04.06.2008
Aux totalitaire réunis
L'annulation du mariage entre deux personnes à Lille en raison du mensonge de l'épouse sur sa virginité qui était une condition préalable pour l'époux a - il allait s'y attendre - dégénéré en quelques jours au point que le trouble causé a incité le parquet, à la demande du garde des Sceaux, a interjeter appel de la décision.
C'est suffisamment remarquable pour être signalé. Dans un trop rare élan, tous rejoignent ce front spontané de la libération de la femme, en exigeant que l'article 180 incriminé soit amendé de sorte de voir sortir de son champ d'application la virginité en tant que caractère essentiel dans l'établissement d'un mariage.
Je comprends la tentation qu'il y a à ce que nous puissions tous nous réjouir, même si les deux intéressés avaient consenti à l'annulation du mariage, d'une nouvelle abolition.
Il est à craindre pourtant que cela aboutisse à une conclusion assez totalitaire.
Il serait judicieux d'en mesurer l'importance.
Car à la faveur de ce détournement politico-médiatique d'un banal jugement civil, une pression s'exerce sur le juge pour l'amener à établir que la virginité n'a pas lieu d'exister puisqu'elle n'a et ne doit avoir aucune valeur, y compris dans le mariage.
Dans la mesure où les carrières de pythies comme les vocations à la Jeanne d'Arc - si discriminantes sur la question virginale - sont passées de mode, il ne reste, très très marginalement, qu'en matière de conduite prénuptiale que la virginité peut représenter, le cas échéant, une "valeur".
Si elle n'en a pas là, elle n'en a nulle part.
Comment la dénier à celles et ceux qui adoptent ou pourraient adopter ce choix, par adhésion personnelle à une culture spécifique ou - qui peut dire que cela n'arrivera pas - à une contre-culture qui peut toujours naître en réaction au merchandising sexuel qui régit assez fortement notre culture moderne.
Il y aurait une dimension totalitaire à légiférer pour dire, à la place des individus concernés, dans la sphère qui est la leur, que la virginité est au mieux une hypocrisie, au pire une fiction et, qu'en tout état de cause, même s'ils jugent cet élément déterminant dans l'engagement pris l'un envers l'autre, la loi leur impose de ne pas y prêter importance, ce même s'ils sont sciemment trompés.
Est-ce que c'est à la loi d'imposer cela, dans une société, faut-il le rappeler, qui est caractérisée par un poussée forte vers l'affranchissement sexuel dès l'adolescence et la "désinhibition" totale?
On est en train, par ce type d'emballement, de transformer la laïcité en machine à produire de l'aberration et de l'arrogance.
Ce, en s'éloignant de ce qui fait la vertu de la loi: sa neutralité aux humeurs et son élévation.
10:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Virginité, Loi
28.05.2008
"Oui" et "Non"
Dire "Non" produit plus d'impact que dire "Oui". Ceci est un fait.
Dans la plupart des circonstances, y compris à l'échelle d'une conversation familiale, l'attention se porte davantage sur celui qui objecte un raisonnement que sur celui qui le soutient. C'est dans la nature humaine et, de ce fait, il n'est pas aberrant qu'une Constitution incorpore, pour le prévenir, une forme de régulation.
En termes politiques, n'en déplaise aux théories partisanes du socialiste Arnaud Montebourg, promoteur notoire d'une VIe République, cela donne, de surcroît en période de grogne sociale, une prime substantielle à l'opposition qui peut accommoder son discours à toutes sortes de sauces et ne s'en prive d'ailleurs que rarement.
Le "Non" au référendum sur la Constitution européenne, en mai 2005, le prouve, puisqu'il a été acquis en dépit de la «monopolisation médiatique» du «Oui».
Le phénomène serait intéressant à décortiquer.
L'égalité – cette obsession si française – en terme de réorganisation des trois tiers de temps de parole cumulés -opposition, majorité, gouvernement- conduirait inéluctablement à l'inégalité du rapport de force et privilégierait l'opposition.
Sans doute le statut singulier accordé par la Constitution à la parole du chef de l'Etat et, plus largement à l'exécutif, résulte-t-il de la prise en compte de cette réalité sociale et psychologique pour «assurer» - comme en cordée d'alpinisme - l'exécutif.
