24.02.2008

Désinhibitions

Le respect du président de la République en fonction est élémentaire. L'individu qui a hué hier le président à son arrivée au salon de l'Agriculture et refusé tout contact avec lui, comme si le chef de l'Etat était à ses yeux un pestiféré, a une conduite déplorable.
S'il a une telle aversion du président de la République, libre à lui de s'écarter du cortège ou de marquer son indifférence.
Or, il manifeste son hostilité et se situe, de plain-pied, comme son égal en représentation.
En tant qu'individu distingué par ses droits, il l'est. Mais cette égalité se limite là.
L'un est simple citoyen et l'autre est titulaire de la charge élective suprême.
Cela justifie une déférence républicaine minimale à son endroit.

La réponse du président de la République manque peut-être de distance et de détachement. Il réagit, à l'instant, selon sa personnalité, sans doute, mais selon celle de son interlocuteur.
La nature de la réaction de président n'est pas en cause.
Ce qui l'est, c'est qu'un individu, quel qu'il puisse être, refuse d'être touché par le premier personnage de l'Etat en disant distinctement et en public sa crainte d'"être sali" ou puisse, comme au Guilvinec, le traiter d'"enculé", quelles que soient ou puissent être les difficultés d'une corporation ou les convictions personnelles.

Le désinhibition, à différents degrés, fait rage dans la société française. Elle le fait aux dépens de la dignité républicaine.

Il y a quelques années, comment imaginer un quidam agissant ainsi face au président de la République! Question de respect démocratique et de décence. Peut-être même, s'il avait eu lieu, cet épisode aurait-il été censuré, c'est-à-dire considéré comme insignifiant.
Aujourd'hui, il devient phénomène médiatique et repasse en boucle.
Il est par conséquent chargé ou on lui prête une charge de sens.
Ce qu'il montre surtout, ce n'est pas le vif et rapide échange dont nous sommes témoins, c'est l'ensemble de la focalisation médiatique.

Entre la sacralisation absolue de la fonction et sa désacralisation, il y a un moyen terme à restaurer.
Quitte à interpeler et condamner les imbéciles qui se livrent de tels outrages...