« Une ruine de l'âme | Page d'accueil | Le rêve d'une énergie propre »

07.01.2008

Romance élyséenne

Quelle drôle d'époque que celle où une telle divine idylle - faut bien le glisser de temps en temps, le titre de Vanessa Paradis - à la tête de l'Etat provoque une telle avalanche d'aigreurs.
Cette romance est jolie, tout simplement, même si les esprits les plus machiévéliques et tordus y voient - quelle tristesse d'âme tout de même - une manière de détourner je ne sais quelle attention sur je ne sais quels "vrais problèmes".
Cette mise en perspective, ou cet angle de vue porté sur la chose, est une exagération et un stratagème d'opposants.
Il s'agit apparemment d'un coup de foudre et le président, comme l'élue de son coeur, ne doivent pas être a-priori des êtres étrangers par nature à ce phénomène.
Et on peut le considérer et le respecter, que l'on soit de gauche de droite du centre ou du milieu comme tel, sans se sentir obligé, comme certains s'y laissent aller, à dénigrer la parcours amoureux de l'une ou de l'autre, ou se livrer à je ne sais quel exercice de psychanalyse.
C'est un degré de commérage assez triste.

Car les "vrais problèmes des Français", selon une formule médiatique employée à tout va, ce sont les réformes engagées dès l'élection en mai dernier et qu'il faudra poursuivre avec méthode, constance et sérieux, qui contribueront à les résoudre, car il n'a, je l'espère, échappé à personne, que l'environnement économique s'est singulièrement tendu.
Mais les réformes, fussent-elles juste, nécessaires, ne doivent pas être comme c'est trop souvent le cas dans notre pays rivé à sa grille de lecture partisane, matière à polémiques.
On devrait pouvoir attendre d'une majorité de compatriotes autre chose que ce consumérisme politique qui semble se saisir d'eux.
Il faut, pour redresser l'économie d'une pays, de l'adhésion, de la conscience et de la lucidité politique au sens le plus noble et le moins partisan.
Ha, la civilisation des loisirs que d'aucuns promettaient.... avec sa corne d'abondance et son hédonisme, la protection des uns et la précarité des autres, et son service public auquel on sacrifie depuis tant d'années l'équilibre des finances publiques.
Ce n'est que le prélude des difficultés, je crois, et nous renâclons déjà.
Le temps de la désinvolture du peuple français est révolu.
Il va falloir s'atteler aux tâches qui nous attendent.
Mais il est possible de le faire tout en conservant un minimum de bienveillance pour ce qui relève d'une jolie romance.