On ne peut pas blâmer le législateur fondamental d'avoir eu ce souci, même si par ailleurs il peut sembler légitimement paradoxal de privilégier l'exécutif pour assurer l'équilibre institutionnel.
Mais cela participe, au delà des apparences, à l'équilibrage des institutions.
Faut-il tenir une telle précaution pour abusive parce qu'on serait entré dans une démocratie d'opinion, obnubilée, de plus en plus, par des enjeux de représentation et d'exaltation médiatiques?
Ce serait faire preuve d'aveuglement.
La parole présidentielle, en tout état de cause, ne peut pas être assimilée à la majorité ni à l'opposition, car il est possible de voir le président de la République ou le gouvernement aller à l'encontre de tout ou partie de sa majorité parlementaire.
C'est même ce qu'on peut attendre du premier personnage de l'Etat en certaines circonstances?
L'ancien président Jacques Chirac n'a-t-il pas dû, en 2004, faire face, sur la question turque, à l'UMP?
Où était-il alors?
Dans la majorité? Dans l'opposition?
Ou dans son rôle et ses attributions?
Il est curieux et, à dire vrai, symptomatique, que, de toutes les "exceptions françaises" dont nous nous enorgueillons, celle qui nous a doté d'une Constitution aussi clairvoyante et robuste que la Ve République, soit celle, en définitive, à laquelle nous sommes le plus indifférent voire le plus hostile.
Peut-être faudrait-il y voir quelque ingratitude?
Beaucoup de pays seraient pourtant différents s'ils avaient bénéficié ou bénéficiaient d'une telle "intelligence" des institutions.
Nous, en tant que peuple, nous nous croyons désormais affranchis d'une telle sécurité.
14:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ve République, Constitution, équilibre des institutions
L'échec de la réforme institutionnelle ne sera pas imputable à Nicolas Sarkozy
Je n'ai jamais été à proprement parler un farouche partisan de la modification de la Constitution de la Ve République, mais j'aurais pu m'y résigner. Certains de ses aspects sont plutôt positifs, ou pourraient l'être, et, s'ils devaient améliorer le fonctionnement de nos institutions, je me serais rangé à cette évolution.
Mais, il faut admettre que le spectacle donné, ne serait-ce qu'en première lecture à l'assemblée nationale, par le Parti socialiste, n'incite pas, sur ce plan, à l'optimisme tant les arrière-pensées politiciennes occupent certains – et non des moindres - de nos représentants.
Il faut se rappeler qu'une Constitution, pour quelque pays que ce soit, représente d'abord un garde-fou. Imposer à la démocratie, parlementaire et extra-parlementaire, une discipline et une cohérence, c'est la préserver. Cela, afin d'éviter le règne si coûteux du n'importe quoi auquel il est si facile et rapide de se précipiter lorsque les circonstances nationales ou internationales s'y prêtent.
Mais qu'est-ce que le parlement de la Nation nous donne à voir aujourd'hui sur une question aussi essentielle pour l'équilibre constitutionnel sinon un jeu hybride de poker menteur et de bataille de tranchée?
Si la réforme des Institutions voulue par le président de la République devait échouer, ce ne serait pas une défaite du président de la République qui doit, objectivement, réunir pour faire adopter de telles modifications bien au delà de son camp puisque les 3/5e du congrès réunis à Versailles sont requis mais celle de l'opposition qui entretient délibérément une épreuve de force politicienne.
Elle le fait, ce qui n'est pas le moindre de ses paradoxes, sur un sujet sur lequel elle revendique depuis des années et qui réclame, pour aboutir, plus de vertu démocratique que le vice patent qui est le sien.
On ne peut pas faire payer d'un prix exorbitant un accord qui suppose avant tout, aux antipodes de l'esprit de surenchère, celui de la conciliation, et qui fixe la valeur que l'on accorde mutuellement à notre dignité nationale.
La gauche aura réalisé, ici, par ses calculs et sa démagogie une démonstration par l'absurde des dangers d'altérer la Constitution de notre pays.
Certains jeux, malsains, la déprécient.
