22.05.2008
La Dalaï Lama disposé à assister aux JO de Pékin
J'avais évoqué, dans le courrier que j'avais adressé, le 25 mars dernier, à la Présidence de la République, à la veille du passage si mouvementé de la Flamme olympique à Paris, et au moment où tant d'entre nos compatriotes exprimaient leur volonté de voir le président de la République boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août prochain, un "rêve" à conduire. Il consistait à tout faire pour permettre au dialogue sino-tibétain de reprendre et, à ce moment de si forte tension, je faisais remarquer au chef de l'Etat combien il serait approprié, "même s'il n'y avait qu'un Himalaya à franchir" de concourir à faire de Pékin 2008 un haut symbole à l'entrée de ce siècle, en imaginant le possibilité que cette cérémonie d'ouverture puisse être suivie par la Dalaï-Lama, à Pékin.
Je note cette information, délivrée sur le site de France 24:
"En visite en Grande-Bretagne, le dalaï-lama a déclaré mercredi qu'il serait ravi d'assister aux Jeux olympiques de Pékin, au mois d'août, à condition d'y être invité et que les discussions avec la Chine débouchent sur des progrès concrets au Tibet.
Le chef spirituel tibétain, qui n'a reçu aucune invitation officielle, a également déclaré qu'un nouveau cycle de discussions entre émissaires chinois et tibétains - le septième depuis 2002 - aurait lieu lors de la deuxième semaine de juin.
"Certains Chinois ont déclaré qu'ils désiraient vraiment que j'aille (aux JO). J'ai dit 'oui, je serais ravi de venir', mais cela dépend entièrement de notre rencontre", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Si la rencontre se transforme en quelque chose de concret, de constructif, que dans le même temps la situation au Tibet s'améliore et qu'il apparaît que des solutions à long terme sont trouvées, alors je suis prêt à y aller, si je reçois une invitation", a-t-il ajouté.
France 24
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07.05.2008
Benoît XVI: "Les JO, événement de grande valeur pour l'humanité entière"
J'écrivais, le 25 mars dernier, au Président de la République Française, une lettre, publiée ici-même, pour le conjurer d'entretenir, en dépit des pressions exercées pour obtenir un boycott de la cérémonie d'ouverture, les chances de conserver au Jeux Olympiques leur caractère, indiquant que s'il n'y avait qu'un Himalaya à gravir pour restaurer le dialogue avec la grande puissance qu'est la Chine sur ses devoirs en matière de libertés fondamentales, y compris la liberté religieuse et de conscience, il convenait de le gravir.
J'avais alors à l'esprit, comme beaucoup de mes compatriotes, la situation du Tibet, mais aussi celle de l'église catholique dans ce pays.
Je constate que le pape Benoît XVI a souligné aujourd'hui que les Jeux Olympiques de Pékin étaient "un événement de grande valeur pour l'humanité entière", en recevant au Vatican les membres de l'orchestre philharmonique de Chine.
A l'issue d'un concert en son honneur, ce qui constitue un signal remarquable de la part des autorités chinoises, le pape a "envoyé ses salutations à tous les habitants de la Chine qui s'apprêtent à vivre avec les prochains Jeux Olympiques un événement de grande valeur pour l'humanité entière".
Ce concert est intervenu alors que le Vatican ne ménage pas ses efforts de rapprochement avec Pékin en vue de l'établissement de relations diplomatiques et afin d'obtenir une plus grande liberté d'action pour l'Eglise catholique en Chine.
Le Saint-Siège a souligné sa volonté d'un "dialogue constructif et respectueux avec les autorités civiles" chinoises dans un communiqué publié le 13 mars.
Les autorités chinoises ont ouvert, depuis dimanche 4 mai, un cycle de pourparlers avec les émissaires du Dalaï-Lama.
20:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
15.04.2008
Logos
Au sujet de la polémique liée à l'interdiction de l'inscription "Pour un monde meilleur" sur le badge olympique.
