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25.04.2008
Elements de Conversation
Je me suis exposé au cours des dernières années à diverses situations, mais l'une des plus marquantes, pour moi, date du 3 décembre 2004. Ce jour-là, mes amis, m'ont invité à un apéritif dans un bar musical estimant que j'étais devenu "dépressif". J'avais pour habitude, le cas échéant, de leur opposer que je considérais ma nature comme "anti-cyclonique".
Bref, je me suis rendu à ce rendez-vous. Tous, à peu près étaient là.
Nous avons parlé et je leur ai dit que je reniais rien de ce que je leur avais dévoilé de mon être "secret".
Au milieu de la musique, des conversations de bar, c'était un moment assez insolite.
Je me souviens alors avoir parlé, en sus de mes préventions sur les questions du moyen-Orient, de l'Islamisme, de l'Irak, de mon inquiétude à l'égard de la Chine, ce vaste continent si indispensable à l'équilibre du mode.
Tout à coup, un des mes interlocuteurs Hamid, avec lequel, en compagnie de Christophe, j'ai le souvenir impérissable du triathlon de Tautavel, au début d'avril de cette si belle année, m'a posé une question comme il arrive à peu de se l'entendre poser:
-Tu ne crois tout de même pas qu'un homme seul peut sauver le monde?
Cette question est la question la plus terrible qui soit car ce n'est pas une question, au fond, de sentiment du supériorité, mais une question de profonde humilité, et c'est à cet endroit qu'elle est si difficile à saisir.
J'ai réfléchi, parce qu'elle m'a presque désarçonné, cette question, et que je mesurais combien, en fonction de la réponse que j'allais donner, quelque chose basculerait.
J'ai répondu, alors, que je pensais qu'un homme pouvait sauver le monde et que je me plaçais là.
Personne n'a su quoi me dire après cela.
Christophe, qui avec Hamid, était gendarme mobile, m'a fait un salut militaire.
Je ne sais pas pourquoi, le millième de seconde, il m'a paru tellement sincère et je me suis senti très honoré.
Nous avons bavardé quelques minutes, puis j'ai pris congé d'eux.
Je ne les ai jamais revu.
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Le lendemain, j'écrivais cette lettre à Jacques Attali avec qui j'ai correspondu quelques instants, l'ayant abordé au sujet de son livre "La confrérie des éveillés", au sujet de l'expérience inscrite dans "Forums" et qui m'avait témoigné quelque intérêt.
Lettre du 4/12/2004 à Monsieur JA
Voilà j'ai révélé ce que j'avais à révéler, y compris à mes amis. Ils s'inquiètent pour moi et suis sensible à leur inquiétude. L'aveu que je leur ai fait, l'histoire dont je leur ai donné à voir à travers une certaine somme d'éléments, les déconcerte et, hier soir, à l'occasion d'une invitation à boire un coup dans un lieu à la mode qui tenait de la séance de psychothérapie, ils m'ont gentiment fait comprendre que dans les conditions où je me
situais, je n'avais pas d'avenir et qu'il était finalement normal que tout me fuit.
La révélation de ce que je porte dans mon coeur, finalement, vaut ce commentaire: "Je n'ai pas tout lu. C'est intéressant.".
Le salut est dans l'abandon de l'être que je porte.
Je suis très serein. Vidé de tout sauf du contenu de mon coeur, mais très serein, car, aujourd'hui, je me reconnais pleinement. Il semble que c'est un privilège que je dois porter seul car il m'a été fait remarqué que, d'une certaine manière, ma vie se présentait aux autres sous une forme illisible et inextricable, et qu'il était, hormis l'hommage rendu à mon caractère serviable quand il s'agit d'aider, difficile de voir ce qu'il en était.
Alors, tour à tour, ils m'ont demandé de ne pas hésiter à leur demander de l'aide, qu'ils étaient à pour me secourir. Je n'avais qu'une réponse à leur fournir et je l'ai répétée assez car elle est celle de mon coeur et de son évidence.
Quand j'ai entamé cette longue marche qui pourrait consister, graduellement, en celle d'un éveil au monde, secrètement, j'ai pensé que je venais au secours du monde et au secours de mon pays. Cette conviction qui est étayée, je le crois à la fois par ce que j'ai accompli, tout gratuit et déraisonnable que cela puisse paraître, et par l'écriture qui en a découlé, je ne peux la renier. Dans ces conditions, je leur ai dit, à eux, comme je le dis par ailleurs,
qu'il serait tout de même inconcevable que pour me sauver je puisse en être réduit à demander de l'aide car l'aide, c'est moi, à travers ce que je contiens et que j'ai délivré, qui l'ai apportée.
Je n'en fais pas une affaire d'orgueil. Mais une affaire de vérité.
Je comprends cependant qu'il est bien difficile de se prononcer.
Malgré l'ensemble des choses révélées, ces derniers jours, je n'obtiens finalement qu'un silence. Il me condamne et je le vois à l'oeuvre. Je ne me plains pas même s'il m'est difficile de revoir mes parents me traiter comme ils me traitent en me disant que je me coule douce, et me juger comme ils me jugent de point de vue de ma santé et de mon équilibre mentaux.
Mais la pire parmi les pires choses se trouve du côté de l'image forcément détériorée que la personne que j'aime a désormais de moi.
Je n'ai pas assez de pardon en moi pour pardonner au monde cela.
Cordialement
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Quelques jours après, ce que chacun est libre de considérer comme un épisode de délire, je lui ai signalé qu'il convenait de distinguer ce qui est important de ce qui donne de l'importance.
Je persiste à penser que c'est un enseignement à se réapproprier. Cela éviterait beaucoup de querelles stériles qui n'ont pas lieu d'être en démocratie.
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Quand je repense à cela et que ma mémoire met cet épisode en perspective avec la lettre ouverte écrite et transmise à l'Elysée - publiée ici même - au sujet des Jeux olympiques de Pékin, en pleine crise, je me dis, malgré tout, qu'à la question posée, j'ai été fondé à dire "Oui".
Bien entendu, je n'ai ni ne prétends à aucune légitimité, sinon celle d'être, comme tous et chacun, là.
15:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


