenne ou qu’elle en prend en otage (Italiens, Allemands ou encore Autrichiens), elle s’en prend avant tout à des Européens.
Si l’identité européenne doit devenir une extension naturelle de l’identité des divers nationaux, c’est par l’affirmation que qui menace l’un menace tous et que nul ne peut, indépendamment des considérations de politique étrangère de tel ou tel, nous désolidariser.
Je voudrais en conclusion réitérer ma conviction s’agissant du règlement institutionnel européen et de l’hypothèse que j’ai pu déjà échafauder. Il serait tout de même consternant –même si rien ne l’augure - que les Néerlandais parviennent avant nous, à se reprendre et à le montrer.
On ne les entend pas sur le sujet mais ils sont confrontés au même problème, dans les mêmes termes que nous et, très certainement, disposent-ils, dans ce contexte, d’une opportunité pour réaliser un joli coup moral et politique.
Sauf le respect que j’ai pour les Hollandais, je trouverais profondément désolant pour mon pays que ce soient eux qui retournent une situation qui ne peut pas demeurer dans le sens où elle a été mise par eux et par nous, et qui nous isole de manière telle que le premier qui permet d’en sortir pourra se prévaloir de quelque chose.
A tel point qu’un homme politique ou un gouvernement avisé hollandais pourrait distinguer, en le faisant rebondir, son peuple dans cette Europe aux dépens du nôtre. Nous nous trouverions alors dans une posture au moins désobligeante.
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Apophis
En 2036, un astéroïde baptisé Apophis, d’une taille de 320 m, constituera un risque de collision avec la Terre. Le Monde consacrait, le 19/04/2007, une double page au péril de collisions d’objets célestes avec la Terre et aux différentes stratégies pour y faire face.
La menace que représente Apophis, même si elle n’est exprimée encore qu’en degré de probabilité, m’amène à considérer cependant ce que j’avais écrit, dans une intervention intitulée De la nature du IIIe millénaire, publié ici le 26 mai 2006, sur la nécessité de la mobilisation, toutes sciences confondues, de l’humanité pour développer toutes techniques susceptibles de nous permettre de triompher des menaces pensant sur nous.
J’insistais alors sur la conscience que nous devons avoir de la vocation du genre humain à s’inscrire, au plus tôt, dans une nouvelle perspective qui nous place bien loin des moratoires sur les OGM, sur le développement du nucléaire, sur la génétique.
Voici, repris partiellement, le texte de référence que je mentionne:
"
…………
Sans se situer du côté des peurs millénaristes, il n’est pas difficile d’admettre que jamais jusqu’à présent il n’a semblé plus justifié d’avoir des craintes pour l’avenir et par conséquent d’avoir l’ambition de mobiliser les politiques industrielles, technologiques, humaines destinées à permettre, le plus rapidement possible, à l’humanité d’échapper à un éventuel désastre et de construire son projet d’essaimage, réclamant le concours de l’ensemble des sciences du vivant, de la physique et de l’humanité.
Il conviendrait de les soutenir du mieux que l’on peut.
Cela ne saurait tenir uniquement aux capitaux injectés, mais à la mobilisation, dès l’école, des intelligences tournées, in fine et toutes contributions confondues, vers ce but d’excellence.
Normalement, nul ne doit être exclu d’un tel programme.
A fortiori, nul ne doit, par idéologie ou fanatisme, s’exclure lui-même ou exclure les siens.
………..
Quel jour, quelle semaine, quel mois, n’apportent pas un élément de savoir de plus, participant directement ou indirectement à cette conquête et (ou) à la compréhension des obstacles à franchir?
Qu’il s’agisse de la traque des exoplanètes, situées au proche immédiat de notre système solaire, ou encore du décodage de l’adn, du génie génétique, des recherches sur l’énergie, tous ces éléments de connaissance trouvent nécessairement des applications quotidiennes concrètes aujourd’hui, mais elles se placent dans la perspective d’un défi universel au sein duquel chacun, quelle que soit sa nation, sa culture, a vocation, au-delà de lui-même, à prendre place.
