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18.03.2008
Laïcité positive
Certains, dans divers blogs, s'interrogent sur ce que serait, selon l'expression du président de la République, "une laïcité positive". La forme et le ton de leur propos répond pour eux. Leur mode de pensée est souvent inquisitorial et intolérant et illustre ce qu'est, par contraste, une laïcité négative.
Il faut le rappeler: la République est laïque, elle n'est pas athée. Elle n'oblige personne à se défaire de Dieu comme elle n'oblige personne à embrasser telle ou telle religion.
Elle n'instaure pas une religion d'Etat, mais garantit à chacun la liberté de culte et de pensée, ce qui constitue un droit fondamental.
Cela n'est pas sans importance du point de vue de la dimension des institutions, car avant d'être politiques ou sociales, elles sont de nature humaine. Elles incorporent inévitablement cette dimension de l'Homme.
Puisque la question est souvent posée, la laïcité de "combat" se distingue de la laïcité "positive" par le fait qu'elle ne reconnaît pas cette "perspective" et qu'elle entend, pied à pied, la réfuter.
Ce n'est pas un combat gratuit du point de vue idéologique, mais il a changé de nature par rapport à ce qu'il était aux débuts de la République française.
Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. Cette réflexion est prêtée à Malraux qui a pas mal cogité sur les civilisations et la condition humaine.
Cette polémique sur la volonté prêtée à Nicolas Sarkozy de remettre en cause le pacte laïque rejoint d'une certaine manière ce vaste champ de réflexion philosophique et historique.
Cette question n'est pas abstraite. Elle est redevenue, sans doute, d'une grande actualité, ne serait-ce que parce que l'activisme islamique, partout dans le monde, occupe un espace que nous avons laissé en jachère. Ce qu'il en fait devrait nous inciter à y cultiver un autre type de dialogue.
C'est pour cela que ce questionnement intellectuel n'est pas anachronique.
La controverse sur la laïcité, en France, n'oppose pas seulement, j'en ai bien peur, des laïcs à des croyants, avec la crainte de voir l'église intervenir dans la politique ou l'Etat dans l'église.
Le temps du sabre et du goupillon est pourtant révolu.
La séparation des pouvoirs est clairement définie et nul, à ma connaissance, n'a remis en cause ce principe.
Non, le sens et l'enjeu de ce combat pour une laïcité radicale, est ailleurs et il est plus profond qu'il n'y paraît.
En abolissant cette perspective, en l'effondrant, en décrétant que chaque sujet dans une société est son propre dieu et son propre maître, ou, plus prosaïquement, le consommateur d'une démocratie qui alloue des droits sociaux et économiques en retour de son "civisme", c'est la conscience sociale que l'on effondre sur elle-même, sur la propre idée qu'elle se fait ou est tentée de se faire, à un moment ou à un autre, d'elle-même, de son auto-suffisance.
Dans ce cadre là, le droit à l'euthanasie active est un droit comme les autres car il n'implique rien d'autre qu'une légitimité individuelle et la sollicitude collective qui doit se traduire, si elle est, par la reconnaissance d'un droit.
Il doit être ferme et explicite, et ne doit rien devoir à la compassion.
Si une majorité de concitoyens le reconnaissent, il doit être accordé.
Le danger, pourtant, c'est, par degré successifs, de nier la nation, au sens de la transcendance d'un peuple, de sa culture, de son dialogue à soi et aux autres, de son apport à la civilisation.
A une démocratie, qui se fonde sur des valeurs morales, éthiques, on substitue une dictature libertaire et immédiate dont il faut exalter les besoins naturels et peut-être à laquelle, pour être heureux, il faut inventer, sans cesse, de nouveaux besoins puisque, de toute façon, rien ne nous dépasse ni ne nous est supérieur.
Pour s'établir, on comprend qu'elle n'aspire qu'à la démocratie directe et au référendum.
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