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15.02.2008

Spirale infernale

Yves Jego, porte-parole de l'UMP, a raison de s'alarmer des mécanismes qui sont à l'oeuvre dans la chasse à Sarkozy qui sévit actuellement. Il a raison de dénonçer "une conjonction d'intérêts inédite sous la Ve République".
"C'est la première fois que l'on veut «abattre» avec tant de force un président de la République alors qu'il n'y a pas de crise politique et sociale, ni même de grèves massives.", dit-il.
Le contrat "social" serait-il à entendre désormais comme un contrat dans l'acception criminelle sur un individu? C'est cela, l'évolution démocratique française?

Jeudi, dans une émission tardive (Ce soir ou jamais) sur France 3, consacrée à la crise de confiance de la présidence Sarkozy, un psychiatre a produit une digression conclue par le constat qu'après l'avoir adoré, élu, il ne restait qu'à l'« assassiner », Sarkozy.
Comment, objectivement, et sur la base de quoi, des personnalités se laissent aller à ces dérives, les alimentent? De quoi sont-elles le jouet lorsqu'elles s'affranchissent de toute retenue, de toute pondération?

Cette tornade qui voit se mêler avec une force inquiétante des frustrations partisanes, idéologiques, des ressentiments, des haines multiples, enfin, des procès personnels, fonctionne pour le moment.
Peut-être à la faveur de l'approche des municipales? Peut-être pas?
Elle se déplace, presque impunément, charriant ses avatars démesurés et parfois obscènes, sur divers front.
Il ne s'agit pas de savoir si on "aime" ou pas Sarkozy. Pas davantage si l'on apprécie son style ou pas?
Il s'agit, aujourd'hui, de savoir comment on respecte la démocratie ou comment on se livre, en son nom, aux pires manoeuvres du point de vue de la psychologie des masses.
Car c'est bien à ce niveau là que se propage, actuellement, cette spirale infernale.

Elle trahit, chez ceux qui l'abreuvent, une conception dévoyée de la démocratie et des institutions, comme si le désamour et la désaffection qu'ils voudraient voir s'installer, et auxquels ils oeuvrent, leur procuraient la liberté d'attiser, sans craindre la moindre réprobation, ce phénomène.
Alain Duhamel, dans « A vous de juger », relevait s'agissant de l'ambiance médiatique défavorable, que les médias généralement selon lui, depuis le "Non" à la Constitution européenne, s'efforçaient désormais de devancer l'opinion et d'être en surphase avec elle.
Cela fait une belle République, bien solide sur ses fondements, n'est-ce pas?