06.09.2008
Turquie-Arménie, bien au delà du foot
Stade d'Erevan, capitale de l'Arménie, samedi 6 septembre: le président turc Abdullah Gull a été copieusement sifflé, tout comme l'hymne national de la Turquie, lors de la présentation des équipes nationales qui s'apprêtaient à disputer un match comptant pour les éliminatoires du prochain Mondial.
Peu importe des sifflets prévisibles déjà emportés par le vent, il y a eu un jour où, à l'occasion d'un match banal de football, un chef de l'Etat turc a été reçu par son homologue arménien, Serge Sarkissian. Et ce jour, c'était celui-là.
Cette date restera donc.
Demain, peut-être déjà maintenant, parmi les Turcs les esprits s'échaufferont les uns d'avoir vu leur hymne outragé, les autres d'avoir eu cette audace et de la revendiquer.
Pourtant, à moins que le président turc - ou son gouvernement - n'aient une réaction d'orgueil inappropriée, quelque chose de marquant a été posé, délibérément, dans le stade d'Erevan.
Rien de moins qu'un point de départ concret, rendu neutre par le football.
L'Histoire en est témoin.
En attendant d'autres étapes dans un processus de normalisation inévitable qui passera, au delà des gestes symboles, par un examen de conscience des fils d'Atatürk sur le "génocide" arménien.
Les Turcs en sont aptes.
La Turquie, lors, entrera dans une nouvelle ère de son histoire, qu'elle veut voir coïncider, à terme opportun, avec un destin européen.
Finalement, l'enjeu du match Arménie-Turquie est relativement éclipsé.
D'ailleurs, il ne m'intéresse pas.
Mais qui intéressait-il?
19:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Turquie-Arménie
03.09.2008
Le cas Schaal
C'EST UNE PROCEDURE assez rare par la nature et la publicité dont elle fait l'objet, qui est engagée par la direction de TF1 à l'encontre de Florence Schaal, journaliste expérimentée, dont le tort a été d'annoncer dans le direct du 20h la mort du petit Louis, alors qu'il venait d'être retrouvé vivant, le 8 août dernier dans les environs de Verclause, dans la Drôme.
TF1 a rendu publiques les sanctions auxquelles la reporter est exposée. Elles vont jusqu'au licenciement.
Certes, ceci est une affaire de droit privé entre la direction et la journaliste, pourtant le cas Schaal est assez paradoxal - générateur d'un bruit médiatique qui choisit ses cibles - pour espérer que l'intéressée ne soit pas livrée au bucher des vanités médiatiques, expier devant l'opinion publique ou ce qui lui en tient lieu, des fautes qui ne sont, peut-être pas, que les siennes.
Si elle doit incarner l'ensemble des fautes collectives, alors d'autres que TF1 pourraient effectuer leur examen de conscience.
DEPUIS, PLUSIEURS MEDIAS ont, après le drame qui a frappé les soldats du 8e RPIMa de Castres, donné libre cours à différentes thèses dont celle de tirs amis qui auraient tué des soldats français, ou encore, d'enlèvements de soldats sommairement abattus par les talibans.
Rien n'étaye ces versions.
Bien sûr, l'exercice journalistique dans le cadre d'un conflit n'est pas aisé. Mais doit-il s'exonérer des règles, surtout à partir de Paris, de vérifications qui s'imposent généralement et auraient dû s'imposer, puisque cela lui est reproché, à elle, Florence Schaal?
A aucun moment, il n'y a eu d'excuse ou quelque contrition que ce soit.
A aucun moment, ces titres ont cru bon d'analyser ce qui les a conduit à prendre un tel risque avec la réalité pour poser leur thèse comme un pion posé sur l'échiquier entre partisans et opposants à la participation de l'armée française à l'ISAF.
LA RECHERCHE DE LA VERITE offre plusieurs chemins possibles. Celui de l'objectivité et du désintéressement idéologique n'est pas toujours le plus et le mieux emprunté, que ce soit en Afghanistan ou aux abords de la villa de Christian Clavier.