Pour diminuer la valeur d'un symbole, le moyen le plus insidieux est d'ajouter par une formule pétrie de bonne intention, certes, au "logos" une part de ce qu'il représente par lui-même, quasiment à son niveau platonicien.
Cela peut sembler sans importance, mais cela ne l'est pas.
D'ailleurs, République "laïque et sociale".... République "populaire", République "islamique", altèrent et réduisent, chacun de leur manière propre, "République".
Ce n'est pas le cas pour République fédérale, par exemple, qui exprime une organisation territoriale.
Après quoi chacun est libre de voir ce qu'il veut et de dénoncer ce qui lui semble adéquat en conséquence.
S'il n'avait raison qu'à cet égard, le CIO aurait deux fois raison.
On ne peut pas déplorer un monde qui perd de son sens et encourager tout ce qui, au rythme des vanités personnelles ou médiatiques, y participe.
Que dire du point de vue personnel sinon que s'il est moment où il se doit d'être dépassé c'est, assurément, lorsqu'il devient encombrant au point d'entraver la libre respiration du monde.
Elle seule permet de faire vivre et grandir l'humanité.
Ceci n'est pas de l'orgueil. C'est de l'humilité.
Apparemment, nous ne sommes plus très nombreux à en être capables.
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
06.04.2008
Malia
C'était en 2004, au cours de l'été. Je rentrais de Narbonne-plage et la nuit était déjà fort avancée. Je devais me rendre à Gruissan où j'avais rendez-vous avec celle que je chérissais. Peu avant l'embranchement qui permet une liaison directe entre ces deux stations balnéaires, dans l'obscurité, j'ai vu une frêle silhouette sur le bord de la route faisant de l'auto-stop.
C'était une jeune fille.
Un instant, j'ai pensé poursuivre ma route car j'étais en retard pour mon propre rendez-vous.
Mais j'ai fait demi-tour, pensant que ni le temps ni les routes n'étaient vraiment sures pour un jeune fille de nos jours. Je me suis dit même, en faisant demi-tour, que cela pouvait être défavorablement perçu par cette jeune fille.
Je l'ai embarquée finalement dans mon véhicule.
Cette jeune fille parlait très bien notre langue et poursuivait, m'a-t-elle dit, des études de commerce international à Paris.
Elle avait passé quelques jours sur la côte avec quelques uns de ses compatriotes et camarades de promotion, m'avait-elle dit. Et après une journée de plage, je ne me souviens plus dans quelles conditions de quiproquo, elle les avaient perdu.
Elle avait un train à prendre à une heure précise pour regagner avec eux la capitale. Je lui ai dit qu'elle y serait à l'heure.
Entre temps, nous avons parlé de tout et de rien.
Je lui ai demandé son prénom.
Elle m'a dit Malia, ou quelque chose comme ça.
Elle a précisé que ça correspondait à Marie en Français.
Je l'ai déposé devant la gare et j'ai rejoins ensuite ma bienaimée de ce temps.
Elle m'a fait remarquer mon retard.
Je lui en ai expliqué la cause.
Un moment, Claudia a feint la jalousie.
15:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
29.03.2008
Sohu.com
Difficile de communiquer avec nos homologues Chinois. Je suis allé sur le site sohu.com où j'aurais aimé au moins déposer une intervention puisqu'il semble que ce forum est le siège d'une campagne anti-française véhémente.
Je n'ai pas pu.
Quel obstacle que de ne pas comprendre une langue au point d'être dans l'incapacité de s'enregistrer auprès d'une communauté, ni même d'être sûr que cela soit possible!
Alors je le dépose ici. Ce n'est évidemment pas pareil, mais à défaut... et puis, ne faut-il pas, face aux forces conventionnelles, s'en remettre au mystère impénétrable des flux.
Voilà, donc, le propos que j'aurais souhaité être en mesure de tenir sur ce forum.