Ce défi de la sauvegarde de l’espèce et de l’ensemble des choses qui lui est nécessaire est un défi auquel nous serons, ultimement, confrontés. Quand précisément ? Je l’ignore. Mais parce que je l’ignore, il est évident que cela me regarde déjà, et que, à travers moi, cela regarde ce que nous sommes et ce que nous entendons devenir.
C’est une tache qui va au-delà de ce que nous avons réalisé jusqu’à présent et dont la portée, parce qu’elle est ce qu’elle est, unifie l’ensemble des savoirs humains.
……….
Cette projection dépasse notre propre personnalité individuelle, étriquée. Elle est à la mesure de l’humain qui est en nous.
Il s’agira de transporter loin de celui qui est promis à disparaître avec nous, un monde du vivant vers des contrées inconnues et situées hors de notre appréhension du temps et de l’espace.
La technologie et la science à mettre en œuvre pour réaliser ce pas n’en sont, à l’heure où je parle, qu’à leurs prémisses.
Mais si nous n’avions pas à atteindre ce surpassement de notre condition, le destin de l’homme serait d’ores et déjà refermé sur lui-même et présenterait peu d’intérêt.
…………..
Sans doute sera-t-il souhaitable d’intégrer, un jour, au plus tôt dès que la nature des hommes y sera propice, à la charte de l’Organisation des Nations Unies, cette dimension, et d’énoncer l’intérêt supérieur que représente pour tous l’application à réunir les conditions pour favoriser l’atteinte d’un tel but. Le service de la paix entre les nations y trouverait une sur-justification majeure et, si la raison n’est pas aussi absente que certains le redoutent, il tiendrait chacun à la conception qu’il se fait ou entend se faire de son devoir.
Il y aura un nombre incalculable de matières à porter aux confins où nous sommes déjà attendus et parmi elles, puisque je suis à ce moment dans cette écoute, le concerto N°6, B-Major, BWV 1051 Allegro, de Johann Sebastian Bach et ce qui l’a inspiré : le monde en son entier.
…………
Difficile de dire si nous, en tant qu’espèce, serons à la fois disposés et capables de nous élever au niveau de cette exigence.
Nos enfants le seront.
Nous sommes sous leur regard."
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21.04.2007
L’état de mes pensées
10/04/2007
Je cesse à cet instant de réserver mes pensées à cette nation dite France qu’une culture politique déconcertante a lentement plongé dans l’hédonisme, formant un état médiatique contradictoire dont on voit de moins en moins comment il pourrait être surmonté et au profit de quoi.
Quelle langue faut-il employer pour se faire entendre de tous.
On peut penser qu’elle serait ou devrait être celle de Dieu ?
Mais quelle est-elle ?
Elle n’est pas celle des pouvoirs humains. Elle les couvre.
Elle est celle, selon moi, du futur de l’Homme, de sa permanence.
C’est de là qu’elle vient et c’est là où elle va.
Ma pensée va à ceux qui souffrent dans le déchaînement de l’œuvre historique en cours, à ceux qui sont pris dans les engrenages des violences, des démagogies ou des pauvretés.
Ceux là, avec les générations qu’ils forment, méritent plus que tous autres, notre attention et notre bienveillance.
Ma pensée, valant ce qu’elle vaut et englobant ce qu’elle englobe, va au Moyen-Orient et aux drames de ces peuples d’Irak, de Palestine et d’Israël, du Liban, d’Afghanistan, sur lequel une violence conjuguée déchaîne une absurdité qui ne procède ni ne relève ni ne peut se réclamer du Tout-Puissant.
Les terroristes et insurgés de toutes sortes, ceux qui osent encore calculer un quelconque renforcement ou maintien de leurs pouvoirs à partir des souffrances de la nation irakienne, devront relâcher leur emprise.
Ceux qui brouillent et compromettent régulièrement les efforts de paix et de conciliation par le recours au terrorisme ou par l’instrumentalisation et le procès d’intention ne participent en rien à l’édification de ce qui doit être et de ce qui sera retenu.
Rien en eux n’est compatible avec la dignité des nations qui se forment et se renouvellent.
Il y a un temps de l’intelligence à étendre au plus vite partout sur cette terre, de sorte de permettre aux nouvelles générations d’hommes et de femmes, à leurs enfants, d’éclore un nouveau rapport à la connaissance, et à en récolter les fruits.
