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07.05.2007

L’homme de la Nation

Au-delà de toute autre considération, il n‘y a qu’une seule gagnante au lendemain du second tour de l’élection présidentielle : la légitimité républicaine. Elle repose clairement et fortement, pour les cinq années qui viendront à partir du 16 mai prochain, sur la personne de Nicolas Sarkozy. Les détestables agitations et violences relevées dans différentes villes d’extrémistes anti-libéraux et gauchistes, ou de jeunes de banlieues, n’y changeront rien.
Ce n’est ni un hasard ni un accident si le candidat de l’UMP a triomphé électoralement. C’est le résultat d’une manière de parler de la France, de parler de la République, de remettre en marche une responsabilité qui n’est pas celle du progrès social, de la transformation sociale ou de la révolution écologique, harangues creuses d’une gauche décrochée du réel.
Le nouveau président de la République a adopté la langue qui parle au vrai pays. De ce point de vue, le plus gaulliste des candidats, c‘était lui, non pas en terme de thématique, mais en terme de relation.
Cette langue, finalement, a été comprise d’une très large majorité des Français qui sont restés insensibles aux procès institutionnels, à la diabolisation du personnage.
Nicolas Sarkozy ne s’est pas inscrit dans la rénovation politicienne à laquelle Ségolène Royal, François Bayrou, Le Pen, ou encore les autres candidats du premier tour appelaient.
Il est allé au retour aux sources.
Sa rupture, c’est d’être retourné au vrai et à l’inaltérable, d’avoir appelé les Français à le rejoindre sur cet insaisissable là, ce patrimoine invisible de la nation.
De s’être placé dans l’ordre de cette intimité.

C’est parce qu’il a invoqué ce patrimoine, qu’il s’est vu accorder la légitimité qui est la sienne. Il n’y en a pas d’autre qui puisse être supérieure ce qui ramène par exemple et parmi d’autres à sa mesure l’exhortation de François Bayrou et de son Mouvement Démocrate, avant les législatives, pour contrer le monopole absolu du pouvoir par un camp.
Le candidat « central » s’auto érige, après sa troisième position au premier tour, clé de voûte de la vie politique française, apte à juger de ce qui est bien ou mal pour la France et gardien de l’équilibre démocratique.
On peut se demander en vertu de quelle légitimité ?
Les Français diront s’ils situent l’enjeu des prochaines législatives à ce niveau.
La clé de voûte institutionnelle et politique, dans ce pays, c’est le président de la République et lui seul. Il est l’homme de la Nation. Le seul.

Les Français ont montré qu’ils avaient une vision du pouvoir, de ses méandres et de sa difficulté d’exercice. Sinon, ils auraient choisi de battre le sortant et l’équipe, autour de lui, qui compte des hommes et femmes qui ont été membres des gouvernements de Jacques Chirac.
Or ce discours de la gauche n’a jamais pris, preuve qu’il y a, au-delà de la mise en émotion ou en indignation, la nette volonté de ne plus s’en laisser conter. Et cela, c’est profondément neuf.
Cela explique peut-être même que Nicolas Sarkozy gagne surtout chez les personnes plus mures tandis que Ségolène Royal a mobilisé un petit plus la jeunesse. L’expérience de ces années, le recul, distingue là, ce n’est pas impossible, des différences d’acuité.
Le pays s’est montré jeune par ceux, finalement, qui le sont peut-être moins à l’état civil, mais qui ont pris une responsabilité au nom de leur idée de ce pays et de l’intérêt de sa jeunesse actuelle, mais aussi de celle de demain.
La gauche, toujours plus frénétique quand ses idées sont décousues, voulait synthétiser la France par son marketing politique et culturel actif.
Il ne prend plus comme avant.
Ni à Charlety, où furent concélébrées les noces étranges d’un peuple insoumis avec celui du désir d’avenir, ni même à la Courneuve où un meeting de remerciements de Ségolène Royal est prévu.
Qu’il y ait cent mille personnes n’y change rien. Le PS est nu face à lui-même.

Après des années d’abstention record, où tout pouvait être dit et fait au nom de la démocratie, des années au cours desquelles la politique française voguait au gré de la galère, affectée, renversée par Le Pen, tenue en échec par des troisièmes tours sociaux, des manifestations, les Français sont sortis de leur réserve.
La leçon est simple. Elle sanctionne la gauche et sa pratique de la démocratie.
Cette nouvelle défaite lui assène une vérité : on ne peut pas tout faire dans la République française.
Si les Français ont dit « Oui » à Nicolas Sarkozy, c’est pour dire avec lui, et d’une certaine manière pour lui, « Non » à cette dérive, et neutraliser, enfin et simultanément, l’espace politique de l’extrême droite et l’extrême gauche, rendus à leur étiage.
Ce 6 mai 2007 marque cette authentique et profonde résurgence.
La mandature qui va débuter le 16 mai prochain porte ce sceau.
C’est dire combien quiconque – y compris une gauche socialiste à qui ne subsiste qu’un pouvoir éventuel de nuisance - entraverait délibérément ce mouvement pour satisfaire à des équations politiciennes serait impardonnable car elle remettrait dans le jeu des mouvements et des forces auxquels le peuple a retiré sa confiance, et anéantirait la portée de l’acte de foi républicain qui vient d’être exprimé.
J’espère que nos compatriotes donneront au nouveau président de la République la majorité parlementaire nécessaire afin de réaliser, dans le respect de son calendrier, un quinquennat fructueux.
Les Français attendent qu’il soit fait de cet instant démocratique le meilleur usage.
Que les uns et les autres le sachent : ce serait une trahison à leur endroit de s’opposer à la volonté et à la confiance qui vient de s’exprimer.