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01.02.2008

Naïfs dans l'imbroglio tchadien

Revenons un instant sur l'imbroglio tchadien au moment où la France renforce sa présence militaire en envoyant sur place une compagnie de 126 hommes afin d'"assurer la protection de ses ressortissants" et remettons dans ce jeu stratégique et diplomatique qui se joue dans cette région, l'opération des Arche de Zoé.

A la lumière de ces événements, il est possible de mesurer et comprendre les mécanismes de haine et les instrumentalisations auxquels les membres de l'association par leur maladresse et leur mensonge ont donné une prise inespérée. Quel meilleur catalyseur pour agir sur une opinion publique et ses divisions que ce fantasme de voleurs d'enfants issu d'un des rare pays à avoir soutenu le processus électoral, en 2006, qui a été boycotté par cette même opposition.

Je l'ai écrit dans une note précédente, cette association a surtout méprisé la réalité géopolitique et fragilisé la position de la France au moment où celle-ci pilotait une action en vue de positionner une force de paix composite comprenant des éléments européens et issus de l'Union Africaine pour apporter secours aux réfugiés du Darfour.
Le principe de cette opération a été arraché - c'est le moins qu'on puisse dire - à Khartoum difficilement et au terme de nombreuses pressions internationales.

Les accords militaires entre Paris et N'Djamena en matière de défense sont fragiles et difficiles à mettre en oeuvre s'agissant d'une rebellion d'origine nationale, même si elle est armée sinon instrumentalisée, il ne fait aucun doute, par des puissances étrangères.
Dans un tel climat, le gouvernement légal - donc qui possède au moins cette légitimité - était plus isolé que jamais, pris au piège, comme la France, de l'affaire des 103 "orphelins" de l'Arche de Zoe.

Petite expérience personnelle, il y a une quinzaine d'années, j'ai cotôyé un officier supérieur assurant la communication d'un régiment qui assure régulièrement les relèves tournantes du dispositif Epervier.
A cette époque, il m'avait clairement parlé du Soudan et d'une situation humanitaire catastrophique augurant, il ne s'était pas trompé, d'un cauchemar épouvantable à venir.