Le principe du retrait des forces dites d’occupation formant la coalition américaine est acquis aujourd’hui. Il s’accomplira sitôt que les conditions de sécurité seront suffisantes et que la souveraineté de l’Irak sera garantie, ce que les Irakiens eux-mêmes doivent être effectivement les mieux placés pour juger et prendre en main.
L’Amérique ne doit pas perdre sur ce terrain, qu’il soit celui de l’assistance au retour de l’ordre ou celui, plus insidieux et fluctuant, de l’opinion publique qui est l’enjeu et la limite des démocraties, là où les ennemis de l’Irak veulent l’atteindre par le terrorisme et la violence.
Les régimes et les mouvements terroristes à l’œuvre dans cette région portent et multiplient les coups pour atteindre les démocraties là où ils les savent vulnérables. La toute fraîche démocratie irakienne est vulnérable quand la lassitude gagne les Américains épuisés par les pertes de leurs soldats et l’absence totale de résultats, et que cette situation devient elle-même enjeu de politique intérieure à un an des élections présidentielles américaines.
Tous nous devrions être aux côtés de l’Amérique, sans réserve car le temps des réserves est révolu. Le seul temps qui compte est celui de la renaissance et de la souveraineté de l’Irak martyrisé.
Quelles que soient les maladresses américaines en Irak, ils y oeuvrent et payent eux aussi un prix humain considérable. Leurs morts se confondent avec toutes les victimes irakiennes.
Il est consternant que des enjeux étrangers au bien et à l’unité de l’Irak s’entremêlent et croissent ici, bien loin de l’intérêt des Irakiens, pour contrarier le redressement, possible encore, de cette nation meurtrie et soumise à plusieurs délires, particulièrement celui des djihadistes, tous concordant à transformer une nation historique en "université du terrorisme".
Il ne peut commencer que par le retour de la sécurité et la reprise de l’activité économique.
Au cours de ces heures sombres, la démocratie irakienne doit dire et répéter son intransigeance et sa légitimité, la renouveler si besoin est. Elle connaît ses ennemis et les raisons qu’ils ont de brouiller l’horizon, d’accroître l’impopularité des Américains et de nourrir, par l’escalade d’un terrorisme aveugle, le sentiment qu’ils sont dans un bourbier sans issue.
Il faudrait être inconscient pour s’en réjouir.
Le retrait prématuré des Américains, qui semble souhaité de tous en 2008, bien loin de libérer le pays d’une « occupation » livrerait, s’il ne s’effectue pas dans des conditions de stabilité et de recul de la violence suffisantes, l’Irak à un autre enfer et à d’autres dépendances extérieures.
La démocratie irakienne doit pouvoir compter, par-dessus tout, sur le soutien, l’encouragement et la solidarité de l’ensemble des peuples amis.
Bien loin physiquement des Irakiens, je suis avec eux.
N'en déplaise à ceux qui prônent un Islam voué à ne pouvoir être assouvi que par le sang, le meurtre et la domination, le temps des guerres de religion est révolu. Le temps des religions, lui-même, est révolu. Seul vaut le temps de la concorde des religions autour de ce qui les fonde: la liberté et la dignité des hommes, leur échange de cultures, leur mutuel apprentissage de la richesse des uns à la richesse des autres.
Qu'il accomplisse son but dans un monde Un et Indivisible qui construit d'ores et déjà sa force et continue de déterminer, minute par minute, sa cohérence.
Ce combat est gagné d'avance.
L’Iran : quand j’imagine pour la monnaie de l’Euro qu’elle soit frappée par la devise : « Il faut croire dans le meilleur de l’Homme », l’Iran revendique sur ses billets l’image de l’atome comme signe de son émancipation et de son progrès.
Il est désormais généralement admis que le réchauffement de la température globale sur la planète atteindra dès le milieu de ce siècle un ou deux degrés et que les glaces aux pôles fondront en partie. Il s’ensuit désormais un discours quasi-apocalyptique tenu par les experts en climatologie et les écologistes.
