« Bouclier humain | Page d'accueil | Un nouveau parasite pour le blé »
05.03.2008
Il manque aux Palestiniens une révolution fondatrice
Sombre scénario: la situation se dégrade toujours à Gaza et le Hezbollah libanais, maintenant, vole à l'aide du Hamas.
Ce mouvement islamique, lié à Téhéran, a appelé aujourd'hui le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a récemment dénoncé les menaces proférées par le mouvement chiite libanais contre Israël, à être plus objectif et à tenir compte du droit à la "légitime défense". - source AFP
M. Ban s'était déclaré, le 14 février dernier, "préoccupé par les menaces de guerre ouverte lancée contre Israël" le 14 février par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Il a estimé qu'il s'agissait d'"une rhétorique qui allait à l'encontre de la résolution 1701 qui vise à obtenir un cessez-le-feu permanent".
Tout cela nous montre que nous sommes bien dans un champ de grandes manoeuvres et qu'il faut les prendre très au sérieux car la minuscule enclave de Gaza n'a pas d'autre vocation, pour les Islamistes, que de devenir l'oeil d'une tornade dont ils espèrent qu'elle emportera tout sur son passage.
Les tirs de Katouchias, instrumentalisées par le Hamas, participent à maintenir un haut niveau de tension sur Gaza afin de réunir les conditions propices à faire déborder le conflit et à catalyser, d'une certaine manière, toutes les forces et frustrations potentielles.
La colère, l'indignation, le sentiment de victimisation porté au paroxysme, sont des vecteurs puissants. Ils le sont d'autant plus lorsqu'ils sont portés par le lyrisme et l'apologie sinistre des martyrs et le rêve, réveillé par le Hezbollah, de "divines victoires" succédant à d'autres "divines victoires".
C'est cette stratégie que les Palestiniens doivent mettre en échec. S'ils forment un peuple, c'est à eux que cela revient. S'ils veulent devenir une nation - aspiration noble et légitime - ils ne peuvent pas éluder leur responsabilité historique.
La guerre inter-palestinienne a été évitée jusque là.
Mais le problème de fond subsiste.
Les Palestiniens ont déjà choisi entre deux destins puisqu'ils ont élu à leur tête le chef de l'autorité palestinienne et ses équipes.
Cela ne suffit pas. On peut déplorer les affrontements fratricides comme la honte des honte, ils sont pourtant, parfois, nécessaires.
L'heure approche, il me semble, où le peuple palestinien devra trancher entre deux régimes, deux manières de concevoir leur nation et l'exercice de leur souveraineté: celui passant par un état modéré ou celui passant par un état extrémiste.
Les deux sont incarnés à quelques kilomètres de distance, actuellement, par la président de l'autorité palestinienne, et par Ismaël Haniyeh, leader du Hamas.
Ils sont aussi dissemblables qu'incompatibles.
La tragédie palestinienne tient surtout à cette incompatibilité de plus en plus saillante.
Une nation qui tranche ce type de dilemme ne fait pas autre chose qu'une révolution fondatrice.
C'est elle qui manque cruellement aux Palestiniens.
Dans le cas contraire, Gaza, comme un trou noir, engloutira le destin de la Palestine et tous les processus de paix qui vont avec.
15:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gaza, Palestine, Hamas, Hezbollah