"Je m'excuse auprès de chacun de vous de ne pas lire le chinois. Regret à la fois pratique, parce que je ne peux donc pas accéder à ce que vous dîtes ici, et presque esthétique compte tenu de la beauté énigmatique de la calligraphie.
Je vais me contenter de livrer la réflexion par laquelle j'ai conclu un courriel adressé à Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur de Chine à Paris, récemment honoré par le Président de la République.
Je lui ai précisé, pour conclure un propos plus général, que ma fascination pour la Chine était née, probablement, un jour que je lisais une poésie de Charles Baudelaire dans laquelle le poète assurait que "Les Chinois voient l'heure dans l'oeil d'un chat".
En conclusion de ma missive, adressée par le portail internet de l'Ambassade, j'assurais donc Son Excellence de ma confiance car un peuple, une nation, réputée avoir une telle faculté de vision, ne pourrait pas ne pas voir ce qu'il est temps, pour elle, d'accomplir.
D'un point de vue plus politique, s'il est des francophones ici, ils peuvent prendre connaissance du premier point de vue que j'ai émis à l'adresse suivante:
ttp://www.chine-informations.com/actualite/categorie-chin...
Je persiste à le penser même si je conçois que les évènements et la crise actuels puissent faire naître, naturellement, sans qu'il soit nécessaire pour un régime de l'accentuer, du ressentiment et des malentendus, l'essentiel étant, préoccupation qui nous est vraisemblablement commune, de les dominer, voire de les vaincre.
Bien sûr, je dois admettre que ceci ne forme qu'un piètre argumentaire.
A sa décharge, ce n'en est pas un.
Je vais vous livrer, parce qu'il est tout à fait impersonnel, un secret: cent fois ce que forme mon esprit peut être terrassé, y compris par moi-même.
Avant de se comporter comme des ennemis, peut-être est-il humain de se comporter comme des amis qui ne se veulent pas autre chose qu'un bien commun.
Veuillez croire, vous, à qui je m'adresse, en quelque chose qui va bien au delà de mon respect. Ma confiance."
16:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
26.03.2008
La Chine devant ses responsabilités
J'ai pris la peine d'écouter, ce matin, le représentant "politique", numéro 2 de l'ambassade de Chine en France, sur Europe 1. J'ai été effaré par ses déclarations et effaré, aussi, je dois le dire, par la tonalité de l'interview de M. Elkabbach, que je tiens pourtant pour un excellent professionnel, apparemment engagé à pousser son interlocuteur dans ses retranchements. Il y a réussi, mais une fois considéré cette victoire, quid des questions fondamentales.
Je voudrais dire que ce n'est pas parce que la Chine par la voix de son représentant sur notre sol se croit avisée d'assimiler les émeutes de Villiers-le-Bel à ce qui se passe au Tibet qu'il faut nous-même succomber à l'esprit d'amalgame qui a fait que, par exemple, le "Times" a établi un parallèle entre les JO de Pékin et ceux de Berlin.
Je voudrais dire aussi que ce n'est pas parce que «le gouvernement chinois s'oppose fermement, selon les termes du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, à toute forme de contact officiel du dalaï-lama avec n'importe quel pays» qu'il faut à tout prix appeler à une rencontre avec le Dalaï Lama. Si elle doit avoir lieu, cela ne saurait l'être en vertu d'une sorte d'esprit de riposte auquel le Dalaï-Lama, en vertu de ce qu'il représente, ne consentirait peut-être pas.
Si la Chine ne veut ou ne peut pas l'être, encore, soyons ambitieux pour elle et aidons là à se résoudre à ses obligations morales par elle-même.
Il est à noter, d'ailleurs, et la formulation a sans doute son importance, que la Chine s'oppose à toute forme de contact officiel du Dalaï Lama avec n'importe quel pays.
L'injonction lui est faite à lui, ce qui n'est pas moins insupportable.
Ne tombons donc pas dans des pièges que nous placerions nous-mêmes sur notre route. L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Ne l'oublions pas.
S'il doit être invité, cette rencontre doit avoir une utilité allant au delà du symbole.