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Institutions, Ve République
Le mouvement dort au centre de la roue
Le président syrien Bachar El-Assad a déclaré au cours d'une rencontre avec des membres du parlement britannique en visite dans ce pays, jeudi dernier, que les progrès des pourparlers de paix syro-israéliens pourraient encourager le Liban et Israël à initier leurs propres pourparlers.
"Le président a fait allusion au fait qu'il ne serait pas dans l'intérêt du Liban de ne pas avoir ses propres pourparlers si les pourparlers syro-israéliens progressaient", selon une source proche des médiateurs.
Le président Syrien a également dit à la délégation britannique que le parti baathiste au pouvoir entendait maintenir ses "relations normales" avec l'Iran, tout en poursuivant ses pourparlers, via la médiation turque, avec Israël.
La visite du ministre de la défense syrien, à Téhéran, ce week-end, a débouché sur un accord de coopération militaire renforcé.
Selon les mêmes sources, le président syrien a déclaré "que le Syrie avait des relations normales avec l'Iran". "Il est clair que toute suggestion pour les interrompre n'est pas une requête raisonnable. Si Israël pose la question des relations de la Syrie avec l'Iran, alors la Syrie posera la question à Israël de ses liens avec d'autres pays et particulièrement avec les USA".
De son côté, la médiation turque estime qu'elle pourrait s'effacer au profit d'un dialogue et de rencontres directs si les progrès étaient réalisés.
Un différent frontalier incluant les trois parties -Israël, Syrie, Liban - subsiste au sujet des fermes de Sheba. Les Hezbollah et le gouvernement libanais considèrent qu'Israël occupe des fermes libanaises. Pour l'ONU, les fermes de Sheba, occupées par Israël, sont en territoire syrien. Elles ne sont pas libanaises.
Le mouvement paraît toujours dormir au centre de la roue et, pourtant, une forme de lointaine promesse, ténue, fragile, semble s'être suffisamment réanimée pour inspirer des contrariétés tangibles.
Les propos de Bachar El-Assad ne sont pas hermétiques.
Ils laissent entrevoir, tout au contraire, une réelle marge de manoeuvre pour établir une paix durable.
10:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Syrie, Israël, Liban
27.05.2008
La Syrie, vers un réel durable?
La rencontre qui a eu lieu, hier, à Téhéran entre Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d'Iran, et le ministre de la défense syrien, intervient dans un contexte propice aux avancées multi-latérales. Le président iranien a dit, à la suite de cette rencontre, sa conviction que «la direction syrienne dirigera avec intelligence la situation et n’abandonnera pas la ligne de front, jusqu’à la disparition totale de la menace du régime sioniste».
L'assurance exprimée par le régime iranien suffit-t-elle à lever les ambiguïtés positives qui sont celles de Damas?
Ce n'est pas sûr.
«Ce qui a fait pencher la balance en faveur de telles discussions - pourparlers de paix syro-israéliens - était la question de savoir si nous allions être entraînés à cause d’une erreur d’appréciation dans une conflagration avec la Syrie», a affirmé M. Olmert devant la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense.
Il ne fait pas de doute que le régime de Bachar El-Assad est en train d'apprécier la nature de la situation et la nature des évolutions et qu'il se déterminera en fonction du réel durable.
Quelle responsabilité plus grande peut incomber à un dirigeant d'Etat que celle consistant, justement, à asseoir et contribuer à définir la perspective d'un tel réel?
L'heure viendra pour Damas, en effet, de choisir entre ce que propose un camp que l'on aurait tort de limiter à l'Occident, avec ce que propose l'Iran en terme de sécurité et d'indépendance nationale.
Jusqu'à quel point la Syrie baasiste et laïque peut-elle s'accorder sur la longueur d'onde de la Révolution Islamique, expansionniste par nature, dont la seule limite à cet expansionnisme se trouve singulièrement, sur cette façade, dans la difficulté à obtenir du Liban qu'il cède de sa souveraineté au profit de l'influence iranienne, via le Hezbollah. Dimanche, le Liban, présidé par M. Sleimane, a affirmé solennellement sa souveraineté, y compris dans la tenue du procès concernant l'assassinat de Rafik Hariri, et sa volonté d'établir des relations diplomatiques avec l'ancien occupant.
