25.04.2007

Gl 581c

La découverte d'une planète baptisée Gl 581c « potentiellement habitable » dans le proche voisinage de notre système solaire est un véritable événement. D'abord, nul n'attendait si tôt une telle découverte. Ensuite, sa proximité – relative certes puisqu'elle se trouve à 20 années-lumière – permet d'imaginer que les caractéristiques permettant le développement de la vie ne sont exceptionnelles.
C'est une bonne nouvelle pour l'espèce humaine.
A 30 km/s, facteur 10-4 de la vitesse de la lumière, qui est l'actuelle vitesse maximale d'un « vaisseau » d'origine humain, il faudrait 20 000 années pour atteindre cette planète.
C'est peu et beaucoup.
Mais si la technologie spatiale humaine permettait de passer à 300 km/s, voire à 3 000km/s, vitesses dont il est difficile de penser qu'elles demeureront inaccessibles, alors ce troisième millénaire est celui où le mot universel prend tout son sens.
D'une certaine manière, ce que j'ai écrit, dans l'intervention intitulée De la nature du IIIe Millénaire, voir mai 2006, a trouvé en quelques jours deux confirmations que je n'attendais pas.

23.04.2007

Apophis

En 2036, un astéroïde baptisé Apophis, d’une taille de 320 m, constituera un risque de collision avec la Terre. Le Monde consacrait, le 19/04/2007, une double page au péril de collisions d’objets célestes avec la Terre et aux différentes stratégies pour y faire face.
La menace que représente Apophis, même si elle n’est exprimée encore qu’en degré de probabilité, m’amène à considérer cependant ce que j’avais écrit, dans une intervention intitulée De la nature du IIIe millénaire, publié ici le 26 mai 2006, sur la nécessité de la mobilisation, toutes sciences confondues, de l’humanité pour développer toutes techniques susceptibles de nous permettre de triompher des menaces pensant sur nous.
J’insistais alors sur la conscience que nous devons avoir de la vocation du genre humain à s’inscrire, au plus tôt, dans une nouvelle perspective qui nous place bien loin des moratoires sur les OGM, sur le développement du nucléaire, sur la génétique.
Voici, repris partiellement, le texte de référence que je mentionne:

"
…………

Sans se situer du côté des peurs millénaristes, il n’est pas difficile d’admettre que jamais jusqu’à présent il n’a semblé plus justifié d’avoir des craintes pour l’avenir et par conséquent d’avoir l’ambition de mobiliser les politiques industrielles, technologiques, humaines destinées à permettre, le plus rapidement possible, à l’humanité d’échapper à un éventuel désastre et de construire son projet d’essaimage, réclamant le concours de l’ensemble des sciences du vivant, de la physique et de l’humanité.
Il conviendrait de les soutenir du mieux que l’on peut.
Cela ne saurait tenir uniquement aux capitaux injectés, mais à la mobilisation, dès l’école, des intelligences tournées, in fine et toutes contributions confondues, vers ce but d’excellence.
Normalement, nul ne doit être exclu d’un tel programme.
A fortiori, nul ne doit, par idéologie ou fanatisme, s’exclure lui-même ou exclure les siens.

………..

Quel jour, quelle semaine, quel mois, n’apportent pas un élément de savoir de plus, participant directement ou indirectement à cette conquête et (ou) à la compréhension des obstacles à franchir?
Qu’il s’agisse de la traque des exoplanètes, situées au proche immédiat de notre système solaire, ou encore du décodage de l’adn, du génie génétique, des recherches sur l’énergie, tous ces éléments de connaissance trouvent nécessairement des applications quotidiennes concrètes aujourd’hui, mais elles se placent dans la perspective d’un défi universel au sein duquel chacun, quelle que soit sa nation, sa culture, a vocation, au-delà de lui-même, à prendre place.
Ce défi de la sauvegarde de l’espèce et de l’ensemble des choses qui lui est nécessaire est un défi auquel nous serons, ultimement, confrontés. Quand précisément ? Je l’ignore. Mais parce que je l’ignore, il est évident que cela me regarde déjà, et que, à travers moi, cela regarde ce que nous sommes et ce que nous entendons devenir.
C’est une tache qui va au-delà de ce que nous avons réalisé jusqu’à présent et dont la portée, parce qu’elle est ce qu’elle est, unifie l’ensemble des savoirs humains.

……….

