29.01.2008
Discours de l'Union
Soit, dérogeons à l'anti-américanisme primaire qui est d'autant plus dans l'air du temps qu'il se double d'une détestation de GW Bush.
Je viens de lire son dernier discours de l'Union. La page Bush, dans un an, sera fermée sans doute, selon moi, au profit de Barak Obama.
Apparemment, il faut considérer ces deux mandats comme une calamité.
Je n'en suis pas sûr, et sans aller jusqu'à chercher des circonstances atténuantes, je voudrais livrer quelques réflexions.
Bien sûr en France, ce pays de la vieille Europe, nous avons une expertise et un degré d'humanisme qui nous autorisent à brocarder une Amérique arrogante, impérialiste, aculturée, et martiale presque par essence.
Nous préferons avaler le ketchup "alternatif" de ce bon vieux Mickaël Moore. Nous avons ce goût là, sans doute nos chromosomes lozériens...
L'utilité de ce discours, c'est peut-être sa portée.
Il est entendu, d'une certaine manière, au delà des positions politiciennes et est respecté comme tel. Comme quoi l'Amérique a le goût de la démocratie, de la liberté d'expression, du droit, mais aussi du respect de ces institutions. C'est, parenthèse locale, ce qui manque foncièrement à la nôtre et la rend invivable.
Il ne viendrait pas à l'esprit de quiconque de remettre en cause un jugement de la Cour suprême quand ici les députés eux-mêmes remettent en cause l'impartialité du Conseil constitutionnel selon qu'une loi leur plaît ou pas(CPE), l'impartialité du CSA selon les mêmes critères....
Avec le recul, sauf sur la précipitation à engager la guerre en Irak sur des fondements erronés qui le sont d'autant plus rétrospectivement, la double présidence n'a pas été si catastrophique.
Elle est intervenue à un moment charnière comme il n'y en a pas tant.
Aucun autre pays n'a subi, en 2001, une telle attaque terroriste et aucun autre pays n'a une telle importance, donc une telle responsabilté, pour la sécurité du monde.
Ne fallait-il pas aller en Afghanistan? Laisser les Talibans contrôler ce pays et propager leur influence au Pakistan?
Le retrait d'Irak? Tous le souhaitent. Mais autant la guerre précipitée fut une erreur - ce qui ne signifie pas que le conflit aurait pu être évité - autant un retrait précipité - c'est à dire tant que les conditions de la sécurité et de la souveraineté ne sont pas assurées - en serait une plus grande encore.
J'ajoute que si Saddam Hussein s'était maintenu au pouvoir, par une main de fer criminelle, en laissant planer les doutes qu'il entretenait sur sa capacité de nuisance en matière d'ADM, qu'en serait-il de la prétention de l'Iran - ennemi héréditaire - au nucléaire militaire?
L'Iran? Comment ne pas soutenir une position claire et nette s'agissant de l'accession au nucléaire militaire de l'Iran dans cette région menacée de chaos?
Quant au réchauffement climatique, on mesure tous les jours combien la situation économique des USA nous impacte. Aussi, quelles que soient les désirs, la réalité est là pour nous rappeler qu'un ralentissement brutal ou une fragilisation supplémentaire de cette économie affecterait l'économie mondiale et nous affecterait profondément en Europe et en France.
La critique, comme la raillerie, est aisée mais les marges de manoeuvre étroites.
17:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bush, discours de l'Union


