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07.02.2008
La démocratie à l'épreuve
Après l'enthousiasme de la campagne présidentielle et de l'élection de Nicolas Sarkozy, les revers en terme de sondage, les polémiques et ressentiments qui couvent désormais, à tort ou à raison, dans l'opinion ont pour risque et effet principal de renvoyer notre pays dans ses travers.
Au delà des appréciations partisanes ou personnelles, cette humeur détériorée et surtout les mécanismes de défection qui la nourrissent, sont inquiétants par leur rapidité et leur violence.
Or, le redressement de notre pays passe par une chose: l'adhésion.
La chose la plus difficile à recueillir. La plus facile à détruire, aussi.
Il me semblait que l'élection du président de la République, acquise incontestablement sur un score net et un élan électoraliste puissant, constituait une bonne nouvelle, en terme de dynamique, pour notre démocratie.
La présidence Sarkozy est prise en grippe par une partie de l'opinion. Sauf à voir cette présidence parvenir à vaincre le signe indien, il est possible de craindre le pire, c'est-à-dire que l'histoire se répète, comme en 1996.
Je ne doute pas que certains y aient intérêt.
La politique n'a pas pour seul objet le pouvoir d'achat. Que cette dimension de «la vie réelle des gens» ait atteint la dimension qu'elle a atteint est une évolution assez pathétique et désolante de la démocratie.
Le pouvoir d'achat, s'il augmente, ce qui est à souhaiter, ne résultera que des choix et des efforts que nous aurons réalisés pour obtenir ce résultat.
Ne nous y trompons pas: c'est notre démocratie qui est mise à l'épreuve.
Qu'on le veuille ou non, notre pays ne peut pas se passer de réformes profondes. Il ne peut pas vivre sur le train de vie qui est le sien. Il ne peut pas se payer le luxe de maintenir le taux des prélèvements aussi hauts. Il ne peut pas continuer à voir la compétitivité des entreprises baisser.
Ségolène Royal estime, dans Le Monde, que "le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte". Il y a une part sans doute de désir pris pour des réalités dans cette dure sentence, mais elle est surtout révélatrice d'un état d'esprit auquel les Français, même ceux qui sont les plus tentés de souscrire à cette vue, devraient être attentifs et retenus car nous entrons, doucement mais surement, dans un moment extrêmement sérieux pour notre pays.
Ou celui-ci est capable de produire les changements nécessaires, ou alors, et c'est une responsabilité qui regarde chacun, nous acceptons, en tant que citoyens, de le dégrader au gré de notre mauvaise humeur et cela, il me semble, ne pourra pas être sans conséquence.
Deux indices confirment la dégradation de la situation: L'aggravation record de notre commerce extérieur et l'alerte de Bruxelles sur le déficit budgétaire qui pourrait excéder les 3%.
En d'autres temps, la France aurait dû dévaluer.
L'effort qu'on n'accomplit pas soi-même, qu'on n'est pas en mesure d'accomplir soi-même pour des raisons aussi diverses que variées alors que d'autres l'accomplissent ou l'ont accompli, n'est pas qu'une tare démocratique, c'est une disqualification.
16:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