Je m’en effraie car il porte en lui les conditions d’une pensée radicale faisant de l’Homme, de sa civilisation, l’auteur d’une sorte de péché originel responsable d’une sorte de fin du Monde anticipée.
S’il est naturel d’engager l’humanité dans une culture plus appropriée, équitable et durable de la gestion de ses ressources, il est indispensable de mettre en garde les populations et leurs gouvernants contre la crise irrationnelle que les phobies et l’obscurantisme peuvent engendrer au moment où, plus que jamais probablement, l’homme a et aura besoin de pouvoir compter sur la plénitude de son génie et de sa capacité de regénération pour faire face aux enjeux du siècle et d’un millénaire nouveaux.
Ils sont sans commune mesure avec ceux que nous avons déjà surmontés.
L’impact de l’activité humaine, s’il invite à la réflexion et à la mesure, n’est pas en tout cas un élément de culpabilisation et de diabolisation des progrès. Il doit être un facteur de solution et de responsabilisation.
Les chercheurs eux-mêmes devraient faire preuve de retenue dans l’exploitation d’une science qui n’est pas en état, loin s’en faut, de pouvoir présenter les gages de l’exactitude.
Le réchauffement de la température moyenne n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle, même s’il suppose des adaptations à des bouleversements probables.
Je pense, ici, au cycle de l’eau.
En effet, l’accès à l’eau est déjà et deviendra plus encore demain - si la population mondiale augmente dans les proportions établies par les démographes - une question vitale. Dans ce cas, la disponibilité actuelle en terme de réserves en eaux potables et en eaux destinées à l’agriculture est insuffisante pour assurer les besoins.
Le réchauffement climatique et la fonte des glaces ne constituent pas nécessairement un élément désastreux si l’on considère qu’un volume d’eau considérable sera injecté dans le cycle de l’eau actuellement disponible.
Cela va à l’encontre des thèses de la plupart des prévisionnistes, mais pourquoi ne pas considérer une dynamique climatique moins pessimiste, sur un terme moyen, que celle qui est agitée actuellement à notre horizon.
Claude Allègre est peut-être trop seul à développer sa critique.
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20.04.2007
Certitudes
18/04/2007
J’ignore si Spinoza fait déjà partie des grands auteurs dont les textes alimentent la pensée et l’esprit de critique des adolescents confiés à l’Education Nationale. Dans Ethique et Politique, il fournit pourtant une définition de la démocratie et de son caractère.
« Outre que, dans un état démocratique, l’absurde est moins à craindre, car il est presque impossible que la majorité des hommes unis en un tout, si ce tout est considérable, s’accordent en une absurdité ; cela est peu à craindre en second lieu à raison du fondement et de la fin de la Démocratie qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’Appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix ; ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule.
Au seul souverain il appartient donc d’y pourvoir ; aux sujets d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le Souverain déclare être le droit.
Peut-être, pensera-t-on, que par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense, en effet, que l’esclave est celui qui agit par commandement et que l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela n’est absolument pas vrai car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison. »
10:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Traité d'amitié franco-algérienne
11/04/2007
Au moment où, après les attentats d’Alger et ceux évités de peu au Maroc, la menace islamique se précise dramatiquement au Maghreb, le président (e) de la République aura, au cours des mois et des années qui viennent, à raviver et porter à son terme, avec son homologue, le traité d’amitié franco-algérien.
Il constitue une pièce maîtresse de la stabilisation de la démocratie algériens et doit purger les contentieux qui empoisonnent nos relations et compromet, plus encore, la nation algérienne.
Cela la rend vulnérable, d’une certaine manière, à l’onde djihadiste et aux islamistes qui n’ont aucun désir de voir le traité d’amitié aboutir.
Quand Al-Qaida vise les régimes du Maghreb et entend s’en prendre à la France, les deux pays doivent pourtant se saisir résolument de l’opportunité que leur procure la conclusion du traité.
Une telle initiative, à contre temps de l’entreprise de déstabilisation terroriste menée par l’ex-GSPC, apporte une réponse au terrorisme en établissant en profondeur ce qu’il y a d’indéfectible et de légitime dans l’alliance que des nations telles que les nôtres peuvent avoir entre elles, même lorsque leur histoire est entachée par tant de drames.
