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12.03.2008
Primes à la nuisance au tiers
Si on écoute François Bayrou, la volonté d'apaisement, le pragmatisme, seraient l'apanage du Modem. Cette volonté constituerait une telle révolution en France qu'elle se suffirait à elle même et permettrait de trouver des solutions à ses difficultés.
C'est une véritable posture.
Si on l'examine de près, on constate, paradoxalement, qu'elle emprunte, par son discours et sa théorie du pouvoir, quelque chose à la tentation du partie unique, omniscient à défaut d'être omnipotent.
Mais ce n'est pas un programme politique et, si l'on en juge par les accords du second tour qui se sont noués, encore moins une cohérence. Bien sûr, François Bayrou ne se détermine, à Toulouse, à Marseille, à Paris, à Pau, etc, partout où il le peut et même là où il ne le peut pas, que selon sa pesée de ce qu'est le bien public ici ou là.
Je ne pense pas que l'UMP veuille, par opposition à M. Bayrou, "un climat de guerre civile". Je ne suis pas sûr que, à gauche où réside toujours, hélas, un goût des insurrections, il y ait une unanimité sur ce point.
Si le Modem était cohérent, il reconnaîtrait à Nicolas Sarkozy une tentative de réaliser concrètement cette oeuvre de pacification idéologique et de pragmatisme, érigée en modèle par François Bayrou, grâce à l'"ouverture".
N'aurait-elle des vertus que pratiquée, conceptualisée, par un mousquetaire?
François Bayrou fait comme si cette ouverture n'existait pas. Comme si elle n'impliquait pas des personnalités diverses et pluralistes.... Il tient une critique qui tourne sur elle-même, sans tenir compte des faits d'ouverture du président Sarkozy.
Il faut dire que seule une société hyperclivée, au point d'être inopérationnelle, lui fournit les moyens d'exister sans avoir à assumer, clairement, une authentique pensée politique.
Le Modem occupe un espace politique comme le baromètre indique une tendance climatique. Il dit quelque chose de vrai sur ce qui préoccupe un certain nombre de citoyens, mais il n'est qu'un instrument de mesure.
Il bénéficie de la crise idéologique profonde qui affecte le parti socialiste et qui l'oblige encore à durcir le ton, à exacerber l'expression politique.
Lorsque que ce parti aura fait son aggiornamento, l'espace en question se réduira et la démocratie française connaîtra un progrès considérable, une clarification nécessaire.
L'apaisement passe par la simplification des débats et des enjeux autour de deux grandes forces.
Le pluralisme ne serait pas pour autant en danger. Les Espagnols ne sont pas plus bêtes que nos compatriotes, ni moins pragmatiques. Ils ont peut-être exprimé, lors des législatives qui viennent de s'y tenir, quelque chose d'essentiel, même si leur hymne national, faute de consensus, demeure muet, pour l'unité nationale.
L'Espagne connaît une tendance lourde: celle de la bipolarisation.
Seuls le PS et le PP sortent gagnant.
Les citoyens, quels qu'ils soient, ne peuvent pas exiger de la politique qu'elle résolve - se mette en position, comme on dit aujourd'hui, de le faire - leurs problèmes et brouiller la capacité de ces mêmes politiques à le faire en accordant des primes de nuisance aux tiers.
L'Espagne y a renoncé. Même si les Catalans, de manière paradoxale au mouvement démocratique auquel nous avons assisté, se trouvent en position de vendre ses sièges à Zapatero pour lui assurer une majorité stable.
09:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