Par contre, c'est très bien que la communication officielle de la Chine mette en exergue des signes de soutien qui lui sont parvenus d'"une centaine de nations", mais saurait-elle, au delà de cette période, se satisfaire d'un blanc-seing de l'état mauricien, par exemple, de l'Iran, du Vénézuela, probablement, la Russie, peut-être, en étant désavouée par les Etats-Unis, l'Inde, la France, l'Angleterre, l'Allemagne, Union Européenne, etc, sans que cela ne traduise hélas qu'elle abandonne tout à fait une ambition en matière de rang moral à assumer au plan international. Ha, pardon, j'oubliais sans doute le Soudan parmi les soutiens dont peut se prévaloir la Chine.
Libre à la Chine du XXe siècle, donc, d'assumer cette dialectique.
La crise du Tibet est tout ce qu'on veut, la Chine peut considérer que c'est un complot de "Océan de Sagesse" qui est le nom du Dalaï Lama "et de sa clique" contre elle, mais peut-être est-elle là, cette crise, pour placer une des puissances majeures du monde devant ses responsabilités. Quand elle a fait acte de candidature pour les JO de Pékin, elle a prétendu à quelque chose qui n'est pas une occasion de propagande. J'ai un trop grand scrupule à son égard, un trop grand respect pour la nation chinoise, pour lui contester sa sincérité.
J'aimerais savoir enfin si les positions exprimées par M. Qu Xing reflètent, aujourd'hui, l'état d'esprit du président Hu Jintao.
Cela importe car ce n'est pas tant la doctrine du parti communiste chinois qui est importante, que la pensée du président chinois et sa propre souplesse. Un parti, un régime, une organisation politique ou administrative, un système, n'ont pas de conscience personnelle, un homme oui. A condition, bien sûr, qu'elle soit alimentée et nourrie correctement ce à quoi les libertés fondamentales de l'expression et de la conscience doivent, normalement, participer.
C'est très bien pour la Chine, et pour nous, de la savoir si performante pour fabriquer des micro-ondes, des ordinateurs individuels, pour se hisser parmi les grandes puissances en matière d'espace et de technologies de pointe, si prompte à faire pousser des villes comme des champignons et d'y bâtir des immeubles qui tutoient le ciel, mais il ne faut pas oublier de "fabriquer" des hommes, et ne pas leur dénier ce qui les fait hommes.
Enfin, je reste convaincu, minoritairement, de l'utilité des Jeux de Pékin et de la participation à la cérémonie officielle.
Ils diront quelque chose de la Chine d'aujourd'hui et il ne me semble pas incongru d'être sur place, d'accepter l'invitation, de la respecter, pour entendre cette vérité profonde de la Chine qu'elle a à dire au monde.
Elle ne peut pas y échapper désormais.
Et nous en prendrons acte, sobrement et avec la sérénité de ceux qui peuvent s'appuyer sur de solides valeurs.
Voilà ce que je crois utile de dire.
13:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
25.03.2008
JO de Pékin: lettre ouverte au président de la République
Monsieur le Président de la République Française,
La polémique ouverte sur les Jeux Olympiques de Pékin nous oblige-t-elle à nous résigner à ce que cet événement planétaire soit éclipsé en tout ou partie, y compris, dans sa représentation la plus symbolique, celle de son ouverture?
Même si personne ne détient une réponse absolue à cette question, il est nécessaire de résister à une pression médiatique qui imposerait sa propre injonction et son propre magistère pour faire de cet événement la réplique de Mexico 1968.
Ce serait, je le crois intimement, se tromper de siècle.
Alors, faut-il faire le deuil de Pékin 2008, de l'aura qu'ils pourraient avoir et abandonner la Chine à une sorte de discrédit poli et condescendant alors que ces Jeux Olympiques pourraient être, encore, ceux du jaillissement de la civilisation, en l'endroit où son retentissement pourrait être fort utile?
De tout son coeur, il faut s'y refuser.
