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15.05.2008
"Régime artificiel"
« Les peuples de la région haïssent ce régime artificiel criminel et si la moindre occasion leur est fournie, ils déracineront ce régime », a déclaré hier le président Mahmoud Ahmadinejad en faisant référence à Israël. « Elles (les grandes puissances) doivent savoir que le régime sioniste agonise », a ajouté M. Ahmadinejad lors d’un discours à Gorgan dans la province du Golestan, dans le nord d’Iran, retransmis par la télévision d’État. À propos des célébrations sur la création de l’État hébreu, il a déclaré que « cette fête d’anniversaire est celle d’un mort ».
M. Ahmadinejad attise donc, toujours, la haine contre Israël croyant tenir là le puissant levier pour coaguler un partie des nations arabes en vertu d'une mythologie de la libération qui possède dans le Hamas et le Hezbollah, qui s'est arrogé le titre de champion de la cause, en 2006, en décrétant sa "divine victoire" , de scrupuleux relais.
Mais M. Ahmadinejad fait fi de quelque chose de plus puissant que la rhétorique employée, usée jusqu'à la moelle.
Il fait fi de l'Histoire et de sa propre force, et cela constitue une erreur grossière de la part d'une aussi grande nation que la nation découlant de la Perse.
En vertu de cela, le régime artificiel est celui très probablement, qui use lui-même, au point de se confondre avec, des artifices verbaux.
L'histoire s'accomplit par les nations, libres, dignes, et l'intelligence des hommes, plus que par des nations aveuglées et asservies, et la haine de hommes.
J'ai, un jour, posé sur le site de la Maison Blanche, au moment où l'armée américaine s'apprêtait à éradiquer l'insurrection armée à Falludja, en 2004, il me semble, une intervention dans laquelle je souhaitais attirer l'attention de M. Bush sur la nécessité d'éviter d'exercer une violence aveugle sur Falludja.
Sans doute mon intervention, en Français qui plus est, a-t-elle fini en classement vertical, mais, en conscience, je l'ai posée et adressée.
Ainsi, j'ai fait ce que j'avais à faire.
Je cite cet épisode car, connaissant la ferveur religieuse du président des Etats-Unis, j'ai tenu alors à poser, en préambule de mon intervention que, s'il fallait en chercher et en trouver un, "l'histoire était le lien le plus direct des hommes à Dieu". J'ignore encore, je l'avoue, comment, au gré d'une réflexion, ni par quelle inspiration, une telle phrase peut subitement s'imposer à l'esprit, mais c'est ainsi qu'elle s'est formée et je l'ai trouvée, finalement, juste.
Cela reste ma conviction et c'est - la construction de l'histoire, pas ma conviction - la chose la plus sûre qui soit, permettant de concevoir, tout au long des siècle, et pour ceux à venir, l'onction de l'Histoire sur la géographie.
La haine n'a jamais fait un ciment sûr pour édifier quoi que ce soit, particulièrement des fondations.
C'est, peut-être, ce en quoi, finalement, la posture « résistante » du Hezbollah ne saurait être suffisante pour incarner et nourrir la nation libanaise.
15:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Iran, Liban