Mais un Liban indépendant, délivré en tout ou partie de l'influence de l'Iran, pourrait avoir pour conséquence, à terme, d'exposer directement la Syrie à l'influence iranienne. Si la Syrie accepte le Liban tel qu'il est et d'entretenir avec lui une relation naturelle d'Etat à Etat, si elle acceptait également une normalisation de son rapport avec Israël, en recouvrant son intégrité territoriale, la ligne de front invoquée par le régime iranien s'effacera d'elle-même là où Mahmoud Ahmadinejad la situe pour se transporter à la frontière de la Syrie avec l'Iran.
C'est là, in fine, que se jouera peut-être l'avenir de cet ensemble géopolitique et historique formé d'Israël, de la Palestine, de la Syrie, de la Jordanie et du Liban.
Le «front anti-sioniste», lui, imperceptiblement, devient ce qu'il doit être : une fiction.
A laquelle chacun est libre d'adhérer ou de cesser d'adhérer.
11:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Syrie, Iran, Israël, Liban
La paix sur un plateau
J'ai dit à maintes reprises - et dernièrement dans le billet intitulé «Au possible, tout le monde est tenu» - combien ce qui se passait actuellement au Proche et Moyen-Orient - accord de Doha sur le Liban, amélioration de la situation en Irak, pourparlers de paix entre la Syrie et Israël, ouverture d'un dialogue inter-confessionnel entre peuples issus des religions du Livre - pouvait être considéré, dans son ensemble, comme un tournant géopolitique majeur, pouvant déboucher sur un règlement général des contentieux régionaux.
Le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, vient dans une déclaration confirmer au niveau du gouvernement israélien une telle attente. "La paix avec la Syrie bouleverserait la donne stratégique au Proche-Orient, car elle isolerait l'Iran et réduirait le Hezbollah au silence", a-t-il déclaré à la radio publique israélienne.
"Nous parlons d'une paix véritable, de la fin de la belligérance, de l'ouverture des frontières, et Israël est prêt à payer le prix pour une telle paix et la coexistence avec la Syrie", a-t-il ajouté.
Même avec le Liban, le chemin de la normalisation est ouvert. Bien sûr, on est loin, ici, de l'instauration de relations diplomatiques et on est plutôt à l'heure de l'échange et de la manifestation de signaux.
Aucun n'est anodin.
Même celui consistant en un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah, l'armée israélienne ayant indiqué par la voix de la radio militaire sa disposition «à libérer cinq prisonniers Libanais et à rendre les corps de 10 combattants du Hezbollah en échange de deux de ses soldats enlevés en 2006 par le mouvement chiite libanais». C'est au début de l'été 2006, cette attaque meurtrière menée en territoire israélien a également coûté la vie à huit soldats israéliens et a été à l'origine de l'offensive de Tsahal au Liban qui a duré 34 jours et précipiter le Liban si près d'un gouffre d'anéantissement.
Le mal – et dieu sait que les peuples de cette région ont eu trop de temps pour s'accoutumer à ce fatalisme - n'accouche pas toujours du pire.
Mais il faut admettre qu'Israël, comme ses voisins, et peut-être plus encore, doit affronter ses propres oppositions radicales. Lundi, un député de l'opposition a considéré que «quiconque cèderait le Golan est passible de la peine de mort ou de la prison à vie», ce qui a été considéré, y compris par le président Shimon Peres, comme «une réminiscence des jours qui ont précédé l'assassinat de l'ancien Premier ministre Izsatkj Rabin» et «un appel, accordant son approbation, pour un nouveau meurtre politique d'un Premier ministre».
Le leader du Likoud, Benyamin Netanyahu, a aussitôt désavoué l'auteur de cette menace.
Le Likoud avait déclaré, quelque jours auparavant, qu'il ne se considérait pas tenu par un accord de paix scellé par l'actuel gouvernement et la Syrie, qui conduirait à restituer le plateau du Golan.
Hier, le Premier ministre Olmert a considéré qu'il fallait être «bizarre» pour «croire au grand Israël».
Peut-être, cette grand paix d'Israël, de la Palestine, de la Syrie, du Liban est-il temps de la servir sur un plateau.
10:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Syrie, Palestine, Liban
26.05.2008
Le roi d'Arabie Saoudite invite le Congrès Juif Mondial
Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a annoncé qu'il a adressé des invitations au Congrès Juif Mondial pour un dialogue inter-confessionnel avec les musulmans et les chrétiens, d'après une information délivrée à la une du quotidien israélien Haaretz.
Cette information confirme un mouvement d'ouverture que le monarque avait déjà exprimé le 24 mars dernier, lors d'un séminaire à Ryad consacré au dialogue de civilisation entre le monde islamique et le Japon, tandis que le Vatican et le gardien des lieux saints de l'Islam entretiennent des discussions sur la possibilité de l'ouverture d'églises dans le royaume wahhabite.
Le quotidien israélien rapporte les propos du roi Abdallah: "Je souhaite - que Dieu le veuille - de réunir un sommet - pas un seul - pour obtenir l'opinion de mes frères musulmans du monde entier. Nous commencerions à nous rencontrer avec nos frères dont la foi est issue de la Bible et du nouveau testament" (*)
L'initiative de roi Abdallah a été accueillie positivement par les plus hautes autorités religieuses juives: "Nos mains sont tendues pour n'importe quelle initiative de paix, ou pour tout dialogue dont le but est de mettre fin au terrorisme et à la violence. J'ai dit souvent que le vraie chemin pour instruire et atteindre la paix passe par le dialogue inter-confessionnel", a déclaré le rabbin en chef Yona Metzger, au CJM.
Ces rapprochements marquent un moment sans doute important pour l'avenir de cette région.
* Abdullah first announced his plans to hold the meet during a public address in Riyadh in March, where he said "I plan, god willing, to hold summits - not just one - so as to hear the opinion of my Muslim brothers all over the world. We will start to meet with our brothers in every faith I have mentioned - the bible and the New Testament."
20:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arabie Saoudite, Foi, Religions, Livre
La défaite d'Abel
Le festival de Cannes n'a pas trahi l'ambition qu'il affichait à son ouverture. On annonçait un palmarès « politique », on l'a. On l'a même jusqu'à satiété puisque c'est l'Education nationale, décernant son propre prix au film « Che », figure ô combien enracinée dans l'imaginaire estudiantin, qui obtient, au travers du «vécu» d'une classe, la Palme d'Or, avec le film «Entre les murs», de Laurent Cantet, à l'intitulé si carcéral.
Ce docu-fiction est une défaite du cinéma. Le 7e art s'enterre de lui-même dans la sociologie plutôt que chercher à réanimer le monde, à lui mettre et à se mettre lui-même des ailes. Cannes est allé au bout de sa logique, après avoir «cannesnisé» un genre cinématographique dont Michaël Moore est une sorte de parangon.
Peut-être ces succès ne sont-ils des succès que parce qu'ils parlent à la part la plus médiocre de la nature humaine, celle qui se regarde soi-même et qui ne regarde plus le monde aboutissant à ce morne consensus de pellicule qu'«Etre et avoir» avait déjà inauguré à sa façon.
1930 : Abel Gance, qui savait si bien penser la complexité humaine avant de manier la caméra, rêvait au sortir de la grande boucherie de 14-18 à une totale résurgence.
«Pour les chants nouveaux, il faut une lyre nouvelle, dit Zarathoustra, et le cinéma serait-il cette nouvelle lyre aux cordes de lumière? Certes, les vérités entrent par les yeux et se détruisent par les oreilles. (...) Mais comme les gens sont bêtes. Les drames qu'on leur fabrique au cinéma sont pour moi d'une cocasserie irrésistible...». Je relis quelques passages de son livre «Prisme», dans son édition originale de 1930, que j'ai toujours auprès de moi. C'est un livre-cinéma, chaque page voit défiler l'imagination et la pensée, sans doute le génie. Dans un de ses carnets de novembre 1918 qu'il cite, Abel Gance se lance presque le défi de créer «une trêve de l'Homme»:
«Je ne sais pas... Les trains sont emballés sur la descente vertigineuse, et on active les chaudières pour savoir qui le premier touchera l'abîme... Leur montrer des images... des images d'enfants... Peut-être Saint-Sulpice fait-il aussi des miracles...
