28.05.2008
L'échec de la réforme institutionnelle ne sera pas imputable à Nicolas Sarkozy
Je n'ai jamais été à proprement parler un farouche partisan de la modification de la Constitution de la Ve République, mais j'aurais pu m'y résigner. Certains de ses aspects sont plutôt positifs, ou pourraient l'être, et, s'ils devaient améliorer le fonctionnement de nos institutions, je me serais rangé à cette évolution.
Mais, il faut admettre que le spectacle donné, ne serait-ce qu'en première lecture à l'assemblée nationale, par le Parti socialiste, n'incite pas, sur ce plan, à l'optimisme tant les arrière-pensées politiciennes occupent certains – et non des moindres - de nos représentants.
Il faut se rappeler qu'une Constitution, pour quelque pays que ce soit, représente d'abord un garde-fou. Imposer à la démocratie, parlementaire et extra-parlementaire, une discipline et une cohérence, c'est la préserver. Cela, afin d'éviter le règne si coûteux du n'importe quoi auquel il est si facile et rapide de se précipiter lorsque les circonstances nationales ou internationales s'y prêtent.
Mais qu'est-ce que le parlement de la Nation nous donne à voir aujourd'hui sur une question aussi essentielle pour l'équilibre constitutionnel sinon un jeu hybride de poker menteur et de bataille de tranchée?
Si la réforme des Institutions voulue par le président de la République devait échouer, ce ne serait pas une défaite du président de la République qui doit, objectivement, réunir pour faire adopter de telles modifications bien au delà de son camp puisque les 3/5e du congrès réunis à Versailles sont requis mais celle de l'opposition qui entretient délibérément une épreuve de force politicienne.
Elle le fait, ce qui n'est pas le moindre de ses paradoxes, sur un sujet sur lequel elle revendique depuis des années et qui réclame, pour aboutir, plus de vertu démocratique que le vice patent qui est le sien.
On ne peut pas faire payer d'un prix exorbitant un accord qui suppose avant tout, aux antipodes de l'esprit de surenchère, celui de la conciliation, et qui fixe la valeur que l'on accorde mutuellement à notre dignité nationale.
La gauche aura réalisé, ici, par ses calculs et sa démagogie une démonstration par l'absurde des dangers d'altérer la Constitution de notre pays.
Certains jeux, malsains, la déprécient.
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Institutions, Ve République


