07.02.2008

Plus qu'irréversible, imminent

Encore une fois, même si la paix semble effectivement plus proche que jamais en dépit de l'activisme du Hamas - ou sans doute grâce à cet activisme sanglant -, on ne peut que constater avec effarement, combien la polémique fait rage lorsqu'il s'agit d'Israel et des Palestiniens.
J'ai parcouru quelques forums et on y retrouve toujours les mêmes arguments favorables aux martyrs et aux extrêmistes, la légitimité de la lutte armée, la même haine d'Israël, des Etats-Unis, des régimes arabes modérés.
Pour beaucoup, le pire serait que la création de l'Etat palestinien survienne avant le départ de George Bush.
C'est dire l'enjeu.

Le processus d'Indianapolis n'apporte vraisemblablement pas toutes les solutions à tous les problèmes. Il intervient pourtant au moment où une conscience nationale est à même de se faire jour en Palestine. Une conscience nationale fondée sur la raison politique, sur la négociation, sur le rude chemin de la reconnaissance des intérêts mutuels qui donne son sens à la préalable reconnaissance mutuelle du droit à l'existence entre deux états cohabitant en paix dans cette région.

Cette conscience, si elle se consolide, est la seule chose qui manque au processus de paix. Car les Palestiniens, qu'il s'agisse de ceux de Cisjordanie ou de ceux de Gaza, sont las de cette guerre dont ils ont du mal à savoir qui elle oppose vraiment.
Ils n'aspirent qu'à pouvoir assister à l'avènement de leur nation, à l'acquisition de la souveraineté et de la dignité qu'elle leur confèrera.

Le Hamas, en radicalisant sa position, a rendu un service à la future nation palestinienne. Le sort de la population gaziote, avec ses familles et ses commerçants réels, ses enfants, ses vieillards, avec ses besoins vitaux, lui importe peu. Sa politique, entre la frontière avec l'Egypte et celle d'Israël, c'est celle du forcené entre ses quatre murs.
Son discours n'a pas perdu encore toute sa portée.
En effet, lui se voue à une nation imaginaire qu'il voit triompher d'Israël, repoussant ses habitants, leur histoire tout aussi légitime que celle des Palestiniens, à la mer.
Il tient un discours de la pureté de la terre d'Islam.
Celui-ci est à ce point incompatible avec la réalité qu'il faut à ce régime politique son lot de martyrs, prêts à se faire exploser sur commande, pour se donner l'illusion d'une prise concrète sur l'histoire.

Oui, l'histoire est tragique par nature, mais les islamistes et le Hamas en l'occurrence, veulent la rendre plus tragique que nécessaire. L'étourdir, par le sang et les prédications vindicatives.

Bien sûr, il est possible que chaque kamikaze qui se fait exploser soit remplacé par un autre.
C'est la promesse de la Terreur.
Mais une nation qui, disposant d'un autre mode pour accéder à la souveraineté, choisit d'abreuver sa terre par le sang de ses propres enfants n'est pas une nation: c'est une démence. Et les démences s'achèvent d'elles-mêmes parce qu'elles apparaissent un jour pour ce qu'elles sont.

L'autorité palestinienne, avec son président Mahmoud Abbas, est dans le temps de la reconquête. Sa conduite, son implication sérieuse dans le processus d'Indianapolis confine chaque jour un peu plus le Hamas.
Cela me semble plus qu'irréversible, imminent.