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04.03.2008

Hamas bis

J'évoquais, il y a quelques jours, la thèse selon laquelle les tirs de roquettes artisanales sur les villes israéliennes limitrophes de la bande de Gaza participaient à une stratégie visant à reprendre la main sur l'ensemble du territoire palestinien en affaiblissant et en discréditant l'autorité palestinienne et le Fatah.
Cela me semblait cousu de fil blanc. Ou plutôt rouge sang, couleur préférée des Islamistes, où qu'ils soient.
Les accusations récentes du mouvement islamiste accrédite cette thèse.

Selon une dépêche de l'AFP, le Hamas a dénoncé aujourd'hui un "Gazagate" après des révélations d'un magazine américain sur un soutien militaire apporté par l'administration américaine à l'ancien homme fort du Fatah à Gaza pour renverser le gouvernement, qui était dirigé par le mouvement islamiste.
Ces révélations ne constituent pas un scoop mais elles tombent à point nommé pour le Hamas qui à n'en pas douter exploitera, dans le contexte d'un blocus qu'il a voulu dur, cette information contre le gouvernement légal.

La politique est bien souvent affaire de levier.
On le voit bien ici.
Le Hamas, en contraignant Israël au durcissement du blocus et à des opérations militaires punitives, génère, une situation qui lui est favorable. Pour ce faire, mode morbide de gouvernance, il sacrifie volontairement, pour atteindre son but, des vies innocentes et se nourrit de la tragédie des larmes et des désespoirs qui font sur les foyers gazzaouis.
Plus elles le sont, comme ces dizaines d'enfants morts, plus le Hamas gagne en influence.
Chose remarquable : à peine les troupes et moyens engagés dans l'opération "Hiver chaud" étaient-ils retirés, les tirs des militants du Hamas reprenaient sur les villes israéliennes.
Pied de nez du fort au faible? Ou provocation réfléchie?

La politique quand elle devient ce qu'en fait le mouvement dirigé par Ismaël Haniyeh est, potentiellement, une affaire de noeud gordien à trancher.
Seuls les Palestiniens, qu'ils soient de Gaza ou de Cisjordanie, peuvent le trancher.
Au choix, un mode de gouvernance qui protège une population et un autre qui la sacrifie au nom d'une idéologie religieuse.

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