23.04.2007

Apophis

En 2036, un astéroïde baptisé Apophis, d’une taille de 320 m, constituera un risque de collision avec la Terre. Le Monde consacrait, le 19/04/2007, une double page au péril de collisions d’objets célestes avec la Terre et aux différentes stratégies pour y faire face.
La menace que représente Apophis, même si elle n’est exprimée encore qu’en degré de probabilité, m’amène à considérer cependant ce que j’avais écrit, dans une intervention intitulée De la nature du IIIe millénaire, publié ici le 26 mai 2006, sur la nécessité de la mobilisation, toutes sciences confondues, de l’humanité pour développer toutes techniques susceptibles de nous permettre de triompher des menaces pensant sur nous.
J’insistais alors sur la conscience que nous devons avoir de la vocation du genre humain à s’inscrire, au plus tôt, dans une nouvelle perspective qui nous place bien loin des moratoires sur les OGM, sur le développement du nucléaire, sur la génétique.
Voici, repris partiellement, le texte de référence que je mentionne:

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Sans se situer du côté des peurs millénaristes, il n’est pas difficile d’admettre que jamais jusqu’à présent il n’a semblé plus justifié d’avoir des craintes pour l’avenir et par conséquent d’avoir l’ambition de mobiliser les politiques industrielles, technologiques, humaines destinées à permettre, le plus rapidement possible, à l’humanité d’échapper à un éventuel désastre et de construire son projet d’essaimage, réclamant le concours de l’ensemble des sciences du vivant, de la physique et de l’humanité.
Il conviendrait de les soutenir du mieux que l’on peut.
Cela ne saurait tenir uniquement aux capitaux injectés, mais à la mobilisation, dès l’école, des intelligences tournées, in fine et toutes contributions confondues, vers ce but d’excellence.
Normalement, nul ne doit être exclu d’un tel programme.
A fortiori, nul ne doit, par idéologie ou fanatisme, s’exclure lui-même ou exclure les siens.

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Quel jour, quelle semaine, quel mois, n’apportent pas un élément de savoir de plus, participant directement ou indirectement à cette conquête et (ou) à la compréhension des obstacles à franchir?
Qu’il s’agisse de la traque des exoplanètes, situées au proche immédiat de notre système solaire, ou encore du décodage de l’adn, du génie génétique, des recherches sur l’énergie, tous ces éléments de connaissance trouvent nécessairement des applications quotidiennes concrètes aujourd’hui, mais elles se placent dans la perspective d’un défi universel au sein duquel chacun, quelle que soit sa nation, sa culture, a vocation, au-delà de lui-même, à prendre place.
Ce défi de la sauvegarde de l’espèce et de l’ensemble des choses qui lui est nécessaire est un défi auquel nous serons, ultimement, confrontés. Quand précisément ? Je l’ignore. Mais parce que je l’ignore, il est évident que cela me regarde déjà, et que, à travers moi, cela regarde ce que nous sommes et ce que nous entendons devenir.
C’est une tache qui va au-delà de ce que nous avons réalisé jusqu’à présent et dont la portée, parce qu’elle est ce qu’elle est, unifie l’ensemble des savoirs humains.

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Cette projection dépasse notre propre personnalité individuelle, étriquée. Elle est à la mesure de l’humain qui est en nous.
Il s’agira de transporter loin de celui qui est promis à disparaître avec nous, un monde du vivant vers des contrées inconnues et situées hors de notre appréhension du temps et de l’espace.
La technologie et la science à mettre en œuvre pour réaliser ce pas n’en sont, à l’heure où je parle, qu’à leurs prémisses.
Mais si nous n’avions pas à atteindre ce surpassement de notre condition, le destin de l’homme serait d’ores et déjà refermé sur lui-même et présenterait peu d’intérêt.

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Sans doute sera-t-il souhaitable d’intégrer, un jour, au plus tôt dès que la nature des hommes y sera propice, à la charte de l’Organisation des Nations Unies, cette dimension, et d’énoncer l’intérêt supérieur que représente pour tous l’application à réunir les conditions pour favoriser l’atteinte d’un tel but. Le service de la paix entre les nations y trouverait une sur-justification majeure et, si la raison n’est pas aussi absente que certains le redoutent, il tiendrait chacun à la conception qu’il se fait ou entend se faire de son devoir.
Il y aura un nombre incalculable de matières à porter aux confins où nous sommes déjà attendus et parmi elles, puisque je suis à ce moment dans cette écoute, le concerto N°6, B-Major, BWV 1051 Allegro, de Johann Sebastian Bach et ce qui l’a inspiré : le monde en son entier.

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Difficile de dire si nous, en tant qu’espèce, serons à la fois disposés et capables de nous élever au niveau de cette exigence.
Nos enfants le seront.
Nous sommes sous leur regard."