Etre très riche et par un subterfuge colossal, dussions-nous à plusieurs y laisser nos existences pour lui donner une apparence de vérité, trouver le moyen de faire croire aux belligérants à une invasion de Martiens par exemple, avec l'aide de quelques complicités scientifiques célèbres pour donner des assises de réalité certaine. On oublierait vite la guerre de peuple à peuple pour penser à l'autre qui se prépare et tous, amis et ennemis, ne se mêleraient-ils pas pour défendre la Terre, la Vie ? Lorsqu'on apprendrait la gigantesque mystification, il serait trop tard pour continuer la bataille où on l'avait laissée...
Mais les hommes n'aiment que les mensonges qui leur coûtent cher, et celui-ci serait trop facile».
Orson Welles a-t-il été inspiré, en 1938, par cette songerie de mystification ?
Cinéma, cinéma, cinéma... En 1974, Jean-Claude Pinoteau prenait acte de 1968 dans son film «La Gifle» avec la débutante Adjani, lycéenne passionnée éprise de liberté, face à son père incarné par Lino Ventura. Il décrivait un fossé entre deux générations.
C'est comme une déduction naturelle, qu'aujourd'hui des élèves du collège parisien Françoise-Dolto, soient, à égalité avec leur prof, les stars de cette production cinématographique dédiée à la pédagogie.
Dans un extrait, le dialogue entre le professeur et ses élèves voit le professeur demander à ses élèves, qu'il l'autorisent à expliquer pourquoi faire l'effort de la langue. Au milieu d'un certain chahut, un élève lui accorde cette permission collective.
Jean-Claude Defaux, principal du collège parisien Françoise-Dolto dont certains élèves ont tourné dans le film "Entre les murs", Palme d'Or du festival de Cannes, a expliqué lundi qu'il "veillerait" à ce que les enfants "restent des élèves".
Peut-être, au delà de ce groupe représentatif, faudrait-il que les élèves redeviennent des élèves et que les professeurs redeviennent des professeurs.
Je préférais le ralliement au savoir, à l'intelligence qui émanait du «Ô capitaine mon capitaine» du «Cercle des poètes disparus» pour parler de transmission de savoir. Ou encore «A la rencontre de Forrester». Ou encore «Will Hunting», du même Gus Van Sant. Ou encore, «The ressurection of champs», avec Samuel L. Jackson.
Les transgressions y étaient lumineuses, vivantes, vibrantes.
C'est vrai, c'est de la fiction.
Oui, c'est du cinéma, qui part sans doute souvent d'une réalité plate pour lui donner du relief et du sens, comme les Grecs ont fait leur théâtre, développé le sens de la tragédie et inventé ses héros, construit un rapport et une distance à la réalité qui donne sa saveur à l'humain.
Lequel des deux cinémas ment le plus? Celui qui vole, fait rêver, ou celui qui choisit de rester terre à terre.
Hier, une jeune fille interrogée, se plaignant de l'Education nationale d'une certaine manière, a dit qu'elle aimerait avoir un prof comme celui d'«Entre les murs».
Elle a tout dit.
10:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cannes, Education, Savoir
25.05.2008
Au possible, tout le monde est tenu
Les Israéliens, comme les Américains, font du découplage de la Syrie vis à vis de l'Iran une des conditions majeures concernant la normalisation des relations et une avancée sur la conclusion d'un accord de paix syro-israélien, comprenant la restitution du plateau du Golan.
La prise de distance entre Damas et Téhéran pourrait survenir sans que Damas la provoque, car le président iranien Ahmadinejad vient de faire part de "sa surprise et de son mécontentement" devant les tractations en cours entre la Syrie et Israël, considérant qu'il s'agit de la part de Damas d'"une violation de ses engagements à l'égard de l'Iran".
Un ton particulièrement âpre dont on peut se demander s'il ne constitue pas, en soi, une première fissure dans l'alliance syro-iranienne.
Reste à savoir si la Syrie se rangera docilement auprès de son "allié" d'arrière-plan, acceptant de se laisser dicter ce que doit être sa politique étrangère sur un enjeu aussi névralgique pour la Syrie que le Golan, ou choisira, à la faveur d'un contexte qui peut lui être propice, de réorienter sa diplomatie vers un renouveau.