Cette projection dépasse notre propre personnalité individuelle, étriquée. Elle est à la mesure de l’humain qui est en nous.
Il s’agira de transporter loin de celui qui est promis à disparaître avec nous, un monde du vivant vers des contrées inconnues et situées hors de notre appréhension du temps et de l’espace.
La technologie et la science à mettre en œuvre pour réaliser ce pas n’en sont, à l’heure où je parle, qu’à leurs prémisses.
Mais si nous n’avions pas à atteindre ce surpassement de notre condition, le destin de l’homme serait d’ores et déjà refermé sur lui-même et présenterait peu d’intérêt.

…………..


Sans doute sera-t-il souhaitable d’intégrer, un jour, au plus tôt dès que la nature des hommes y sera propice, à la charte de l’Organisation des Nations Unies, cette dimension, et d’énoncer l’intérêt supérieur que représente pour tous l’application à réunir les conditions pour favoriser l’atteinte d’un tel but. Le service de la paix entre les nations y trouverait une sur-justification majeure et, si la raison n’est pas aussi absente que certains le redoutent, il tiendrait chacun à la conception qu’il se fait ou entend se faire de son devoir.
Il y aura un nombre incalculable de matières à porter aux confins où nous sommes déjà attendus et parmi elles, puisque je suis à ce moment dans cette écoute, le concerto N°6, B-Major, BWV 1051 Allegro, de Johann Sebastian Bach et ce qui l’a inspiré : le monde en son entier.

…………

Difficile de dire si nous, en tant qu’espèce, serons à la fois disposés et capables de nous élever au niveau de cette exigence.
Nos enfants le seront.
Nous sommes sous leur regard."

29.05.2006

De la nature du IIIe millénaire *

Le règne de l’humanité est fragile et la planète Terre que nous savons hospitalière en certains endroits puisqu’elle nous a permis d’y croître et d’y prospérer peut ne pas le demeurer indéfiniment.
Nous connaissons, d’ores et déjà, la précarité de la condition humaine qui voisine et a toujours voisiné, là où elle s’est établie, au pied de montagnes, dans les deltas, près des mers et des océans, la puissance indomptable et parfois meurtrière de la nature et des éléments.
Nous savons quelles innombrables épées de Damoclès, y compris celles de notre potentiel de destruction, croisent leurs fers et pèsent sur nous.
Nous savons, probabilités à l’appui, comment l’orbite terrestre peut être rencontrée par l’orbite d’un ou plusieurs météorites et causer l’extinction de toute vie humaine.
Nous savons également, hors cataclysme causé par de tels objets, comment le climat que nous connaissons actuellement et qui nous est propice en tant qu’espèce, peut lui aussi se retourner en quelques centaines ou milliers d’années, et nous priver de ressources alimentaires indispensables à l’équilibre entre populations, ce qui aurait de tragiques conséquences sur la paix.
Nous retournerions alors, aussi vite que nous avons commencé en nous en extirper, à la condition de glaise instinctive.

………..

Faut-il dire combien l’espèce humaine possède un avantage que les dinosaures n’avaient pas : elle dispose d’une intelligence, d’une culture cumulative et d’une technologie qui a bondi en quelques décennies et qui doit pouvoir nous permettre de développer les conditions indispensables à notre survie.

Cette technologie effraie pourtant par son potentiel et perturbe des certitudes, des tabous et des égocentrismes.

…………

Paul Valéry avait annoncé que nous sommes entrés, avec le début du XXe siècle, dans un monde « fini » au sens de la connaissance géographique que nous pouvons nous en faire, au sens de la conscience que nous avons des ressources énergétiques, du recensement général, en quelque sorte, de nos aptitudes et des moyens de faire avec.
En même temps, nous sommes avons accompli nos premiers pas dans l’univers infini, d’abord pour aborder notre plus immédiat satellite, puis nous avons lancé des sondes et repoussons toujours plus loin les frontières de notre savoir et les capacités de notre déplacement.
Ce sont là les splendeurs du génie humain.
Je le dis avec en mémoire le documentaire qui vient d’être donné, ce vendredi 26 mai 2006 après-midi, sur La Cinq de l’aventure spatiale et des déboires successivement surmontés de la navette spatiale, et de l’étape cruciale que représente l’établissement d’un station orbitale internationale au dessus de nos têtes, tête de pont vers l’ailleurs.
Parmi les différents éléments « politiques » cités, il y a eu le discours « nouvelle frontière » de JF Kennedy, et celui, datant de l’année de sa réélection, de George W. Bush, relançant l’ambition spatiale, avec pour but « de placer l’homme dans l’univers ».
Cette compétition entre puissances ne saurait être réduite à une compétition en terme suprématie, même si cette dimension est à la fois inévitable et stimulante, technologique et économique.
Elle initie notre devenir commun.