Même s’il n’est évidemment pas de même nature, l’enjeu est comparable à celui qui a permis de consacrer, en 1963, l’amitié franco-allemande.
Elle n’est évidente aujourd’hui que parce que les deux pays ont décidé, par-dessus leurs querelles, par-dessus les séquelles des guerres, par-dessus l’atavisme historique auxquelles elles auraient pu décider de se soumettre, de se donner les moyens de l’instaurer.
Il y a donc pour l’Algérie et la France, maintenant, une opportunité exceptionnelle d’exprimer, au moment le moins attendu, leur volonté d’établir une relation profonde et durable.
L’Algérie, aujourd’hui, en a plus besoin que la France.
Elle a un besoin vital.
Elle se trouve dans situation et est confrontée à un péril de nature à lui en faire prendre conscience.
Jusqu’à présent, l’élaboration du traité a été encore contrariée par de nombreuses difficultés, y compris celles relatives à la situation interne au pouvoir algérien qui a tenté de réduire le danger islamique en donnant des gages multiples aux fondamentalistes, sacrifiant sans doute le processus en cours à un espoir de paix civile.
Il semble évident que le traité d’amitié, au cours de ces années, a fait les frais de cette tentative de conciliation politique et que la surenchère dans le procès du passé colonial «génocidaire» de la France intenté par M. Bouteflika, constitue vraisemblablement un élément voire un artifice de cette stratégie.
Elle a échoué et n’épargne pas l’Algérie, exposée plus que jamais, plus que les autres pays du Maghreb, aux attaques d’Al-Qaida.
Le risque est considérable pour l’Algérie elle-même, pour ses voisins, pour les rapports des uns à l’autre et la stabilité de la région.
C’est dire combien l’Algérie doit, au-delà de la coopération avec les services français en matière de lutte anti-terroriste, réinvestir, avant même les législatives du 17 mai prochain, la perspective du traité.
Ce traité est fondamental pour lui permettre de réintégrer son histoire et marquer fortement son identité de toute jeune et prometteuse nation, à laquelle la France est attachée.
Il y a des gestes considérables à faire. Des gestes difficiles, au moins en direction des harkis, qui ne sauraient être exclus, en terme moral, de la finalisation du traité d’amitié.
La France s’honorera lorsqu’elle reconnaîtra sa responsabilité dans l’abandon dont ces supplétifs ont fait l’objet après les accords d’Evian.
L’Algérie s’honorera aussi en dépassant sa propre mythologie fondatrice écrite par le FLN qui n’est pas parvenu à réaliser l’unité sur les bases idéologiques qu’il s’est choisi. L’Algérie doit effacer une illusion si elle veut rencontrer sa propre réalité.
Le FLN d’hier a, avec en toile de fond la guerre froide, une co-responsabilité dans le drame des harkis et le choix mortel et douloureux qu’ils ont fait.
L’heure est venue sans doute pour l’Algérie d’affronter son passé pour mieux vaincre ses démons d’aujourd’hui.
Jeune nation, l’Algérie a devant elle en effet un défi que peu de nations ont eu devant elles. Mais l’Algérie, elle, est confrontée à un risque considérable. Une « seconde guerre qui ne dit pas son nom » la ravage depuis les années 1990.
Elle doit se dégager de ce front qui est, avant tout, celui des déterminants et des origines fondations historiques.
Al-Qaida est plus à l’aise ici qu’au Maroc ou encore à la Tunisie pour propager son idéologie. Ce que ce mouvement a réalisé en Afghanistan en terme d’effacement de la nation historique au profit des Talibans témoigne que sa finalité porte là et que les terrains les plus favorables, les nations jeunes ou fragiles, nées de surcroît de la libération post-coloniale ou établies par les puissances coloniales, sont des proies plus faciles que d’autres.
Pour ces raisons, la réalité commande à l’Algérie et à la France de réussir ce traité, de lui procurer une grande substance. D’en faire, finalement, un exemple inattaquable et de première grandeur de dépassement de l’ère des contentieux post-coloniaux.