A Israël, la presse syrienne fait passer le message, s'agissant de la « question » de rompre les liens avec l'Iran, que cet aspect n'était pas dans le paquet des négociations et, qu'en tout état de cause,"Damas ne veut pas de pré-conditions qui pourraient mettre la charrue avant les boeufs"(*).
La formulation, pourtant, n'exclut pas que la charrue puisse être mise après les boeufs.
Le ministre de la défense syrien se rend à Téhéran aujourd'hui pour discuter des accords de défense mutuels. Il y sera question des "derniers développements régionaux et internationaux".
Téhéran, de son côté, a ordonné aux médias qu'il contrôle de ne pas mentionner les pourparlers de paix entre Israël et la Syrie.
Le Likoud, qui constitue l'opposition au gouvernement israélien, par la voix de son président, Gideon Sa'ar, a déclaré que "le Likoud ne se sentirait pas lié par un accord de paix négocié entre le gouvernement Olmert et la Syrie, s'il revenait aux affaires".
Le chef du Hamas, Khaled Mashaal, de Damas, où il est établi, a dit, lui, son trouble par rapport aux pourparlers de paix. "Le Hamas n'est pas heureux de ces développements. Nous pensons que le président El-Assad commet une grave erreur s'il ne coordonne pas ses efforts avec l'ensemble du monde arabe et islamique".
L'"ensemble du monde arabe et islamique" est sans doute géographiquement compris dans les limites des frontières de l'Iran...
Selon le quotidien arabe "Asharq Alawsat" basé à Londres, l'Iran, en signe de sa désapprobation des pourparlers syro-israéliens engagés à son insu, a promis au Hamas des "roquettes et des fonds", pour 150 millions de dollars.
Enfin, le commandant en chef de l'Armée, Dan Halutz, a déclaré, répondant ainsi du point de vue stratégique à ceux qui considèrent que restituer le Golan, annexé à la suite de la guerre de 1967, équivaudrait à exposer dramatiquement Israël, que "le plateau du Golan n'était pas indispensable à la sécurité nationale". "Israël doit absolument en tenir compte et ne pas commettre les erreurs de la seconde guerre du Liban", a-t-il ajouté.
A partir de la restitution du Golan, c'est probablement un équilibre géopolitique nouveau - Liban, Syrie, Jordanie, Israël, Palestine - qui pourrait s'établir dans la région, en excluant l'Iran.
Mais il exige tant, de part et d'autre, que rien n'exclut que chacun puisse sacrifier cette perspective au maintien d'un statu quo qui satisfait les extrêmes, et assure le règne, qu'ils voudraient infini, des illusions, peurs et antagonismes qu'ils entretiennent.
Il subsiste, pourtant, une chance concrète - mieux, une opportunité - de voir la situation changer radicalement au profit d'Israël, de la Palestine, de la Syrie, du Liban et de la Jordanie qui formeraient, alors, un ensemble géopolitique cohérent.
Au possible, tout le monde est tenu.
*"Damascus does not want preconditions, that would put the cart before the horse ... It does not bargain over its relations with other countries and people".
11:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Proche-Orient, Iran, Israël, Syrie, Palestine, Liban
24.05.2008
Plusieurs printemps
L'opération dite « Mère des deux printemps » à Mossoul a permis de démanteler le réseau d'Al-Qaïda. 1.480 personnes ont été arrêtée, dont 300 suspects qui étaient recherchés.
"Des dirigeants importants d'Al-Qaïda, dont des responsables militaires, des responsables du renseignement, ainsi que des membres des groupes (insurgés sunnites) Ansar Al-Sunna, Jaich Al-Moujahidine (Armée des Moujahidine) et de la Brigade de la révolution 1920 figurent parmi les personnes arrêtées", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur irakien.
Soutenue par l'armée américaine, l'armée irakienne a mené depuis le 14 mai à Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, une vaste offensive contre la branche irakienne d'Al-Qaïda, très active dans cette région.
Les opérations menées aujourd'hui dans les quartiers chiites de Bagdad, survenant après la « pacification » de Sadr City, témoignent de la reconquête du gouvernement Maliki sur des zones où jusqu'à présent il n'avait pas droit de cité.
