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29.01.2008

Arche de Zoé

C'est un drame pour les gens qui ont été embarqués, peut-être en partie sans connaître le projet précis des animateurs de l'association.
Reste qu'il était impossible pour la justice française de déjuger son homologue tchadienne, de fouler au pieds une convention juridique qui peut être utile demain.

Parmi les condamnés, certains sont en droit de regretter une stratégie de défense qui a consisté à revendiquer fièrement le droit d'ingérence poussé jusqu'à la malhonnêteté et la contrefaçon, face à un Etat souverain.
Que n'ont-ils pas fait amende honorable, exprimé des regrets, demandé l'indulgence des juges?

C'est du mépris qu'ils ont exprimé. Mépris pour la justice tchadienne (corrompue et incompétente), mépris pour les institutions, mépris pour les autres organisations humanitaires, et mépris tragique de la réalité géopolitique dans le jeu duquel on ne vient pas s'imposer avec ses gros sabots et ses airs de cowboys de l'humanitaire.
Leur expédition de redresseurs de torts a mis en difficulté la France et le Tchad à un moment où il s'agit d'imposer une force internationale pour dénouer la situation des réfugiés du Darfour.

Cela a alimenté une campagne virulente et nourri un sentiment anti-français, instrumentalisé par les rebelles tchadiens vis à vis du gouvernement avec lequel nous avons des accords militaires.
Les ONG, animées par quelques motivations que ce soit, ne sont pas au dessus des Etats.