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17.05.2008
Réserver les agro-carburants à l'agriculture
Il est difficile pour tout compatriote de ne pas voir les difficultés, voire la détresse, des pêcheurs, qui supportent des contraintes lourdes en matière de quotas de pèche, et sont tributaires d'aléas importants pour rentabiliser l'équation "l'énergie de déplacement consommée"/ fruit de leur pêche/cours à la criée". Cette situation critique déséquilibre la filière de la pêche française et met en péril, gravement, l'équilibre des exploitations, leur survie même.
C'est à cette aune, qu'il me semble opportun, pour l'Etat français, en relation et en coordination avec l'Union européenne, de jeter les bases d'un schéma directeur ambitieux en matière d'approvisionnement d'agro-carburants représentant une perspective de stabilité pour les professions de l'agriculture et de la pêche.
Si, comme un certain nombre de rapports, cette filière n'est pas apte, compte tenu de son incidence sur les cultures vivrières, à se développer au delà d'un seuil d'équilibre qui est peut-être déjà atteint, ce compte tenu de la crise alimentaire sévissant partout dans le monde, alors la situation impose peut-être de passer d'un choix général à un choix spécifique.
Celui-ci consisterait à réserver l'usage des agro-carburants aux métiers de l'agriculture et de la pêche plutôt que de les fondre dans un usage global d'ores et déjà controversé.
J'ai vu, hier soir, dans l'émission "Thalassa" , la manière dont un petit Etat avait su réaliser son indépendance énergétique à partir d'agro-carburants dérivés des cocotiers.
Evidemment, cet exemple ne saurait constituer une solution à la dimension de notre pays, et à fortiori de notre continent. Par contre, le fait même qu'une flotte ou que les outils de travail des agriculteurs puissent fonctionner - avec une adaptation particulière de la motorisation au flex-fioul - essentiellement à partir de ces substituts aux hydro-carbures, montre qu'une filière destinée à satisfaire le besoin de ces professions pourraient être mise en place et « sanctuarisée », d'une certaine manière, dans l'attente de solutions technologiques futures.
La mise en place d'un tel schéma assurerait, de surcroit, aux agriculteurs une certaine maîtrise de leur destin «énergétique».
Cette solution pourrait en outre garantir aux professionnels, qui y sont si sensibles, une stabilité des cours, puisque, à moins que je me trompe, le cours des agro-carburants n'est pas indexé sur le cours du brut (*). Cela formerait une assurance particulière pour se prémunir, à l'avenir, des incertitudes et de l'hystérie potentielle des cours pétroliers.
Compte tenu de l'enjeu, les citoyens pourraient être sensibles à la cohérence que représenterait le fait que la filière de agro-carburant serve en priorité les besoins en énergie « de mobilité » d'un secteur qui a pour mission d'assurer à la fois la sécurité et la variété de l'alimentation.
Il pourrait y avoir un relatif consensus politique là dessus, avec une période de latence permettant aux personnes qui ont investi dans des véhicules « flex-fioul » d'amortir leur achat.
(*) Il est difficile d'avoir un vrai bilan sur la compétitivité - hors fiscalité - des agro-carburants/fioul mais, dans un contexte d'envolée du prix du brut qui représente une tendance peu réversible, l'investissement dans cette filière peut-être considéré comme un bon choix.
16:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Crise de la pêche, agro-carburant, flex-fioul