Les réseaux chiites et ceux d'Al-Qaïda et de l'insurrection sunnite ont représenté, depuis 2003, les deux mâchoires qui enserraient littéralement le pays et ont paru, un temps, en mesure de le déchiqueter.
En quelques semaines, pourtant, l'étreinte de ces deux mâchoires est en passe d'être desserrée.
Cela permet d'ores et déjà aux Américains de considérer la possibilité d'alléger leur dispositif en Irak d'un quart. Le général Petraus, qui supervise les opérations militaires dans la région, l'a lui même dit, il y a quelques jours, revenant sur sa précédente position qui avait consisté, il y a moins d'un mois, a préconiser devant le Congrès américain le gel du retrait des troupes. Il n'a pas été contredit par le département d'Etat.
C'est, il me semble, la preuve que la normalisation irakienne est en cours et qu'elle progresse réellement, avec désormais des résultats tangibles construits autour de l'idée de la souveraineté de l'Irak.
Parmi les éléments déterminants, il faut souligner la valeur de la position du grand ayatollah Ali Al-Sistani. Cet éminent dignitaire du clergé chiite irakien a reçu, à Nadjaf, le Premier ministre Al-Maliki, il y a peu, et a déclaré à cette occasion soutenir la légitimité du gouvernement, au grand dam de Moqtada Sadr et de l'armée du Mahdi qui désespéraient - désespèrent - du manque de soutien émanant du clergé chiite irakien à leur égard. Il faut se souvenir qu'au plus fort de la crise de Sadr City, l'iman Moqtada Sadr avait dénoncé, déjà, le manque de soutien de Nadjaf à sa cause s'indignant de le voir laisser mourir les siens sans bouger.
La paix est donc en train d'être gagnée, pas à pas, quartier par quartier, homme par homme et les démons s'enfuient. En se ralliant au gouvernement élu, en respectant la démocratie, le clergé chiite a scellé, peut-être, le sort des insurrections et favorisé les conditions d'un retour rapide à la normale.
Le spectre d'Al-Qaïda, vil ectoplasme, s'effiloche en cherchant déjà à se « rematérialiser » sur le conflit israélo-palestinien pour y accomplir le dessein qu'il n'a pu réaliser ni en Irak, ni en Arabie saoudite, ni au Pakistan. Il est condamné à vivre terré, comme une maladie maligne, aux fins fonds de l'Afghanistan.
Quant à l'Iran et à son rêve d'union chiite, il est dans une position qui justifie qu'il redoute désormais l'isolement. A la fois sur le Liban, sur la Syrie, qui en poursuivant des pourparlers de paix avec Israël «manque à ses engagement envers l'Iran», et sur l'Irak, il essuie des pertes d'influence.
La mécanique qui semblait pouvoir absorber la région se grippe. A ce titre, la menace de l’ayatollah Ahmad Khatami, proche du président Ahmadinejad et du Grand Ayatollah Ali Khamenei, guide de la Révolution, est éloquente. Il a dénoncé dans des termes vindicatifs, hier, un accord de sécurité que doivent signer le gouvernement irakien et les États-Unis sur la présence des troupes américaines dans ce pays.
Il a ajouté que l’accord prévoit que les forces américaines pourront lancer des attaques à partir de l’Irak «contre tout pays qui soutiendra les groupes terroristes». «C’est de l’esclavage sans fin, c’est la pire humiliation et servitude (...). Toute main qui signera un tel accord sera considérée par l’Iran comme un traître à l’islam, au chiisme et au peuple irakien», a-t-il notamment déclaré.
Ces prédications virulentes empêcheront-elles l'Irak de déterminer et ses alliances et son intérêt, librement et souverainement? Beaucoup d'éléments, dans l'actualité irakienne comme dans celle de l'ensemble de la région, semblent le démentir au point que, désormais, même des attentats terroristes, des tensions de l'Armée du Mahdi, qui pourront encore survenir, ne pourront remettre en cause la structure fondamentale de l'Etat irakien et sa légitimité, ni, celle du Liban, qui va élire son président demain, ni même empiéter, en dépit des difficultés, sur le destin de la Syrie et de la future Palestine.
Peut-être y-a-t-il, de fait, plusieurs printemps en gestation.
14:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Irak, Iran, Chiisme


