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01.02.2008
Unité de Bruit Médiatique
J'ai une "tendresse" particulière pour Jean-François Revel.
Elle a surgi, bizarrement, le jour où j'ai appris qu'il venait de s'éteindre.
Ce jour-là, c'est un vieux souvenir enfoui, aux contours flous mais au coeur net, qui m'est revenu en mémoire.
Un professeur de Français, M. Naudinas, au lycée Jules-Fil, de Carcassonne, nous donnait un devoir à remplir sur un texte de Jean-François Revel.
Je ne me souviens pas exactement de quoi traitait cet article, polycopié. Vraisemblablement de l'Express.
Ce dont je me souviens, c'est son éclat intellectuel, parfois si intense qu'il mettait mal à l'aise et semblait indécent tellement il bousculait les conventions de la pensée courante d'alors.
A la fin des années 70, la plupart des professeurs ne cachaient pas leurs sympathies politiques.
J'ai appris énormément ce jour-là.
Cette "tendresse" se remanifeste aujourd'hui en découvrant le discours prononcé par M. Max Gallo lors de son introduction à l'Académie Française dont je propose la lecture aux lecteurs de mon blog par l'intermédiaire d'un lien à la version pdf de ce discours.
Bien sûr, ce discours constitue l'hommage traditionnel rendu toujours par le nouvel Immortel à son prédécesseur, mais Max Gallo a su mettre en évidence la qualité de l'esprit de Jean-François Revel, son rapport intransigeant à la vérité, sa lucidité sur une époque ravagée, "intoxiquée" disait Revel, par les idéologies et les totalitarismes.
Il avait même vu, avant beaucoup, le totalitarisme sournois qui menace et touche ce XXIe siècle, celui de la communication effrenée dans "La connaissance inutile".
Jamais la communication n’a été aussi abondante ni aussi rapide. Jamais autant d’hommes n’ont eu accès à une telle masse d’informations. Jamais donc, en théorie, les décideurs n’ont travaillé dans de meilleures conditions. Les opinions publiques disposent de tous les éléments pour apprécier leurs dirigeants. Le monde devrait, par conséquent, mieux se porter aujourd’hui. Or chacun sait qu’il n’en est rien.
Pourquoi?
Construite pour fonctionner grâce à la connaissance, notre civilisation est-elle viable si elle refuse de s’en servir?
Il fait bon retrouver cette fraicheur critique.
Elle nous éloigne des "Unités de Bruit Médiatique", qui constituent un étalon - je viens de l'apprendre - pour mesurer de la manière la moins contestable quant à la méthode, le "bruit médiatique" généré par tel élément d'actualité ou tel autre...
Ce que la blogosphère a traduit par la notion de "buzz", un des nouveaux pouvoirs étant de le provoquer de toutes les manières possibles et d'affirmer ainsi l'importance, plus que la qualité, de son influence.
Ce n'est pas autrement, par un autre processus, que la démocratrie médiatique absorbe, infantilise, fait regresser, selon moi, la démocratie réelle.
Le discours de Max Gallo
10:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-François Revel, Philosophie, Unité de Bruit Médiatique, Médias, Totalitarisme


