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26.03.2008
L'Europe, sur laquelle aucune nuit ne tombe
C'est un discours marquant que vient de prononcer le président de la République à la Chambre des communes et à la Chambre des Lords ce mercredi 26 mars 2008. Il a d'ailleurs été salué par une salve d'applaudissements nourrie.
C'est un très grand discours, évidemment, pour l'amitié franco-britannique, expression qu'il faudrait dépasser, selon le chef de l'Etat, pour engager l'ère d'une "fraternité" franco-britannique, mais il retentissait, ici, à quelques semaines de la présidence française de l'Europe, comme un discours de l'Union.
Il en avait l'étoffe.
Au coeur de ce pays que l'on peut tenir pour euro-sceptique par nature et devant un Premier ministre, Gordon Brown, connu pour une certaine distance à l'Union Européenne, le chef de l'Etat a déployé des arguments faits pour être convaincants, pour balayer les controverses stériles, dépasser les débats institutionnels éculés "qui ennuient les peuples et nous ennuient nous aussi", faits pour dégager l'essentiel: la nécessité pour l'Europe, pour l'Union européenne d'être plus forte et rayonnante avec le Royaume-Uni, tel qu'il est, avec sa tradition et son identité, et pour le Royaume-Uni d'être plus fort, lui aussi, avec l'Europe qui ne saurait se concevoir sans une implication forte des Britanniques, car le moteur franco-allemand n'est pas suffisant à lui seul.
L'Europe deviendrait alors un acteur majeur du monde et de l'avenir du monde. Elle quitterait le temps de la "construction" pour celui de l'affirmation des "principes" qui réunissent.
Ce n'est pas sans souffle que le chef de l'Etat a évoqué notamment des Espagnols qui ont une influence sur le monde hispanophone, des Britanniques sur le Commonwealth et qui entretiennent un rapport singulier avec les Etats-Unis d'Amérique, la France avec le lien à la francophonie, notamment. Un atout d'influence qu'elle doit jouer pleinement.
Nicolas Sarkozy aime la réforme et a tenu à la confirmer. Mais si elle s'applique en France, il a dit, non sans force, qu'elle devait s'appliquer aux institutions internationales d'aujourd'hui qui ne peuvent pas ignorer que le monde a changé.
"Que vaut le G8 aujourd'hui? Que représente-t-il? Pouvons-nous nous réunir à huit et inviter 2,6 milliards de personnes, l'Inde et la Chine, au dernier jour, pour un petit-déjeuner. Gardons-nous! Car le G5, la Chine, l'Inde, le Brésil, ect, pourrait un jour nous toiser de haut. Et nous, à avoir ignoré cette évolution, nous récolterions ce que nous avons semé..." a-t-il dit en substance. "Ce n'est pas avec les institutions du XXe siècle, nées après guerre, que l'on représente le XXIe siècle...".
Dans ce lieu éminemment lié, historiquement, à "un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais", c'est peut-être un appel majeur pour une Europe alerte, sur laquelle le jour se lève et sur laquelle aucune nuit ne tombera désormais, active et réunie, finalement, sur tout ce qui compose les enjeux actuels du Monde que le président français a lancé.
L'occasion de dire, en son nom, à la Chine que la résolution de la crise au Tibet ne pourrait se concevoir sans "un dialogue de la Chine avec le Dalaï Lama", affirmation vivement applaudie par l'assemblée.
Enjeux de défense et de sécurité, enjeux en matière d'immigration, enjeux en matière d'environnement et de réchauffement climatique, sécurité sanitaire, enjeux de diplomatie avec l'affirmation solennelle, s'agissant du terrorisme international, de l'Afghanistan, de tenir son rang dans les dispositifs stratégiques, tels l'Otan.
18:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


