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29.03.2008
Valeur refuge
J'ai fait ma petite revue de presse, ce matin, avant de petit déjeûner en paix, comme l'a si bien chanté Stephan Eicher.
J'ai rencontré un remarquable article dans le Figaro Magazine consacré au "Qatar", et au "rêve fou du roi de la perle".
Il nous permet enfin de quitter la rue des petites perles, de passer le mur du son, pour plonger dans des eaux translucides à la recherche d'un trésor.
Le sujet est remarquable et il est traité avec brio. Pour tout dire, ce qui n'est jamais suffisant, on a presque envie de décréter la perle, face à la "malédiction" de l'or, peu regardant sur ce qu'il abrite en des temps de crise financière, valeur refuge pour la beauté du monde.
Ha, quelle fabuleuse puissance de pouvoir nous montrer des choses simples et excellentes, comme cet homme, roi de la perle, parlant de sa tradition familiale. Permettez-moi de devancer une ironie que je sens toujours poindre et qui se voudrait dévastatrice: la question n'est pas le royaume, mais ce qui le fonde et le maintient.
Donc, voilà ce qui nous est rapporté de cet homme parlant de "ses" perles:
«Qu'y a-t-il de plus séduisant que leur irrégularité naturelle ?» murmure-t-il en les libérant (les perles). L'homme, pressé de tout montrer, ordonne : «Sortez les bracelets, la tiare, les perles noires.» Nous sommes désormais au bord d'un lac de perles, relate le ou la journaliste. «Vous ne verrez jamais chez moi de perles de culture, car je ne les aime pas, poursuit Hussein Al Fardan. Elles vivent dix ans, puis s'éteignent. Enfermez des perles fines cent ans, elles revivent immédiatement à la lumière comme si vous veniez de les sortir de l'eau.».
En terme de métaphore ou d'allégorie, si l'on tient compte du fait que la sécrétion qui conduit à la réalisation de la perle est une réaction de défense de l'organisme confronté à un corps étranger, la perle est un objet passionnant.
Je comprends que M. Hussein Al Fardan leur soit si attaché.
Dire, qu'aux yeux de certains, la présence du Nouveau Louvre dans la péninsule arabique serait une hérésie.
Il faut savoir écouter Bach, Mozart, chanter un oiseau, ou voir un homme parler d'une perle.
Pourquoi ne pas en raffoler.
C'est vrai que l'on m'a souvent reprocher d'être péremptoire. Mais je me suis toujours demandé pour quelle étrange raison ce serait un défaut en soi, si l'on entretient au bout du compte l'exigence de l'être et le rester à bon escient.
Mon vieux Robert, qui ne m'a pas quitté depuis mon adolescence, donne la définition suivante: "Qui détruit d'avance toute objection; contre quoi on ne peut répliquer".
Bon, il fait beau, je vais à la plage.
10:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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