Florence Schall, praticienne de l'information prise en défaut, risque une sanction qui peut aller jusqu'au licenciement.
Elle avait, elle, une circonstance atténuante. Celle, par son erreur, de caractériser deux réalités très humaines.
La première? Comme la plupart d'entre nous, elle nourrissait, sachant que le petit enfant avait passé tant de temps seul dans une nature aussi inhospitalière, les pires craintes pour son sort, qu'elle a scellé précipitamment, j'en suis d'accord.
La deuxième, qui en découle, c'est que c'est un petit miracle - trop rare - qui a permis de retrouver Louis vivant et si peu diminué.
Une autre chose la distingue, aussi, sans doute. Elle a été heureuse de se tromper.
Cela serait-il envisageable parmi ses confrères qui ont traité ou traitent l'affaire de la villa corse de Christian Clavier, et, d'une manière plus lourde encore, celle du drame vécu par nos militaires en Afghanistan.
Une démocratie mature peut-elle se concevoir sans une société de l'information qui l'est aussi?
Vaste question, non?
16:35 Publié dans médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Florence Schaal
02.09.2008
Et si le pétrole, c'était pas fini
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a donné le coup d'envoi officiel à l'extraction du pétrole dans des gisements maritimes en eaux très profondes et recouverts d'une épaisse couche de sel, sur la côte sud-est du pays, relate l'AFP aujourd'hui.
Lula a visité la plateforme P-34 de la compagnie nationale Petrobras, et a recueilli des échantillons de brut du champ de Jubarte au large des côtes de l'Etat d'Espiritu Santo, extrait à 4.400 mètres de profondeur sous une couche de sel de près de 200 mètres d'épaisseur. Le brut pompé par la P-34 est le premier à sortir des eaux très profondes de l'Atlantique qui baigne les 800 km de côtes allant de l'Etat de Santa Catarina (sud) à celui d'Espiritu Santo (sud-est) et pourraient renfermer 80 milliards de barils de pétrole.
Cela ferait du Brésil une puissance mondiale pétrolière.
Il y a certes loin de la coupe aux lèvres, mais sur une configuration géologique un peu comparable à celle qui voit le Brésil désormais envisager de devenir un producteur de pétrole, le sous-sol de la Méditerranée recèle potentiellement des réserves en hydrocarbures considérables. Deux campagnes de forage au large de Chypre et sur les Côtes française, si mes souvenirs sont bons, sont engagées afin de vérifier cette thèse très sérieuse.
Si la thèse scientifique, construite sur un modèle où la Méditerranée, privée de communication avec l'océan, se serait asséchée, est confirmée, les réserves contenues dans les couches géologiques, seraient considérables.
Le défi technologique est sans commune mesure avec celui des Brésiliens puisque la couche de sel, là, ne se mesurerait pas en centaines de mètres mais en kilomètres, couche sur laquelle, à l'échelle des temps géologiques, les sédiments ont eux-mêmes recouvert d'une épaisse couche solidifiée.
Si ma mémoire ne me trahit pas, seuls les Japonais disposent de navires et d'équipements capables de forer à ces profondeurs.
Qui sait? La crise pétrolière actuelle débouchera peut-être sur une ère, sinon d'abondance du moins d'équilibre renforcé, avec une géopolitique tout à fait inédite sur un bassin méditerranéen, auquel l'Union Européenne a procuré, dernièrement, sous une forme embryonnaire certes, une personnalité singulière.
Quant à la crise actuelle et ses inconfortables effets de yoyo, elle aura eu alors pour avantage d'accélérer d'une part la recherche d'alternatives et d'autre part de développer une culture de l'économie des usages et consommations. Peut-être même a-t-elle fait émerger une conscience globalisée dans le domaine énergétique et révélé les différents visages de ces acteurs.
Le bilan des forages devrait intervenir, toujours de mémoire, l'an prochain.
A suivre, donc.
19:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pétrole