On prête à André Malraux, qui a fait bien plus que respecter l'Asie et la Chine, une affirmation selon laquelle « le XXIe siècle serait spirituel ou ne serait pas ». Pékin 2008, dans sa propre conjonction, pose, par le rapport de la Chine au Dalaï Lama comme dans celui avec le Saint-Siège, une partie de la question et est en position d'apporter une partie de cette réponse.
Cette dimension est-elle subalterne à celle des droits de l'Homme?
Je ne le pense pas.
En 2005, j'avais écrit à votre prédécesseur, M. Jacques Chirac, lorsque les jeux ont été attribués à Pékin, qu'il faudrait être attentif à ce que la Chine pourrait être tentée d'y affirmer. J'aurais dû, je le mesure aujourd'hui, ajouter pour finir d'être juste que nous devrions l'être tout autant à ce que nous pourrions être également tentés d'y affirmer.
Alors voilà ce que je pense pouvoir être un scénario grandiose, avec une ouverture des Jeux et un déroulement des jeux susceptible de marquer le début de ce siècle. Imaginons, avec la Chine, ce que représenterait une cérémonie d'ouverture où l'ensemble des nations seraient représentées mais où le Dalaï Lama et le pape seraient présents, tout comme des représentants d'autres cultes.
Au moment où vous êtes invités à pratiquer la politique de la chaise vide, je ne doute pas que cette idée puisse paraître baroque. Et pourtant, je ne suis pas convaincu qu'il y ait un Himalaya compte tenu des dispositions du Dalaï Lama ou encore du Pape Benoît XVI, à franchir pour opérer ce qui constituerait une affirmation d'universalité allant bien au delà de ce qu'elles ont pu être jusqu'à ce jour. Et s'il n'y avait qu'un Himalaya pour s'interposer, il mériterait d'être gravi.
Je me permets de vous faire part de me pensée car vous avez, autour de vous, des personnes qualifiées pour évaluer les choses et sonder la situation. J'avoue que je ne serais pas mécontent que mon pays et mon Europe puissent être à l'origine d'une telle résolution car en se rendant à Pékin, le 8 août 2008, il ne s'agit pas de cautionner un régime politique, mais de cautionner, à travers un événement auquel il faut conserver son caractère universel, l'espérance de tout un siècle.
Qui pourrait s'y refuser et ne pas y engager une part de lui-même?
Je mesure, Monsieur le Président, qu'il y a des dizaines de bonnes raisons de renoncer à accorder à la Chine un éclat dont il faudrait penser qu'il serait usurpé moralement, mais je pense qu'il doit bien se trouver une raison, et c'est celle que je me suis évertué de vous décrire, d'entretenir la flamme, une raison dans laquelle des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants, leur génération, puisque c'est la mesure désormais de l'humanité, n'aspirent qu'à se reconnaître pour leur propre bien.
J'anime depuis quelques années un blog http://france.midiblogs.com. J'y ajouterai la présente car elle participe à la dynamique à laquelle j'ai entrepris, modestement, de concourir.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, en l'expression de tout mon respect.
10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Jeux Olympiques de Pékin
23.03.2008
L'erreur chinoise
Il faudra sans doute savoir sortir, s'agissant de la situation du Tibet, des droits de l'homme pour aborder la question de l'autonomie de cette région d'une manière plus conforme à ce qu'elle représente pour les Chinois et à ce qu'elle représente pour les Tibétains.
A défaut de le faire et en persistant dans un réquisitoire droitdel'hommiste, il est à craindre que la Chine reste sourde longtemps à des appels qu'elle jugera, en partie à tort mais aussi, en partie, à raison, inadéquats et dangereux pour ce qu'elle estime être son intégrité et, partant, son intérêt vital.
C'est la raison pour laquelle les campagnes médiatiques appelant au boycott, ou à gâcher «ses» jeux olympiques, me paraissent malvenus et contreproductifs car, un tel chantage ne peut que radicaliser sa réaction et aboutir à une impasse.
