08.02.2008

La banlieue, espace de Renaissance

J'ai suivi le discours sur les annonces relatives au "plan Banlieues" du président de la République. Clairement, le président de la République est animé par une vaste ambition.
En effet, ce n'est pas là un énième discours, un énième plan.
Ce n'est pas un énième programme, même s'il est incontestatablement massif et cohérent.
Ce plan marque surtout la volonté de resaisissement national adressé à l'endroit où le gachis républicain est le plus tragique et symptomatique des erreurs du passé.

La banlieue, c'est là que le président de la République veut voir concentrés les efforts de la nation et ce n'est pas un hasard, parce qu'il n'y a pas meilleur endroit pour que notre nation se retrouve.
La banlieue est confirmée comme le lieu de la renaissance nationale.
Cela dépasse tout ce qu'on pouvait attendre du plan banlieue.

Ce qu'a dit Sarkozy sans le dire formellement c'est que la renaissance de notre pays commence non seulement là en terme de lieu, mais surtout "avec", en terme de personnes.
Le discours qu'il a tenu constitue un acte historique par les lignes de force qu'il dégage et le volontarisme qu'il imprime.

Au moment où certains dans le pays et dans la majorité remettent en cause l'ouverture, la confirmation de Fadela Amara, à qui le président de la république a redit sa confiance, les hommages appuyés à Rachida Dati et Rama Yade, montre la profondeur de l'attachement de Nicolas Sarkozy à la diversité.

Dans une France frileuse, qui l'a encore montré quand il ne s'agissait que de propositions sur la question des taxis, quelle meilleure nouvelle pourrions espérer qu'une banlieue se saisissant de manière exemplaire de ce que la République lui restitue.

Le discours du président de la République

28.01.2008

Ubuesque

La question de la « nationalisation » des élections municipales mérite un regard approfondi.
Le PS poursuit là son offensive politique entendant bien faire regorger sa victoire présidentielle par un défaite aux municipales qui viendrait sceller l'idée d'une "fin de règne" rapide.
Accélération et confusion autour des processus politiques.
Nicolas Sarkozy a-t-il vu le danger? Probablement.
Mais s'il est un danger en terme de sondage et d'exposition politique, il en est un de plus profond encore qui touche à la légitimité des majorités.
Au moment où une commission pointe les trop nombreuses strates de collectivités, en terme d'efficacité dans la gestion, de superposition des dépenses, l'opposition se laisser aller à d'étranges manières de pervertir la légalité républicaine.
Ainsi, face à la nation, elle oppose les régions qu'elle détient majoritairement et dont elle se sert pour expérimenter ses propres formules (dixit Ségolène Royal qui a déclaré faire de Charentes-Poitou un laboratoire du progrès) ou faire de la résistance à la loi (CPE) ou réaliser des coups politique (réaliser une recapitalisation d'Airbus par les régions).
Il y aurait donc un pays légal - l'Etat - et un pays qui serait plus réel que le pays légal et qui serait formé des régions, des départements et des communes, chaque échelon inférieur ayant pour lui une auréole de proximité, tandis que l'Etat régalien serait l'incarnation de la distance et des aberrations de la technocratie.
Le populisme, s'il devait se nicher quelque part, ne trouverait pas nid plus douillet que ces discours-là.

La récente actualité sur le service minimum permettant aux communes qui le souhaitent d'organiser l'accueil des élèves en cas de grève a montré également un coupure nette entre collectivités selon leur appartenance politique, les communes de gauche ayant dédaigné parfaitement les possibilités offertes par la loi pour manifester leur désapprobation et leur opposition politique.
Ceci est parfaitement ubuesque.
Mais cela révèle une dimension tragique pour nos institutions qui sont instrumentalisées de manière cynique et intéressée.
Si chaque majorité et opposition, désormais, se mettait à pratiquer et organiser alternativement un tel exercice, on aboutirait rapidement à une démocratie invivable.
Etait-ce cela la fameuse VIe République inter-active et citoyenne?