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31.03.2008

Préliminaire

La question des OGM va être discutée par les parlementaires français mercredi prochain et ce débat dépasse de loin les frontières nationales. Je serais bien en peine de m'y mêler, aussi me contenterais-je de quelque préliminaire.
Le principe de Précaution est incontestablement légitime en lui-même. Mais il s'arrête, car il ne couvre pas les autres principes, où se posent des enjeux vitaux. La sécurité alimentaire en fait partie et, a fortiori dans l'hypothèse d'un changement climatique, elle n'est pas à considérer avec les repères et les réflexes du jour.
J'ai le sentiment que beaucoup veulent nous contraindre à raisonner à partir du champ de maïs de la parcelle 62 de Saint-Pompom dans le Lot et de l'exaltation citoyenne de quelques faucheurs volontaires, habilles avec la faucille comme ils le sont avec le concept de "désobéissance civile".
Il n'y a pas que du maïs qui pousse dans les champs.
Fallait-il que cette époque ait perdu toute confiance en elle-même pour ériger l'évidence en principe, pour l''externaliser' alors que cette préoccupation est ou devrait être partout. Du moins à 99,99%.

Par ailleurs, il ne me semble pas souhaitable de se laisser happer par le débat sur le réchauffement climatique.
Je dois admettre que Claude Allègre, esprit assez anti-conformiste il est vrai, n'a peut-être pas tort lorsqu'il nous conjure de parler de "changement climatique" plutôt que de "réchauffement climatique". Il saisit parfaitement, je crois, ce qu'il y a derrière la sémantique.
En vertu même du principe de Précaution invoqué par ailleurs avec tant d'absolutisme, nous devrions accorder à M. Allègre une attention méritée plutôt que de le vouer à je ne sais quelles gémonies.
Il est un peu comme ces facteurs de dissémination qui vont au gré du vent contaminer les champs "purs". Tolérable jusqu'à un pour mille, un pour un million... Je n'ai pas la loi en tête.

Petite réflexion: il nous incombe, aussi, de distinguer le rythme politico-médiatique du rythme géologique, même si, d'un certain point de vue et jusqu'à une certaine échelle, ils peuvent sembler en phase et qu'en épousant l'un nous aurions l'impression d'épouser l'autre.
Combien rêvent, au fond d'eux, d'une sorte d'union ultime avec "Gaïa".
Certaines fiançailles peuvent être trompeuses.

Il me semble qu'il y a une présomption, assez effrayante, des climatologues dans ce domaine.
Il ne suffit pas de survoler la calotte, de croiser des milliards de calculs, de simuler et de montrer des images poignantes d'ours polaires encerclés par "le réchauffement dont nous sommes la cause" pour établir et la preuve et la charge et le mobile.
Le sort de ces ours ne m'est pas indifférent, mais je me garde, ici, de tout transfert anthropologique.
Cela ne m'empêche pas de parler à mon chat.

Il y a une obligation d'intelligence et de rationalité dans ces questions à laquelle je ne suis pas convaincu que les climatologues répondent toujours, avec le détachement pratique nécessaire. Derrière tout cela, derrière le principe de précaution, il y a une idéologie en construction.
Considérant les ravages qu'elles font toutes, il ne me semble pas, en tant que citoyen, irresponsable d'être attentif.