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10.03.2008
Le quinquennat et les élections intermédiaires
La réduction du mandat présidentiel à cinq ans et la synchronisation avec les législatives procurent incontestablement une respiration tout à fait différente et cohérente à la vie démocratique de notre pays. Désormais, les cohabitations auxquelles aussi bien François Mitterrand que Jacques Chirac ont dû faire face, favorisées par le décalage entre le mandat législatif et le mandat présidentiel, ne peuvent plus se reproduire qu'en cas de dissolution, justifiée par une crise politique grave.
Quel rapport peut avoir cette considération préliminaire avec les municipales?
Un étroit rapport, car il me semble que la logique institutionnelle établie par ce nouveau calendrier électoral, n'est pas assimilée dans les moeurs politiques. Ou si elle l'a été, l'opposition, en développant une stratégie que M. François Hollande a lui-même voulu voir être celle consistant à lever une «cohabitation territoriale», s'efforce de violer l'esprit de la Constitution.
Certains considèreront l'expression «violer» exagérée en considérant que le communication partisane peut bien s'accommoder de quelques excès, mais c'est pourtant bien de cela qu'il s'agit.
Finalement, cette réforme qui a fait évoluer le septennat vers le quinquennat, lorsque Jacques Chirac l'a mise en place, me semblait une manière d'écorcher la Ve République.
A la réflexion, elle l'a rend plus cohérente, moderne et efficiente en déterminant le temps de chaque niveau de légitimité politique et surtout, en rendant le mandat plus supportable à la fois pour le pouvoir en place mais aussi pour l'opposition.
Cinq ans, ce ne sont pas sept ans.
C'est une respiration politique véritable, cohérente, équilibrée qui peut s'y développer.
François Mitterrand avait eu un mot excellent en assurant qu'«il fallait laisser le temps au temps», c'est-à-dire, peut-être, l'action à l'action.
La valeur et la portée des élections dites «intermédiaires» en terme de sanction nationale du pouvoir doit désormais être relativisée, sauf à vouloir déstructurer la démocratie et la précipiter dans l'abîme du populisme, avec ses bouffées d'émotion et ses exaltations successives.
Même s'il est indéniable qu'un certain nombre de citoyens se livrent assurément (un tiers des électeurs, d'après les sondages, ce qui n'est pas négligeable) à un vote sanction de la politique gouvernementale ou expriment le rejet de Nicolas Sarkozy, la légitimité du pouvoir n'est pas atteinte dans ce qui est sa perspective et sa chronologie.
C'est le peuple qui les lui ont procuré à partir d'une relation directe et unique qui ne saurait être remise en cause aussi facilement.
D'une manière diffuse, c'est cette aberration que je ressentais hier soir en écoutant les ténors de l'opposition à 20h et des poussières, évoquer soit un avertissement au pouvoir soit un vote sanction.
Une démocratie mâture fonctionne selon des règles constitutionnelle qu'elle se fixe.
Elle devrait s'interdire des confusions, sans doute compréhensibles du point de vue de l'intérêt politicien, mais préjudiciables fondamentalement.
15:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Quinquennat, municipales, fonctionnement démocratique



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