………..

Je songe à cela en observant la pauvreté dialectique d’Al-Qaida et des fondamentalistes religieux de tous bords, y compris de ceux qui ont pour religion la crainte du progrès et un improbable retour à la nature.
Ils n’appartiennent pas à l’avenir.
Ils n’appartiennent même pas, reconnaissons-le pour eux, au présent. Ils essaient d’y imposer leur folie, leur rigidité, leur peur et d’y régner par le culte stérile de l’ignorance et toutes sortes de prédications.

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Sans se situer du côté des peurs millénaristes, il n’est pas difficile d’admettre que jamais jusqu’à présent il n’a semblé plus justifié d’avoir des craintes pour l’avenir et par conséquent d’avoir l’ambition de mobiliser les politiques industrielles, technologiques, humaines destinées à permettre, le plus rapidement possible, à l’humanité d’échapper à un éventuel désastre et de construire son projet d’essaimage, réclamant le concours de l’ensemble des sciences du vivant, de la physique et de l’humanité.
Il conviendrait de les soutenir du mieux que l’on peut.
Cela ne saurait tenir uniquement aux capitaux injectés, mais à la mobilisation, dès l’école, des intelligences tournées, in fine et toutes contributions confondues, vers ce but d’excellence.
Normalement, nul ne doit être exclu d’un tel dessein.
A fortiori, nul ne doit, par idéologie ou fanatisme, s’exclure lui-même ou exclure les siens.

………..

Quel jour, quelle semaine, quel mois, n’apportent pas un élément de savoir de plus, participant directement ou indirectement à cette conquête et (ou) à la compréhension des obstacles à franchir?
Qu’il s’agisse de la traque des exoplanètes, situées au proche immédiat de notre système solaire, ou encore du décodage de l’adn, du génie génétique, des recherches sur l’énergie, tous ces éléments de connaissance trouvent nécessairement des applications quotidiennes concrètes aujourd’hui, mais elles se placent dans la perspective d’un défi universel au sein duquel chacun, quelle que soit sa nation, sa culture, a vocation, au-delà de lui-même, à prendre place.
Ce défi de la sauvegarde de l’espèce et de l’ensemble des choses qui lui est nécessaire est un défi auquel nous serons, ultimement, confrontés. Quand précisément ? Je l’ignore. Mais parce que je l’ignore, il est évident que cela me regarde déjà, et que, à travers moi, cela regarde ce que nous sommes et ce que nous entendons devenir.
C’est une tache qui va au-delà de ce que nous avons réalisé jusqu’à présent et dont la portée, parce qu’elle est ce qu’elle est, unifie l’ensemble des savoirs humains.

……….

Cette projection dépasse notre propre personnalité individuelle, étriquée. Elle est à la mesure de l’humain qui est en nous.
Il s’agira de transporter loin de celui qui est promis à disparaître avec nous, un monde du vivant vers des contrées inconnues et situées hors de notre appréhension du temps et de l’espace.
La technologie et la science à mettre en œuvre pour réaliser ce pas n’en sont, à l’heure où je parle, qu’à leurs prémisses.
Mais si nous n’avions pas à atteindre ce surpassement de notre condition, le destin de l’homme serait d’ores et déjà refermé sur lui-même et présenterait peu d’intérêt.

…………..


Sans doute sera-t-il souhaitable d’intégrer, un jour, au plus tôt dès que la nature des hommes y sera propice, à la charte de l’Organisation des Nations Unies, cette dimension, et d’énoncer l’intérêt supérieur que représente pour tous l’application à réunir les conditions pour favoriser l’atteinte d’un tel but. Le service de la paix entre les nations y trouverait une sur-justification majeure et, si la raison n’est pas aussi absente que certains le redoutent, il tiendrait chacun à la conception qu’il se fait ou entend se faire de son devoir.
Il y aura un nombre incalculable de matières à porter aux confins où nous sommes déjà attendus et parmi elles, puisque je suis à ce moment dans cette écoute, le concerto N°6, B-Major, BWV 1051 Allegro, de Johann Sebastian Bach et ce qui l’a inspiré : le monde en son entier.

…………

Difficile de dire si nous, en tant qu’espèce, serons à la fois disposés et capables de nous élever au niveau de cette exigence.
Nos enfants le seront.
Nous sommes sous leur regard.

* Et accessoirement du XXIe siècle