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19.05.2008
Ve République
Je voudrais souligner, au moment où tant dans notre pays s'apprêteraient, si le loisir leur en était donné, à détricoter la Constitution de la Ve République, la jugeant anachronique et inadaptée aux aspirations «moderne » de la démocratie, combien sa forme et sa vocation se révèleraient utiles dans les cas libanais, israélien ou encore irakien. Au point qu'il faut se demander si cette Constitution qui singularise notre nation ne devrait pas être notre fierté plutôt que notre honte.
J'ai si souvent entendu nos compatriotes, hommes politiques et chroniqueurs divers et variés, arguer du fait, péjoratif, que nous serions la seule démocratie à disposer d'un tel régime, que voir les mêmes marquer tant d'indulgence pour d'autres «exceptions» françaises me paraît paradoxal.
Et si la Ve République avait raison de privilégier la stabilité de l'exécutif et la prééminence du chef de l'Etat.
Et si, de tous les régimes possibles et imaginables, celui-ci était, finalement, le plus sûr pour assurer le maintien d'une nation.
Peut-être le Premier ministre israélien, quel qu'il soit, ne serait pas prisonnier d'une coalition fragile, apte à le renverser selon son gré? Peut-être le Liban s'extirperait-il de ses crises gouvernementales?
Notre Constitution a peut-être un tort inexcusable en ces temps : elle est lucide sur les hommes, les partis, et a établi et ordonné les Institutions en conséquence.
Je n'ai pas encore vu, sur ces préventions, une réalité lui donner tort.
Hélas.
C'est juste une parenthèse.
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