Il faut au contraire entretenir avec cette grande nation un dialogue aussi ouvert et aussi exigeant que son rang lui fait devoir de réaliser et d'accepter.
La France a fait partie, il y a à peine quelques jours, avec les USA, la Russie, des pays à avoir immédiatement jugé «inopportune» l'initiative des autorités taïwanaises consistant à envisager un référendum pour l'entrée de Taïwan à l'ONU.
Les élections taïwanaises ont donné la victoire au parti nationaliste favorable au maintien dans l'unité chinoise. C'est une bonne nouvelle, il me semble, car elle écarte un risque de sécession.
Cette victoire démocratique, les taïwanais ayant voté massivement, est de nature à lever les peurs de Pékin de voir son empire se désagréger à toutes ses périphéries, comme si un signal de libération propagé à partir du Tibet pouvait fragiliser et émietter son unité nationale.
La Chine, incontestablement, lorsqu'elle entend le dalaï-lama, n'entend pas la réalité et l'objectivité des ses paroles. Elle entend une «parole» apte à faire éclater sa muraille, à ébrécher son dogme construit, à l'origine, dans une aversion des religions.
Je crains que, quand elle entend le pape réclamer une liberté de culte pour ses fidèles réprimés, elle n'entend pas la parole du pape, mais une langue qui lui est étrangère et qu'elle perçoit, par conséquent, comme une menace.
Finalement, et c'est tout le drame de la Chine, elle se trompe d'ennemi et lorsque nous instruisons contre elle le procès des droits de l'Homme, tels que nous les entendons, nous participons à sa paranoïa.
Il faut aider la Chine à s'en guérir. C'est un service à lui rendre, en tant que nation, et c'est un service à nous rendre à nous-mêmes car je persiste à penser que le monde, désormais et plus que jamais multipolaire, a besoin de la Chine.
Elle ne doit pas manquer par conséquent son rendez-vous avec le XXIe siècle.
Elle n'en aura pas d'autre, d'une telle dimension, même si l'exposition universelle de Shangaï peut lui offrir, encore, une petite tribune. Mais que vaudrait-elle si les JO sont un désastre?
Si ces jeux olympiques de Pékin sont gâchés, ce n'est pas en effet seulement l'image de cette nation qui en souffrira, durablement, c'est, probablement, tout un jeu de relations et d'équilibres internationaux, fragiles, nécessaires à l'ordre mondial, qui se sont lentement rétablis ou établis, qui seront anéantis au profit d'une ère de soupçon.
Alors, le Tibet, avec ses quatre millions d'habitants, pourrait sembler bien peu importante, quand bien même ses ressources naturelles et minières, au regard de l'importance de la Chine, de son poids démographique, de sa marche à la rencontre de ce nouveau siècle.
La Chine peut encore penser sa légitimité et sa souveraineté dans ces termes, c'est vrai. Pour combien de temps encore? Elle aurait tort, en effet, de négliger une dimension: elle ne peut pas être une grande nation de l'avenir malgré un ensemble indéniable de progrès technologiques, industriels, et l'affirmation de modernité qui est la sienne, si, au fond d'elle-même, est conserve un vice caché hérité d'une Chine archaïque politiquement, qui ne se tiendrait que par la répression.
Elle qui a mis en place, après quelques incidents sur ses chaînes de production, des contrôles qualités dignes de ceux que nous pratiquons nous-mêmes, comprendra sans doute que ce type de vice caché au niveau de son régime ne peut plus passer.
L'actualité de Taiwan lui montre ainsi quelque chose.
Elle peut considérer que les millions de Taiwanais qui ont voté pour le parti nationaliste ont obéi à une propagande. Elle peut considérer aussi qu'elle est aujourd'hui capable par ce qu'elle met en mouvement de tenir et de s'élever par l'adhésion consentie de ceux qu'elle administre.
La main tendue du dalaï-lama ne lui dit pas, selon, moi, autre chose.
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