Cela constituera pour les deux pays une manière de contrer l’émergence d’Al-Qaida au Maghreb qui est – il faut en être conscient - par delà l’actualité et ses brutalités, dans un processus rationnel de renversement et de conquête historique.
L’Algérie, de ce point de vue, est de tous les pays du Maghreb, le plus vulnérable : son identité et son unité historique n’est pas encore cristallisée.
Il n’est pas surprenant, au-delà des explications liées à la pauvreté, aux rhétoriques portées par le soupçon de corruption, aux dénonciations sur la thématique des droits de l’Homme ou de la Liberté d’expression, qu’elle soit l’objet depuis tant d’années déjà d’une attaque massive des islamistes et des djihadistes.
En approfondissant et en fécondant cette relation, la France et l’Algérie – que tant de drames ont pu opposer - peuvent surmonter la confusion historique qui ouvre aux islamistes l’axe de son emprise et de son développement.
Sans doute faut-il voir là une des raisons pour lesquelles la France lui est, ici, est à ce point insupportable.
Elle doit demeurer irréductible là où ils n’attendent pas qu’elle le soit.
L’Algérie doit trouver les ressources de l’être également.
Tel est, pourrait être, leur fondement commun scellant leur traité d’amitié.
Post-Scriptum : Il manque aux Harkis et à leurs enfants quelque chose que la France, seule, quelle que soit sa volonté, ne pourra leur redonner. Seule l’Algérie – et ce temps devra venir au mieux et au plus tôt – peut le leur donner. Il s’agit de la part d’eux-mêmes qui est la part d’elle-même qu’elle ne pourra durablement éluder.
10:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Constitution européenne
La nouvelle présidence de l’Union Européenne a fixé à 2009 l’échéance à laquelle la crise institutionnelle dans laquelle l’UE est plongée devra être au plus tard surmontée.
La déclaration de Berlin est destinée à redémarrer ce processus.
A l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Rome, cette déclaration témoigne de l’effort de nos partenaires pour nous remettre, nous Français, de revenir dans l’Europe.
La déclaration de Berlin n’a que cette portée.
Elle invite le peuple français particulièrement, et dans une mesure différente celui de Hollande, à se raccommoder avec le processus européen que nous avons compromis.
Nos partenaires font là preuve, plus que nous ne saurions l’admettre, de magnanimité à notre égard.
Cessons donc de nous leurrer avec le « Non » français.
Si nous regardions ce qu’il porte en lui, nous serions fondés à avoir peur.
Ce n’est pas la volonté du peuple français que nos partenaires de l’Union Européenne ont pris en compte, c’est l’absence de volonté.
Y voir une victoire de la souveraineté est erroné.
Si nous sommes aussi francs que nous devrions l’être, nous verrions bien que le problème est entier devant nous.
Nous en sommes là.
Nos partenaires nous offrent comme porte de sortie la seule que nous leur avons laissé, la seule que nous nous sommes laissés. Elle consiste à nous rattraper par l’illusion d’un texte remanié dont la ratification représente un nouveau risque.
Admettrions-nous de le faire peser sur ceux qui ont déjà ratifié le traité et de relancer un nouveau round, avec ce qu’il comporte d’hasardeux?
Rarement nous aurons passé un aussi grand et ambitieux projet par d’aussi petites, d’aussi ridicules fourches caudines.
Aucun de ceux et celles qui ont voté comme le leur dictait leur conscience en mai 2005 ne sont prisonniers de leur vote.
Ils sont toujours des femmes et des hommes libres et, à ce titre, ils disposent du droit de réparer ce qu’ils estimeraient devoir l’être par la voie qui leur semblerait la plus pratique, la plus immédiate.
Leurs futurs représentants peuvent être, au grand jour, l’instrument de cette reconquête, les dépositaires de l’expression de la volonté nationale.
Ceux-là, celles-là, peuvent déléguer à ceux qui se destinent à les représenter au sein de la future assemblée nationale le pouvoir de mettre fin à une situation ambiguë en autorisant le futur chef de l’Etat à ratifier le traité rejeté.
Cela représenterait un état de grâce démocratique.
Cela représente, les Français ne doivent pas s’y tromper, le plus substantiel approfondissement pouvant être.
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