02.09.2008

Et si le pétrole, c'était pas fini

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a donné le coup d'envoi officiel à l'extraction du pétrole dans des gisements maritimes en eaux très profondes et recouverts d'une épaisse couche de sel, sur la côte sud-est du pays, relate l'AFP aujourd'hui. Lula a visité la plateforme P-34 de la compagnie nationale Petrobras, et a recueilli des échantillons de brut du champ de Jubarte au large des côtes de l'Etat d'Espiritu Santo, extrait à 4.400 mètres de profondeur sous une couche de sel de près de 200 mètres d'épaisseur. Le brut pompé par la P-34 est le premier à sortir des eaux très profondes de l'Atlantique qui baigne les 800 km de côtes allant de l'Etat de Santa Catarina (sud) à celui d'Espiritu Santo (sud-est) et pourraient renfermer 80 milliards de barils de pétrole. Cela ferait du Brésil une puissance mondiale pétrolière. Il y a certes loin de la coupe aux lèvres, mais sur une configuration géologique un peu comparable à celle qui voit le Brésil désormais envisager de devenir un producteur de pétrole, le sous-sol de la Méditerranée recèle potentiellement des réserves en hydrocarbures considérables. Deux campagnes de forage au large de Chypre et sur les Côtes française, si mes souvenirs sont bons, sont engagées afin de vérifier cette thèse très sérieuse. Si la thèse scientifique, construite sur un modèle où la Méditerranée, privée de communication avec l'océan, se serait asséchée, est confirmée, les réserves contenues dans les couches géologiques, seraient considérables. Le défi technologique est sans commune mesure avec celui des Brésiliens puisque la couche de sel, là, ne se mesurerait pas en centaines de mètres mais en kilomètres, couche sur laquelle, à l'échelle des temps géologiques, les sédiments ont eux-mêmes recouvert d'une épaisse couche solidifiée. Si ma mémoire ne me trahit pas, seuls les Japonais disposent de navires et d'équipements capables de forer à ces profondeurs. Qui sait? La crise pétrolière actuelle débouchera peut-être sur une ère, sinon d'abondance du moins d'équilibre renforcé, avec une géopolitique tout à fait inédite sur un bassin méditerranéen, auquel l'Union Européenne a procuré, dernièrement, sous une forme embryonnaire certes, une personnalité singulière. Quant à la crise actuelle et ses inconfortables effets de yoyo, elle aura eu alors pour avantage d'accélérer d'une part la recherche d'alternatives et d'autre part de développer une culture de l'économie des usages et consommations. Peut-être même a-t-elle fait émerger une conscience globalisée dans le domaine énergétique et révélé les différents visages de ces acteurs. Le bilan des forages devrait intervenir, toujours de mémoire, l'an prochain. A suivre, donc.

19.04.2008

Réitération

J'étais attablé sur la terrasse d'un café donnant sur les Allées Paul Riquet, à Béziers (France). C'était quelques jours avant le 15 août 2004. J'avais devant moi un café crème et je lisais, comme je le fais souvent, un quotidien me tenant ainsi au fait des nouvelles du monde. Il était très tôt, l'air était calme et promettait une belle matinée. Soudain, au gré de ma lecture, j'ai lu la déclaration d'un responsable gouvernemental de la République Islamique d'Iran mettant au défi la communauté internationale d'entraver la marche de son pays vers le Nucléaire, et lui promettant – alors que son cours voisinait alors les 54 $ - un baril à 100 $ en rétorsion. Cette lecture - un entrefilet - a été semblable par la nature de sa percussion à ce que j'avais ressenti le 11 Septembre 2001. Tout mon être s'est dressé (*). Le seuil historique des 100 $ a été franchi le mercredi 2 janvier à New York et a culminé à 117 $ le vendredi 18 avril 2008. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré, ce même jour, que le prix du pétrole est trop bas à 115 dollars le baril, ajoutant qu'"il devait trouver sa juste valeur", selon le site Internet officiel iranien. La Révolution islamique n'a pas de sang dans les veines, mais y revendique du pétrole. Elle ne vaut donc qu'une valeur corruptible et "non renouvelable". (*) Je ne me suis pas levé sur la terrasse! Non, je suis resté assis, j'ai continué à consommer mes croissants et mon crème, mas je me suis dressé « intérieurement ». Difficile, lors, de s'expliquer certains formes de vigilance par soi-même seul.