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21.03.2008

Autopsie

J'ai, comme un grand nombre d'entre nous, écouté les différentes positions qui se sont exprimées tout au long de ces derniers jours sur la question du droit à mourir dignement. J'ai donc écouté avec attention les arguments des uns et des autres et je dois avouer que quelque chose, dans le militantisme de l'association pour le droit de mourir dignement qui "a accompagné Chantal Sébire" me trouble profondément et me semble suspect.

M. Roméro, président de l'ADMD, a très explicitement placé le combat de son association dans le cadre laïque, opposable à une conception de la fin de vie qui ne serait ni digne ni conforme à ce qu'elle devrait être dans un pays laïque.
La laïcité , comme la sagesse d'antan, imposerait l'euthanasie. Toute objection est forcément alimentée par un résidu de conscience religieuse.
Ayant parcouru nombre de forums, j'ai constaté aussi comment les milieux athées se sont accaparés du cas Chantal Sébire et développent une pensée qui leur est propre - propriété corporelle, notamment - autour de cette affaire.

Il me semble indispensable d'éclaircir l'historique de la maladie chez Mme Sébire afin de voir si tout a été fait, consenti, proposé, pour lutter contre la maladie et pour soulager la souffrance de Mme Sébire. Car cette affaire a été présentée, instrumentalisée, en attirant l'attention de l'opinion publique sur une situation extrême de souffrance et d'incurabilité à laquelle il n'y avait pas de solution que celle à la laquelle la loi refuse l'accès.

Cela n'a pas été, apparemment, le cas si l'on en croit l'appréciation du Pr Arnold Munnich, conseiller du Président pour les questions de santé. Ce dossier médical fait apparaître que la maladie, traitée précocement, n'est pas incurable, mais Mme Sébire a refusé toutes action chirurgicale. Elle a refusé tout autant des prescriptions médicales et finalement palliatives.

Fallait-il procéder à une autopsie?
Faut-il se l'interdire? Hier, matin, on pouvait entendre au proche de Chantal Sébire, des voix selon lesquelles elle aurait obtenu une aide de Suisse ou de Belgique, entendre son avocat protester que "si elle s'était jetée dans le canal tout proche, personne n'aurait réclamé une autopsie" pour finalement, en fin de journée, assister à un changement de pied pour accréditer la thèse de la mort naturelle.
Je conçois parfaitement la douleur de la famille et imagine l'épreuve que cela représente. Mais Chantal Sébire s'est érigée, en vertu de son libre-arbitre ou en liaison avec les associations qui l'entouraient, en symbole.
Elle a appelé, il y a deux jours, au cours d'un reportage poignant, à organiser un référendum là où lae juge de Dijon venait de redire le droit.
Autopsie, c'est en grec, voir par soi.
C'est la recherche de la vérité.
Elle a sa place dans une société. Particulièrement, lorsqu'on ouvre de tels débats.