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09.02.2008
La montée d'un régime médiatique
Après la publication d'un sms sensé étayer la thèse de l'immaturité du président de la République, quelques mises au point me paraissent nécessaire.
M. Sarkozy n'est ni plus ni moins que dans son bon droit lorsqu'il entame une procédure contre le site en ligne du Nouvel Observateur poursuivi au pénal, ce qui est une première, pour faux, usage de faux et recel.
Il est temps pour la justice de rappeler quelques règle de droit qui ne s'appliquent pas moins au chef de l'Etat qu'à tout autre personne d'autant que l'objet du délit tel qu'il est apporté par l'organe de presse est le résultat d'un acte de piraterie informatique et d'un viol en matière de correspondance privée.
Le NouvelObs.com le revendique comme authentique, il revendique donc le recel.
Au delà de la question de l'authenticité du sms rapporté, qui accepterait, ne serait-ce qu'en principe, que les conversations, le courrier et aujourd'hui les messages électroniques privés puissent être piratés d'abord, utilisés ensuite, sans scrupule.
Il me semblait que la presse française, très à propos, s'était élevé contre les pratiques de la cellule occulte de l'Elysée de M. Mitterrand qui avait placé un certain nombre de personnalité et de journalistes sur écoute téléphonique.
Comment du point de vue de l'éthique mais aussi du point de vue intellectuel un des titres dont l'aura est réelle et qui comptait moralement dans le paysage médiatique français s'est exonéré de tout scrupule? Au service de quoi?
D'un buzz virulent propageant sur la bloglosphère l'écho du ressentiment et de la haine de certains de nos compatriotes, et lui donnant sa nourriture avariée.
Mais M. Sarkozy, s'il est un citoyen comme les autres s'agissant du droit général, n'est pas un citoyen comme les autres au niveau institutionnel. Je ne suis pas naïf au point d'ignorer combien nos concitoyens se sentent affranchis de plus en plus de l'attachement à cette dimension.
La plupart des derniers chefs d'Etat ont cru bon désacraliser certains des aspects de la fonction.
Mais, tout de même, nul ne peut, en démocratie plus que dans d'autres régimes, ignorer que la fonction éminente du chef de l'Etat, élu de surcroît au suffrage universel direct, est la clé de voute du système institutionnel.
Ceci est un fait. Il est discutable, mais la position du chef de l'Etat est consacrée comme telle.
Du coup, les campagnes médiatiques qui sont orchestrées, en usant et abusant de pratiques peu conformes à l'éthique, ne constituent pas qu'une violation de l'intimité, elles forment une tentative d'altération de l'image même du chef de l'Etat au titre de sa crédibilité dans son rôle institutionnel car c'est bien le but visé par l'article en question.
Il procède d'une intention démonstrative pour le moins nauséabonde.
Ce n'est pas une situation neutre. Car se met en place un régime médiatique inquiétant, ivre de sa légitimité. Que vaut la défense du NouvelObs récusant au président de la République le droit d'attaquer en justice puisque lui n'est pas attaquable?
Si nous devons nous offusquer de cette campagne, des coups bas pratiqués, de l'ambiance médiatique, des soupçons et rumeurs entretenus, c'est autant pour la violation du droit privé que pour la dérive que cela représente au titre de la moralité démocratique.
La fermeté s'impose aux juges.
La vigilance aux citoyens.
11:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


