22.01.2008

Devoir de civilisation

Le problème de cette crise est qu'elle survient à un moment historique qui voit la Chine, principalement, et d'autres nations émergentes, bouleverser la donne de l'économie mondiale.

Cette crise intervient de surcroît à un moment où les repères échappent, où des interrogations sur les matières premières et l'énergie troublent les perspectives à moyen et long terme.

Dans ces conditions macro-économiques qui sera l'emprunteur non solvable de demain? Le seul foyer modeste américain piégé par des prêts à taux progressif?

S'il n'y avait pas en latence, une remise en cause profonde des forces économiques, cette crise serait absorbée très probablement comme d'autres - notamment sur les nouvelles technologies - l'ont été. Mais l'Amérique, endettée, a sans doute des bleus à l'âme et une hantise du déclin.

Ce qui est donc inquiétant ici, c'est le facteur aggravant que cette crise peut avoir sur l'économie mondiale.
Elle affaiblira davantage les économies qui sont sur la voie de la fragilisation - américaine, européenne - et renforcera, à terme, celle des économies émergentes.
Ce serait un mauvais catalyseur.

Dans l'idée soulevée au premier janvier dernier par le président Sarkozy d'une Renaissance à laquelle la France pourrait apporter sa contribution, il pourrait y avoir une part de cette vision politique d'une croissance non seulement mieux partagée, mais aussi et surtout mieux portée et protégée conjointement par les continents européens, américains, asiatiques.

Au delà des mesures d'urgence, grands argentiers, politiques doivent permettre à ces trois moteurs de trouver des régimes de croissance compatibles et développer entre eux des relais en terme de coordination et d'assurance face à des risques de krachs.
Compte tenu du niveau d'inter-dépendance de l'économie mondiale, c'est un devoir de civilisation majeur.

02.01.2008

Politique de civilisation

L'expression "Politique de civilisation" utilisée par Nicolas Sarkozy a aussitôt fait l'objet de ralleries de la part de ses détracteurs. J'observe qu'ils ne manquent pas d'esprit de dérision et d'impertinence auto-satisfait, ce qui est agréable n'est-ce-pas et constitue le signe d'une démocratie pleine de vitalité et en recherche de sens et de pertinence.
L'expression "politique de civilisation" que d'aucuns jugent "obscure" est employée par Edgar Morin, qui n'est pas à proprement parler à ranger parmi les philosophes néo-réacs (pour se conformer à l'étiquettage, car ce qui compte chez un penseur c'est la qualité de sa pensée indépendamment de tout autre facteur).
Il livrait d'ailleurs une partie de ce qu'il entendait par là en appelant de ses voeux à ce qu'une telle politique puisse être mise en oeuvre, dans un entretien publié et visible par l'intermédiaire de ce lien:
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article-imprim.php3?id_a...
Bon, tous ceux qui criaient au caractère incompréhensible de l'expression dans la bouche du président vont désormais crier à la récupération éhontée...
Dure loi de la bêtise humaine...
Pourtant, comment ne pas voir combien est misérable dans le monde qui est le nôtre cet égotisme à la sauce sociale, ce languissement permanent...
Vous voulez inscrire quel sentiment d'humanité dans l'esprit de vos enfants, côté culturel, quelle manière d'être au monde sinon celle enracinée dans la culture de la lutte des classes, et laisser peser sur les générations futures une inextingtible dette?
Ceci est le signe d'un déclin et d'une dégénerescense culturelle.
"Travaillez tant que vous avez la lumière" exhortait l'écrivain girondin, dans un livre écrit après-guerre sur la montée du nazisme et l'esprit de résignation, dont j'ai le nom au bout de la langue mais qui ne me revient pas.
Sa prévention vaut plus que jamais.
Dans travail il y a le plaisir de trouver, naissant lui-même de celui de vouloir trouver.
Je vous renvoie d'ailleurs l'excellente chronique de Jean-Luc Nothias publiée dans Le Figaro et portant sur ce qu'il faut souhaiter aux chercheurs. Le mot du jour serait «sérendipité».
La langue française est riche de mots pour décrire l'ensemble des facultés nécessaires pour effectuer des «trouvailles». Mais il en manque un, soutiennent certains, très important. Qui par contre existe en anglais depuis le XVIIIe siècle. Il s'agit du mot serendipity, que l'on peut franciser en «sérendipité». Il provient d'un conte perse très ancien mettant en scène les trois fils du roi de Serendip (aujourd'hui appelé Sri Lanka). Refusant de succéder à leur père, les trois jeunes hommes furent expulsés. Au cours de leur périple, par observation, déduction et sagacité, ils découvrent des choses qu'ils ne cherchaient pas. L'absence du mot «sérendipité» dans la langue française veut-il dire que la démarche de recherche en France manque, pourrait-on dire, de vision périphérique ? ecrit-il.
D'une certaine manière, il doit faire partie du glossaire qui accompagnerait l'esprit de Renaissance qui commence souvent un regard nouveau sur soi et le monde, soi dans son temps...
Ni plus ni moins et c'est par cela que le sens rejaillit et que les solutions viennent.
Le contraire de l'hermétisme et de la sclérose en définitive.
Mais tout ceci nous éloigne des revendications et des peurs légitimes. La perte de pouvoir d'achat nous menace, nous commençons l'années avec désormais une franchise médicale qui pourrait être de 50 € par an et une revalorisation des minimaset des pensions de 1,1%.
La coupe est pleine comme aurait pu dire au lendemain des voeux présidentiels Ségolène Royal dénonçant, avec des bouffées dignes de Zola, le choc de ces dex mondes celui de la Rollex ostentatoire et celui, comment ne pas compatir, de la misère de ceux et celles... Laissons à l'éloquent M. Montebourg le soin de poursuivre...
Heureusement, José Bové entame une grève de la faim pour faire de la France, au sein même de l'Europe, un sanctuaire "irréductible" de la bonne bouffe, génétiquement protégée de toute impureté.
On peut aussi changer de point de vue sur ces a-priori et voir que le ridicule de certains phobies peut menacer de faire mourir de faim des gens ou les priver des éléments nutritifs de base et des protéïnes...
Il est vrai qu'il faudrait geler les choses, demeurer dans un entre nous sépia.
Pourquoi ne pas soumettre la question à référendum et lancer une belle pétition.
Allez, faites un beau buzz... avec Bové, sa clique et GreenPeace.