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20.04.2007

Constitution européenne

La nouvelle présidence de l’Union Européenne a fixé à 2009 l’échéance à laquelle la crise institutionnelle dans laquelle l’UE est plongée devra être au plus tard surmontée.
La déclaration de Berlin est destinée à redémarrer ce processus.
A l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Rome, cette déclaration témoigne de l’effort de nos partenaires pour nous remettre, nous Français, de revenir dans l’Europe.
La déclaration de Berlin n’a que cette portée.
Elle invite le peuple français particulièrement, et dans une mesure différente celui de Hollande, à se raccommoder avec le processus européen que nous avons compromis.
Nos partenaires font là preuve, plus que nous ne saurions l’admettre, de magnanimité à notre égard.
Cessons donc de nous leurrer avec le « Non » français.
Si nous regardions ce qu’il porte en lui, nous serions fondés à avoir peur.
Ce n’est pas la volonté du peuple français que nos partenaires de l’Union Européenne ont pris en compte, c’est l’absence de volonté.
Y voir une victoire de la souveraineté est erroné.
Si nous sommes aussi francs que nous devrions l’être, nous verrions bien que le problème est entier devant nous.
Nous en sommes là.
Nos partenaires nous offrent comme porte de sortie la seule que nous leur avons laissé, la seule que nous nous sommes laissés. Elle consiste à nous rattraper par l’illusion d’un texte remanié dont la ratification représente un nouveau risque.
Admettrions-nous de le faire peser sur ceux qui ont déjà ratifié le traité et de relancer un nouveau round, avec ce qu’il comporte d’hasardeux?
Rarement nous aurons passé un aussi grand et ambitieux projet par d’aussi petites, d’aussi ridicules fourches caudines.
Aucun de ceux et celles qui ont voté comme le leur dictait leur conscience en mai 2005 ne sont prisonniers de leur vote.
Ils sont toujours des femmes et des hommes libres et, à ce titre, ils disposent du droit de réparer ce qu’ils estimeraient devoir l’être par la voie qui leur semblerait la plus pratique, la plus immédiate.
Leurs futurs représentants peuvent être, au grand jour, l’instrument de cette reconquête, les dépositaires de l’expression de la volonté nationale.
Ceux-là, celles-là, peuvent déléguer à ceux qui se destinent à les représenter au sein de la future assemblée nationale le pouvoir de mettre fin à une situation ambiguë en autorisant le futur chef de l’Etat à ratifier le traité rejeté.
Cela représenterait un état de grâce démocratique.
Cela représente, les Français ne doivent pas s’y tromper, le plus substantiel approfondissement pouvant être.